Un rapport de la Cour des comptes sonne le glas pour l'OCE
La longue histoire de l’OCE va-t-elle bientôt prendre fin? C’est probable. En tous les cas, l’OCE tel qu’on l’a connu jusqu’à présent, n’existera plus.
L’OCE a été lancé en 1965. Le Roi Hassan II avait à l’époque déclaré qu’un bureau et un télex seraient plus efficaces pour la promotion des produits agricoles et alimentaires marocains que des opérateurs isolés.
L’idée, qui était dans l’air de l’époque, consistait à mutualiser les moyens pour promouvoir les produits marocains. Et bien entendu, c’est un organisme public qui a été invité à le faire.
En 1986, l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE) a perdu son monopole et les opérateurs ont été autorisés à s’organiser en groupements ou à exporter directement.
Cette libération des exportations avait mécaniquement accordé un avantage aux opérateurs privés de grande taille. Il avait donc été décidé de maintenir le rôle de l’OCE au profit des exploitations de tailles petite ou moyenne.
Mais le monopole crée une culture particulière et l’OCE n’a pas pu s’adapter à la nouvelle situation, malgré une forte montée de la concurrence, aussi bien à l’étranger qu’au Maroc. Il a suffi de quelques exercices pour se rendre compte que l’Office n’était ni efficace ni rentable.
L’OCE, qui devint par la suite Maroc Taswiq (Maroc Commercialisation), a été invité à devenir un agrégateur au profit des petits et moyens exploitants.
Une stratégie de repositionnement a été élaborée. La Cour des comptes a fait le point et elle a publié un rapport dont la conclusion tient en une phrase, lourde de conséquences: “Dans sa configuration actuelle, l’organisme n’est pas viable.“
Le rapport est consultable sur le site de la Cour des comptes, où l’on trouve également les réponses de l’OCE, ainsi que la synthèse du rapport.
Dans ses constats, la Cour des comptes relève que la restructuration de l’Office, engagée en 2005 est toujours inachevée, que l’Office a raté son repositionnement stratégique, que “l’OCE n’est plus un acteur significatif dans le secteur de l’export des produits agricoles et agroalimentaires et partant, n’accomplit plus sa mission légale", que “l’OCE et sa filiale SOCAMAR (spécialisée dans le stockage sous froid industriel) sont deux structures non rentables financièrement".
La conclusion finale est sans appel: “Après une première mission réalisée par la Cour des comptes en 2010, suite à laquelle les pouvoirs publics ont été invités à engager une réflexion quant à l’avenir de l’OCE, eu égard à sa situation précaire, la présente mission a permis de revenir sur les mêmes constats, avec des dimensions plus problématiques, qui nécessitent, de la part des autorités compétentes, des réponses immédiates. Dans sa configuration actuelle, l’organisme n’est pas viable“.
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