Sahara: voici les premières décisions marocaines après les déclarations de Ban Ki-moon
Le Maroc annonce ses premières décisions en réaction aux postures et déclarations de Ban Ki-moon. Premier communiqué officiel après la rencontre Mezouar-Ban Ki-moon.
C'est sur décision du Roi Mohammed VI que Salaheddine Mezouar s'est rendu à New York, lundi 14 mars. Le ministre a remis à Ban Ki-moon une lettre "détaillant les protestations officielles du Maroc au sujet de ses déclarations inacceptables et de ses agissements inadmissibles durant sa visite dans la région", selon un communiqué publié mardi soir par le ministère marocain des Affaires étrangères.
Selon la même source, "M. Mezouar a fait part au SG de la dénonciation ferme et du rejet total par le peuple marocain et ses forces vives, de ses propos inadmissibles au sujet de la question du Sahara marocain".
Le communiqué ajoute:
"Il a été rappelé en particulier à M. Ban Ki-moon que le terme «occupation» utilisé pour qualifier la présence du Maroc dans son Sahara est une ineptie juridique et une erreur politique grave. En effet, aucune résolution du Conseil de sécurité n’a utilisé une telle terminologie. L’emploi de cette référence constitue ainsi une insulte au peuple marocain et à une nation qui a consenti de lourds sacrifices pour recouvrer progressivement son indépendance et défendre son intégrité territoriale.
"De même, le recours au référendum évoqué pour résoudre ce différend régional a été balayé par l’histoire et écarté par le Conseil de sécurité. Depuis 2004, le Conseil plaide exclusivement pour la recherche d’une solution politique négociée, sur la base «du réalisme et de l’esprit de compromis».
"Les tentatives inacceptables de travestir le statut de la zone à l’est du dispositif de défense, ainsi que le traitement sélectif et l’attitude complaisante à l’égard de la situation humanitaire dans les camps de Tindouf ont été également évoqués.
"Lors de la réunion, M. Mezouar a réitéré l'urgence pour le Secrétaire général de ne pas verser dans les tentatives dévoilées et visant à s’attaquer à l’initiative marocaine d’autonomie, qui garde toute sa prééminence dans les résolutions du Conseil de sécurité. Il lui a été demandé de clarifier publiquement ses positions pour restaurer un climat de confiance et de respect mutuel.
"Or, au lieu de respecter les engagements exprimés lors de cette réunion, le communiqué publié par le secrétariat général rajoute à l’offense initiale, un nouvel outrage au peuple marocain qui n’avait fait qu’exprimer spontanément son rejet face à tant de dérapages et d’irresponsabilités.
"Le Royaume du Maroc s’indigne de voir le Secrétaire général contester le droit légitime et démocratique d’un peuple et de ses forces vives, à exprimer librement ses opinions et ses réactions.
"En quoi l’exercice d’un droit individuel et collectif consacré par la Constitution marocaine constituerait-il une offense à la personne du secrétaire général, surtout lorsqu’il s’agit d’une réaction fondée sur des propos et des actes qui touchent profondément chaque citoyen marocain, du nord au sud?
"Comment peut-on , à ce niveau de responsabilité, réduire l’Organisation des Nations-Unies à l’affect personnel du secrétaire général?
"En conséquence et face à cette dérive dangereuse, le gouvernement du Royaume du Maroc a décidé les mesures immédiates suivantes:
-Une réduction significative, dans les jours qui viennent, d’une grande partie de la composante civile et plus particulièrement le segment politique de la MINURSO;
-L'annulation de la contribution volontaire qu’accorde le Maroc au fonctionnement de la MINURSO;
-L’examen des modalités de retrait des contingents marocains engagés dans les opérations de maintien de la paix.
"Le Royaume du Maroc se réserve le droit légitime de recourir à d'autres mesures, qu'il pourrait être amené à prendre, pour défendre, dans le strict respect de la Charte des Nations-Unies, ses intérêts supérieurs, sa souveraineté et son intégrité territoriale".
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