Formation professionnelle. 65 MMDH pour financer la stratégie 2016-2021
Ce mercredi 30 mars, le Maroc a connu un événement historique qui marque une inflexion fondamentale dans le domaine de l’enseignement et de la formation: le lancement de la stratégie de formation professionnelle 2016-2021.
Rien ne vaut le concret pour expliquer une nouvelle stratégie. Surtout si elle est mal vendue et mal expliquée comme celle-ci, par le ministère qui doit la mettre en œuvre:
-La nouvelle stratégie est une vraie réforme structurelle. Elle fait partie des réformes initiées par le Roi Mohammed VI.
-En 2013, la Formation professionnelle est intégrée au ministère de l’Education Nationale. Ce n’est pas une simple réorganisation ou une juxtaposition, mais une vraie intégration, explique Rachid Benmokhtar, ministre de tutelle.
-En 2015, la vision stratégique 2015-2030 pour la Formation professionnelle est adoptée. Le 6 février 2016, le conseil des ministres réuni à Laâyoune adopte la vision ainsi que les mesures prioritaires et structurantes.
-Jusqu’à présent, la formation était portée par l’offre. Maintenant, elle va être portée par la demande. En d’autres termes, au lieu de partir du nombre de personnes à former, on partira des besoins du marché du travail, en vue de l’insertion.
-Les besoins seront définis par les entreprises, les secteurs économiques, les stratégies sectorielles, les progrès technologiques, les tendances économiques. Et également par les élèves en rupture de scolarité, les salariés en rupture de travail, les chômeurs uqi n’arrivent pas à se caser, les détenus ou ex-détenus ayant besoin d’une insertion sociale…
-D’ici 2021-22, le Maroc va former 10 millions de citoyens et citoyennes dont 5,2 millions d’adultes en formation continue. 2,35 millions bénéficieront d’une formation diplômante et plus de 1 million d’une formation qualifiante. Parmi les innovations, les formations dirigées vers des jeunes âgés de 10 à 14 ans en situation de rupture scolaire et 212.000 places de formation ciblant les personnes à besoins spécifiques, dont les ex-détenus.
-17 filières de baccalauréat professionnel ont été créées. Avec des passerelles vers l’enseignement général.
-Le système s’appelle Formation professionnelle. Donc l’insertion est au centre de la stratégie. Et qui dit insertion dit entreprises. La CGEM a joué un rôle décisif dans l’élaboration de la stratégie.
“La formation partout, pour tous et tout au long de la vie“: telle est la devise adoptée pour résumer cette stratégie. A tout moment, un salarié pourra demander une formation, pour réorienter par exemple sa vie professionnelle. Chaque année, 20% des salariés seront concernés par une formation.
“La clé du système, c’est la gouvernance“, explique Miriem Bensalah, présidente de la CGEM. Un cadre de gouvernance a en effet été créé avec la participation de tous les partenaires concernés.
Ce mercredi, à la cérémonie de lancement officiel, un contrat-programme et 28 conventions ont été signés.
Miriem Bensalah expliquera la rupture en ces termes: “La Formation professionnelle n’est pas, et ne doit pas être ce système alternatif à la déperdition ou l’échec dans le cursus scolaire académique classique. (Comme on disait auparavant : maqritich ! sir lettekouine…)
La présidente de la CGEM qui n’a pas la langue dans la poche, regarde la brochette de ministres présents ainsi que le Chef du gouvernement et assène: “Depuis 2004, la formation continue est réduite à sa plus simple expression. Chaque année, seul un millier d’entreprises bénéficie du système des CSF, soit 0.71% du total des entreprises qui cotisent à la Taxe sur la formation professionnelle (TFP)
“La réforme du système, approuvée en juin 2014, laquelle nous avons beaucoup misé, représentait la promesse du renouveau et du changement. 18 mois après, les résultats ne sont pas au rendez-vous, et ce, en raison principalement de la gouvernance actuelle du dispositif.
