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Clôture des manœuvres “Tonnerre du nord” en Arabie Saoudite

De nombreux chefs d'Etat étrangers ont assisté à l'exercice "Tonnerre du nord", les plus importantes manœuvres multinationales jamais tenues en Arabie saoudite.

Clôture des manœuvres “Tonnerre du nord” en Arabie Saoudite
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Le 10 mars 2016 à 16h26 | Modifié 10 mars 2016 à 16h26

Des hélicoptères de combat rugissent dans le ciel, des chars grondent dans le désert et des commandos libèrent des otages, au dernier jour de "Tonnerre du Nord".

Le roi Salmane et de nombreux chefs d'Etat étrangers ont assisté jeudi à la fin de l'exercice, donnant ainsi l'occasion à Ryad d'affirmer son leadership au Moyen-Orient.

Des forces armées de 20 pays arabes et musulmans ont participé à "Tonnerre du Nord", entamé il y a 12 jours et qui avait pour objectif, selon les autorités saoudiennes, de coordonner les efforts de ces nations dans la "lutte contre le terrorisme".

Outre le souverain saoudien, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le Soudanais Omar el-Béchir étaient présents jeudi. Les chefs d'Etat de Mauritanie, du Tchad, du Sénégal, de Djibouti, des Comores et du Yémen avaient aussi fait le déplacement, ainsi que des dirigeants arabes du Golfe, dont les émirs du Koweït et du Qatar.

Ils ont assisté durant deux heures à une simulation de bataille près de la ville de garnison Hafr al-Baten, située dans le nord-est, près des frontières avec l'Irak et le Koweït.

Au milieu de colonnes de fumée noire s'échappant de cibles fictives touchées par des rafales de tirs, des forces spéciales héliportées ont "libéré" des otages. D'autres ont "anéanti" des éléments hostiles "infiltrés" à la frontière pendant les opérations ponctuées d'explosions.

Des avions de combat ont également simulé une opération d'interception d'aéronefs "ennemis".

Le général Abdulrahman al-Bunyan, qui commandait les opérations, les a qualifiées de "plus grand rassemblement militaire arabe et islamique" dans la région.

"Pas contre l'Iran"

L'organisation de ces manoeuvres, impliquant des forces terrestres, aériennes et navales, constitue un "signal fort" de la volonté des pays participants de "préserver la sécurité et la stabilité" du Moyen-Orient, avait affirmé Ryad en annonçant l'exercice à la mi-février.

L'Arabie saoudite a adopté une posture plus visible et offensive depuis l'intronisation du roi Salmane, en janvier 2015.

Ryad conduit une coalition militaire arabe qui intervient depuis près d'un an au Yémen contre des rebelles chiites Houthis, accusés de liens avec l'Iran. Cette intervention consiste essentiellement en une campagne de raids aériens, qui a permis aux forces fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi de reprendre des régions du sud du pays.

Les forces saoudiennes terrestres et celles d'autres pays de la coalition ont cependant du mal à avancer sur la capitale Sanaa, tenue par les Houthis, ainsi qu'une bonne partie du nord du pays.

Les Saoudiens répètent cependant à l'envi qu'ils ne mettront fin à leur intervention au Yémen qu'une fois le président Hadi réinstallé à Sanaa et le pays "libéré" des Houthis.

L'Arabie saoudite a en outre monté une coalition de 35 pays à majorité musulmane, dans le but déclaré de combattre les groupes jihadistes, alors qu'elle a longtemps été accusée d'alimenter l'islamisme radical à travers le monde.

L'Arabie se dit prête aussi à envoyer des forces spéciales combattre en Syrie, si les Américains acceptent d'y intervenir au sol en soutien aux rebelles et opposants au régime du président Bachar al-Assad.

Le pays est l'un des gros clients des industries de l'armement en Occident.

L'exercice "Tonnerre du Nord" s'est tenu après les vives tensions entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, que tout oppose à propos de la Syrie ou du Yémen.

Mais un haut gradé saoudien, le général de brigade Ahmed al-Assiri, a assuré cette semaine que ces manoeuvres n'étaient "pas dirigées contre l'Iran".

Elles étaient destinées à améliorer les performances des forces des pays participants et à tester leur capacité à agir en cas de besoin, citant notamment les "menaces terroristes" dans la région.

Le ministère saoudien de la Défense est dirigé par un fils du roi, Mohammed ben Salmane, vice-prince héritier, qui n'a que 30 ans.

(Avec AFP)

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