Alliances: le marché n’est pas confiant dans le plan de restructuration
Le groupe croule sous les dettes. Ses pertes s’accumulent, alors que son plan de restructuration ne semble aucunement allécher le marché.
Au titre de l’exercice 2015, l’endettement du groupe Alliances a dépassé les 7,29 MMDH, dont 5,3 MMDH en dettes financières. Cet endettement représente 4 fois les capitaux propres consolidés en 2015 (1,8 MMDH), plombés par les pertes abyssales réalisées depuis 2014 (-968 MDH en 2014 et -1,82 MMDH en 2015).
Les capitaux propres se sont établis à 1,42 MMDH, contre 3,45 MMDH en 2014. Ils sont donc, à présent, inférieurs à la perte enregistrée, qui a bouleversé la place casablancaise.
Rappelons qu’en août 2015, Alliances annonçait au marché, lorsqu’elle renouvelait un emprunt obligataire remboursable en actions, un déficit de 232 MDH seulement, pour 2015, soit une surestimation du résultat, de plus de 1,5 MMDH.
Idem pour le chiffre d’affaires. Alliances prévoyait, en août dernier, un chiffre d’affaires avoisinant les 3 MMDH pour 2015. Elle n’en a réalisé que 944 MDH, à cause de «difficultés de trésorerie rencontrées, caractérisées par un report des livraisons, et du ralentissement de l’activité immobilière, suite à une conjoncture économique difficile», note le groupe dans un communiqué.
Ainsi, le chiffre d’affaires 2015 a catalysé la chute vertigineuse des produits d’exploitation, qui sont passés de 3,6 MMDH en 2014 à 920 MDH à fin 2015.
Les charges d’exploitation ont, pour leur part, affiché une régression de près de 2 MMDH, s’établissant à 2,13 MMDH en 2015, traduisant les économies de coûts entamées. Ahmed Ammor, DG du groupe, annonçait ce 10 mai qu’Alliances suivait un plan rigoureux de réduction des charges de structure, qui visait à réduire ceux-ci de 40% en 2016, par rapport à 2014.
M.Ammor a ajouté: «Nous avons également entamé une réorganisation au niveau des fonctions support, qui ont été supprimées au niveau des filiales, pour être centralisées au niveau du groupe. Cela fait moins d’effectifs».
La baisse des charges n’a toutefois pas permis d’alléger le déficit du résultat d’exploitation, qui a grimpé de 496,29 MDH en 2014, à 1,21 MMDH.
Le résultat financier s’est établi, pour sa part, à -500 MDH en 2015, contre -465 MDH une année auparavant, sous l’effet de charges financières en régression (582 MDH en 2015) qui dépassent toutefois largement les produits financiers (81MDH).
Par ailleurs, l’actif immobilisé du groupe est passé de 1,84 MMDH en 2014 à 1,33 MMDH en 2015. Les avances et acomptes des clients sont passés de 1,75 MMDH en 2014 à 2,1 MMDH en 2015.
"Alliances parle trop et agit peu"
Pour sortir de cette situation, Alliances mise gros sur son plan de restructuration, qui prévoit de ramener l’endettement du groupe à 2,7 MMDH à l’horizon 2018 et qui prend également en compte le recentrage sur le métier de la promotion immobilière, à travers la liquidation des filiales EMT, spécialisées en construction. Celles-ci ne sont plus consolidées, à compter du 31 décembre 2015.
Le plan de restructuration vise également (et surtout, selon le management) un retour à l’équilibre dès 2016. Par ailleurs, Alliances affirme qu’un plan stratégique «Alliances 2020» est en cours d’élaboration.
Ceci dit, le marché ne semble pas confiant vis-à-vis d’une entreprise qui, selon lui, "parle trop et agit peu". Les plans en question ne sont pas accompagnés de business plans ou de prévisions concrètes. Alliances semble souvent publier des prévisions surestimées.
Le cours de la valeur ADI a perdu 10% pour la journée de mercredi 11 mai. Selon des acteurs du marché, la dégringolade va continuer et ira même peut-être jusqu'à influencer les performances boursières des autres sociétés immobilières.
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