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Obama entame une visite historique à Cuba

Après plus d'un demi-siècle d'antagonisme, Barack Obama est devenu, dimanche, le premier président américain en exercice à poser le pied sur le col cubain depuis la révolution castriste.

Obama entame une visite historique à Cuba
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Le 21 mars 2016 à 10h27 | Modifié 21 mars 2016 à 10h27

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé, sous la pluie, en fin d'après-midi à La Havane, sur l'aéroport José Marti, du nom du père de l'indépendance de cette ancienne colonie espagnole.

"Que bola Cuba?" ("Comment ça va Cuba ?"), a lancé M. Obama sur son compte Twitter en utilisant une expression populaire, quelques secondes après l'arrivée d'Air Force One. "Je viens d'atterrir, je suis impatient de rencontrer et d'écouter les Cubains".

"C'est une occasion historique!", a lancé le commentateur de la télévision cubaine, qui retransmettait l'arrivée en direct.

Le président américain, tout sourire, a descendu les marches, tenant un parapluie, avec sa femme Michelle et leurs deux filles, Malia, 17 ans, et Sasha, 14 ans.

Avec ce voyage, Obama, qui quittera la Maison Blanche dans dix mois jour pour jour, a un objectif clair: rendre irréversible le spectaculaire rapprochement engagé le 17 décembre 2014 avec le président Raul Castro.

Quelques heures avant son arrivée, les autorités cubaines ont arrêté plusieurs dizaines de dissidents, lors de l'habituelle procession dominicale des Dames en blanc, près d'une église de l'ouest de La Havane.

M. Obama, qui doit rencontrer des dissidents mardi 22 mars, a prévenu qu'il évoquerait "directement" les droits de l'homme lors de ses entretiens lundi avec Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel, voici presque 10 ans.

Le président américain devait faire, dimanche 20 mars, étape à l'ambassade, puis rejoindre la vieille ville, en longeant le Malecon, boulevard du bord de mer havanais.

Dans la soirée, il devait parcourir à pied les rues de la vieille Havane, classées au patrimoine de l'Unesco et toilettées pour l'occasion, puis rencontrer le cardinal Jaime Ortega, un des artisans du rapprochement américano-cubain.

Mais la pluie pourrait bien venir doucher les élan des nombreux Cubains désirant venir à sa rencontre pour ce moment historique.

"Stratégie sur le long terme"

Le temps fort de la visite du 44e président des Etats-Unis sera le discours qu'il prononcera mardi dans un théâtre de La Havane, devant un public sélectionné et les caméras de la télévision cubaine.

"L'idée (de M. Obama) est de promouvoir une transition progressive, d'encourager un atterrissage en douceur à Cuba, en évitant une éruption de violence ou une crise migratoire majeure", souligne Richard Feinberg, de la Brookings Institution à Washington.

"C'est une stratégie sur le long terme. Il regarde au-delà des dirigeants actuels", ajoute-t-il, évoquant le départ de Raul Castro, 84 ans, qui doit se retirer en 2018.

Samedi, le président Obama s'est prêté au jeu d'un petit sketch avec le célèbre humoriste cubain Panfilo. Mise en ligne par l'ambassade américaine, la vidéo a été diffusée dans la soirée par la télévision d'Etat, provoquant l'étonnement de nombreux Havanais.

Dans la capitale cubaine, si l'effervescence est palpable, beaucoup de Cubains ayant grandi pendant la guerre froide, bercés par les diatribes anti-impérialistes de Fidel Castro, peinent encore à réaliser que l'impossible est en passe de se produire.

"Un président des Etats-Unis à Cuba (...), probablement accueilli avec des sourires, des applaudissements et des groupes musicaux! Jamais dans nos rêves ou nos cauchemars nous n'imaginions voir quelque chose de tel de notre vivant", confie l'écrivain Leonardo Padura, dans le blog d'informations Cafefuerte.

Pas de rencontre avec Fidel

En revanche pas de rencontre prévue entre Barack Obama et Fidel Castro, âgé de 89 ans, si l'on en croit la Maison Blanche.

Si les médias cubains ont pour l'instant accordé une maigre couverture à cette visite, les drapeaux américains ont fleuri ces derniers jours dans les rues de la capitale.

"Bien-sûr qu'on lui souhaite la bienvenue!", clame Reinaldo Peres, serveur de 42 ans dans le centre de La Havane. "Je pense qu'il devrait emménager ici. Donnez-lui une maison!", rigole-t-il, illustrant le capital de sympathie dont jouit le président américain à Cuba.

Malgré l'engouement autour de ce déplacement longtemps impensable, l'embargo imposé à l'île depuis 1962 reste en place et les changements espérés par Washington pourraient tarder à se concrétiser.

Jeudi, le ministre cubain des Affaires étrangères a rappelé que La Havane n'était pas disposée à "renoncer à un seul de ses principes (...) pour avancer vers la normalisation".

De son côté, la Maison Blanche a décrété ces derniers mois une série de mesures pour assouplir l'embargo, dont la levée totale dépend du Congrès.

Ces mesures commencent à porter leurs fruits. La chaîne hôtelière Starwood a annoncé samedi avoir obtenu le feu vert du Département du Trésor pour ouvrir deux hôtels à La Havane, devenant ainsi la première multinationale américaine à s'installer à Cuba, depuis l'arrivée au pouvoir à La Havane, en 1959, de Fidel Castro et de ses "barbudos".

(Avec AFP)

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