Sahara. Tractations en coulisses, le Conseil de sécurité se prononcera jeudi
Le rapport officiel du secrétaire général a été publié. Il est hostile au Maroc. Mais l'enjeu principal est la résolution du Conseil de sécurité. Le vote est prévu pour jeudi prochain, 28 avril.
L’ONU a mis en ligne le vendredi 22 avril, la version officielle du rapport annuel de Ban Ki-moon sur le Sahara. Autant que nous puissions en juger et après avoir comparé, cette version ne semble pas différer de celle qui avait circulé une semaine auparavant.
Le calendrier de travail du Conseil de sécurité prévoit le mardi 26 avril dans l’après-midi, l’audition de Joaquim Alberto Chissano, ancien président du Mozambique et envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahara. Cette audition a été proposée par l’Angola, membre non permanent du Conseil de sécurité. Si l’on considère que l’ONU doit aller vers une solution définitive et mutuellement acceptable, il va sans dire que cette réunion sera une perte de temps, car l’UA est ouvertement hostile au Maroc.
Les consultations au sujet de la résolution du Conseil de sécurité auront lieu le 27 avril et le vote de la résolution est prévu pour le jeudi 28 avril au matin.
Le secrétaire général a déposé son rapport et ce rapport fait désormais partie des archives des Nations-Unies. Le Maroc y répondra certainement. Mais ce qui compte, c’est la résolution du Conseil de sécurité.
En attendant la réponse officielle marocaine au rapport, nous pouvons d'ores et déjà formuler les remarques suivantes:
-le parti-pris du secrétaire général est évident. Il est très visible, même à travers le choix des mots.
-il a essayé de politiser le rôle de la Minurso, en lui faisant par exemple (paragraphe 92) porter des appréciations sur le déroulement des élections marocaines;
-il minimise le rôle de l'Algérie (article 25);
-il essaye de changer les paramètres de négociation en revenant à avant 2004.
Le rapport est sans doute possible, et malgré l'effort de forme, dans la droite ligne de la tournée effectuée début mars dans la région, par le SG.
C’est ce qu’a confirmé Omar Hilale, représentant du Maroc auprès des Nations-Unies, dans une déclaration à l’agence MAP: “le Maroc prend note de ce rapport, il a beaucoup de remarques sur son contenu; la priorité est à la résolution du Conseil et le Maroc se concentre actuellement sur les consultations et les négociations qui l’entourent“. Une forte délégation marocaine se trouve en effet à New York.
Concernant la résolution, la prolongation du mandat de la Minurso ne fait aucun doute. S’agira-t-il d’une prolongation provisoire de deux mois? C’est la proposition qui est discutée en coulisses. L'objectif de cette petite prolongation, si elle était retenue, serait de continuer à faire pression sur le Maroc pendant deux mois supplémentaires.L'idéal pour le Maroc est la prolongation habituelle d’une année, c'est ce que demande le rapport de Ban Ki-moon d'ailleurs.
L’un des enjeux importants sera les paramètres de négociation. Le rapport du secrétaire général, ainsi que sa tournée en mars à Alger, Tindouf et Bir Lahlou, montrent en filigrane qu’il a souhaité changer les paramètres, pour que les négociations portent non pas sur “une solution mutuellement acceptable“ comme le prévoyaient les résolutions précédentes, mais sur l’organisation d’un référendum.
Le référendum avait été proposé pour la première fois par le Maroc. Dès que l’on dit référendum, on pose la question du corps électoral. C’est sur cela que le processus d’identification avait buté. Le polisario avait imposé aux Nations-Unies de ne pas tenir compte de deux critères d’identification pourtant adoptés par le Conseil de sécurité. C’est cela qui avait mené à l’impasse. Sans accord sur le corps électoral, impossible d’organiser un référendum.
Parmi les différents éléments de parti-pris, Ban a affirmé dans son rapport que le polisario a fait une concession: "ne plus exiger un referendum immédiat mais différé dans le temps", alors que le Maroc n'en a pas fait. C'est complètement faux: le Maroc est la seule partie à avoir fait une proposition concrète, celle de l'autonomie.
Parmi les autres enjeux de la résolution, signalons:
-quelle sera la position du Conseil au sujet de la crise entre Ban et le Maroc? Le secrétaire général obtiendra-t-il le soutien total qu’il a demandé à plusieurs reprises?
-quelle sera sa position au sujet de la composante civile de la Minurso?
Jeudi prochain, nous serons fixés.
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