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SOCIETE

Maroc. La première entreprise sociale d’insertion voit le jour

L’association Al Ikram vient de créer la première ESI au Maroc. Ses bénéfices seront alloués à la formation et à l’insertion de nouveaux bénéficiaires, ainsi qu'au développement de l’activité. 

Maroc. La première entreprise sociale d’insertion voit le jour
Mohammed Berrahou
Le 12 avril 2016 à 12h48 | Modifié 12 avril 2016 à 12h48

Ressourc’In: retenez bien ce nom. C’est celui de la première entreprise sociale d’insertion au Maroc, créée à l'initiative de l’association Al Ikram et spécialisée dans le recyclage et la valorisation des déchets. Elle démarrera ses activités dans les quatre mois à venir.

Les produits, qui seront issus du recyclage et de la valorisation, prendront la forme de cartes de visites, de blocs notes en papier recyclé, de luminaires, de pochettes en plastique tissées, voire même de sacs.

D’un investissement global de 4,7 MDH sur 4 ans- dont 500.000 DH en matériel-, le projet est financé conjointement par la fondation Drosos, visant les personnes en situation précaire et Valyans. «Le projet a beaucoup séduit Drosos, qui est une grande fondation internationale», souligne Saadia Slaoui Bennani, présidente de l’association Al Ikram et directrice associée du cabinet de conseil Valyans.

Lors de sa première année, l’entreprise ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires de 1,35 MDH et de passer à 3,2 MDH dans 5 ans. Le chiffre d’affaires sera issu de la commercialisation des produits transformés et de la vente des déchets bruts. 

Une entreprise presque classique

Une ESI est tout d’abord une entreprise. Elle propose un projet économique, réalise une étude de marché, établit un business plan, recherche des financements et choisit une forme juridique. Elle fonctionne comme une entreprise classique. A quelques différences près.

«Dans ce type de projet, la finalité est sociale. les bénéfices générés sont mis au service d’une cause. Il n y aura pas d’enrichissement personnel de l’un des actionnaires, ni de versements de dividendes aux actionnaires. Sans oublier un aspect des plus importants, celui de l’insertion de plusieurs personnes en situation précaire», explique Saadia Slaoui Bennani. En gros, le fonctionnement est économique, mais la finalité est sociale.

Juridiquement, l’entreprise porte le statut d’une SARL, tout en précisant son objectif social dans ses statuts. Tous les bénéfices seront alloués à la formation et à l’insertion de nouveaux bénéficiaires, ainsi qu'au développement de l’activité.

80 personnes formées et 40 insérées

Plusieurs formations seront dispensées en techniques de valorisation des déchets, compétences comportementales, esprit d’entrepreneuriat et éducation financière. Elles bénéficieront à 80 personnes, essentiellement des jeunes et des femmes en situation précaire.

Parmi ces 80 personnes, la moitié seront insérées dans l’ESI pendant 4 années et 30 dans des entreprises privées du secteur. Les 10 autres seront orientées vers l'auto-entrepreneuriat. «Les personnes qui seront embauchées auront un salaire respectable, travailleront dans un cadre convenable et seront affiliées à la CNSS. Elles auront un vrai travail», promet Mme Bennani.  

L’équipe sera composée d’un gérant, d'un directeur administratif et financier, d'une assistance sociale, de trois responsables d’atelier, d'agents de valorisation (4 au démarrage de l'activité, avant de passer à 10 par atelier dans 5 ans), ainsi que de collecteurs (2 au début, puis 3 dans 5 ans).

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Mohammed Berrahou
Le 12 avril 2016 à 12h48

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