Séismes dans le Rif: “Il faut s'attendre à de nouvelles répliques, c'est normal”
Depuis janvier, la terre n’en finit pas de trembler. Plusieurs répliques ont été enregistrées cette semaine dépassant parfois 5 degrés à l’échelle de Richter. Doit-on craindre une secousse meurtrière?
C’est la panique à Al Hoceima et Driouech. La panique est telle que 26 cas d’évanouissement ont été enregistrés dans les établissements scolaires dans les deux provinces ce mercredi 17 mars. En cause, la secousse tellurique survenue le même jour à 16h27 de magnitude 5,1 degrés à l’échelle de Richter.
Les répliques deviennent incessantes, depuis la secousse principale du 25 janvier de 6,3 degrés. Des milliers de répliques ont été enregistrées par les stations sismologiques du Maroc et des pays limitrophes, localisées spécialement dans la mer d’Alboran, à une quarantaine de kilomètres au nord-est d’Al Hoceima.
Des répliques "sans grand danger"
Contacté par Médias 24, le chef du service de la surveillance et alerte sismique de l’Institut national de géophysique, Nacer Jabour, s’est montré rassurant:
«Après un fort séisme, il est normal d’avoir des répliques pendant des semaines, parfois des mois. La région est en train de libérer une quantité d’énergie très importante. Les répliques vont encore durer quelques semaines».
Par répliques, l’expert en sismologie entend des secousses de degrés inférieurs au séisme principal de 6,3 degrés. On comprend alors qu’il pourrait y avoir tout de même des secousses de magnitudes allant jusqu’à 6 degrés ou même 6,2 degrés, ce qui pourrait causer des dégâts matériels conséquents:
"Quand les répliques dépassent une magnitude de 4,5 degrés, cela pourrait affecter les constructions anciennes en raison de leur fragilité. Pour ce qui est des constructions neuves, après la mise en place du RPS 2000 [Code de règlement de construction parasismique] généralement, ce sont des constructions antisismiques, qui résistent aux sollicitations sismiques", explique M. Jabour.
Le RPS 2000 a été approuvé le 2 février 2002 et mis à jour en 2011. Il prend en compte le risque sismique dans le Royaume et définit les normes de construction.
"Un nouveau séisme, c’est toujours possible"
Pourrait-il y avoir malgré tout un séisme plus fort que celui du 25 janvier? Pour répondre à cette question, M. Jabour se montre beaucoup moins rassurant. En effet, le chef d’alerte sismologique de l’ING n’écarte pas un fort séisme dans la région. Si cela venait à arriver, la secousse se déclenchera dans une nouvelle localisation.
"Il pourrait y avoir un fort séisme, mais ce sera alors dans une autre faille et donc dans un autre endroit un peu éloigné. A ce jour, personne ne peut prédire un tremblement de terre. Alors, tout reste possible", répond-il.
Un autre détail qui sème l'inquiétude chez les habitants d’Al Hoceima: l’heure à laquelle surviennent la majorité des fortes répliques, entre 2 heures et 5 heures du matin. Selon M. Jabour, "il s’agit tout simplement d’une coïncidence".
L'échelle de Richter est exponentielle. Chaque degré représente une puissance double par rapport au degré précédent. Une secousse de 6° est le douyble d'une secousse de 5° (NDLR)
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