“Résultat: les entreprises qui paient aujourd’hui 1.8 milliard de DH par an au titre de la Taxe sur la Formation professionnelle, et qui doivent bénéficier du tiers de ce montant pour la formation de leurs salariés, ne consomment même pas 5% de leur contribution. Les 95% restants alimentent le budget de la formation initiale.
“Le financement de la formation initiale est-il de la responsabilité de l’entreprise!?“
Mme Bensalah Cheqroun enfonce le clou en évoquant la qualité de la formation initiale: “La CGEM a accueilli avec une grande satisfaction le lancement du plan de développement quinquennal de l’OFPPT. Il vise à augmenter l’offre de formation et la capacité d’accueil; (…). Toutefois, le volume des effectifs à former ne doit pas prendre le pas, ni sur la qualité de la formation, ni absorber les ressources dédiées aux Contrat Spéciaux de Formation. Car la formation professionnelle ne peut marcher sur une seule jambe! Former les salariés est tout aussi important que de former les lauréats de demain. Former les salariés, aujourd’hui, c’est en faire des entrepreneurs potentiels… qui recruteront les lauréats de demain !
Enfin, “le projet de loi portant, sur l’organisation de la Formation Continue, adopté il y a près de deux ans, en Conseil du Gouvernement tarde à être mis dans le circuit d’approbation“.
Abdelilah Benkirane est intervenu en ces termes: "Quand je suis arrivé, j'ai trouvé une administration qui avait peur de former. On se disait que si on forme les gens, ils nous demanderont du travail. J'ai donc décidé de séparer la formation de l'emploi". Le Chef du gouvernement fait ainsi allusion à la fois à la question des diplômés chômeurs qu’il est arrivée à désamorcer par sa fermeté et au problème récent des enseignants stagiaires.
Benkirane cite également un échange téléphonique avec le Roi Mohammed VI:
- Benkirane: Sidi s'il n'en tenait qu'à moi, chaque élève ne passerait que la moitié de son temps en classe et l'autre moitié en formation professionnelle.
- Le Roi: (en français) je suis heureux de vous l'entendre dire, Si Benkirane.
65 milliards de DH à trouver
La stratégie nécessite la mobilisation de 65 milliards de DH d’ici 2021-22.
Les fonds proviendront des budgets des ministères, des Fonds et institutions spécialement créés et des organismes internationaux comme la Banque mondiale ou les Fonds de développement.
Les journalistes ont assisté à la signature du contrat programme et des conventions, sans en connaître le contenu. Le ministre a promis de voir s'il serait possible de fournir des synthèses à la presse!!!
À découvrir
à lire aussi
Article : SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition
Le Prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le jeudi 30 avril 2026 à Rabat, l’ouverture de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), organisée du 1er au 10 mai sous le haut patronage du Roi Mohammed VI.
Article : Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations
Dans un entretien à CGTN, Abdelkader El Ansari indique que des discussions techniques sont en cours pour appliquer la mesure chinoise prévue le 1er mai 2026 pour 53 pays africains.
Article : Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc
Le groupe britannique annonce des intercepts allant jusqu’à 5 mètres à 1,20% avec or et argent associés, et vise une première estimation de ressource dès le troisième trimestre 2026 sur un site encore très peu exploré.
Article : Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif
Le groupe britannique cible en priorité un réservoir estimé à près de 62 milliards de pieds cubes, avec des forages prévus en 2026 après des travaux techniques sur le puits MOU-3.
Article : TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises
Porté par Maroc PME autour de quatre axes d’accompagnement, le dispositif doit faciliter l’accès des petites structures à des expertises en digitalisation et en management, avec l’appui de la CGEM et des régions.
Article : Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc
Déjà présente dans 51 pays africains, la filiale du réseau chinois entend faire de Casablanca sa base régionale pour accélérer le déploiement de services transfrontaliers auprès des entreprises et des particuliers.