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Visite au CIAT, l'entreprise qui n'a pas peur du handicap mental

Inauguré le 15 février par le Roi Mohammed VI, le Centre d'insertion et d'aide par le travail (CIAT) sera bientôt pleinement opérationnel. Médias 24 l'a visité. Reportage.  

Visite au CIAT, l'entreprise qui n'a pas peur du handicap mental
Abdelali El Hourri
Le 19 février 2016 à 15h56 | Modifié 19 février 2016 à 15h56

C'est une belle initiative, qui en appelle d'autres. Le CIAT est la première expérience marocaine visant à intégrer, dans le monde professionnel, des personnes en situation de handicap mental.

Pour sa première année de lancement, cette entreprise d'un genre nouveau a recruté 41 jeunes femmes et hommes (14 trisomiques et 27 atteints de retard mental). Tous sont titulaires d'un certificat de qualification professionnelle reconnu par l'OFFPT. Ce diplôme leur a été délivré au terme de 3 années de formation.

"41 recrues sur 85 jeunes formés. Cela peut paraître faible, mais il faut savoir que la formation est spéciale. Les groupes ne doivent pas dépasser 6 à 8 stagiaires. La durée du stage, quant à elle, peut varier selon les aptitudes de l'apprenti, qui parfois bénéficie d'un programme personnalisé", explique Khalid Benhassan, directeur du Centre national Mohammed VI des handicapés CNMH.

Le CIAT ambitionne d'accueillir 150 personnes d'ici 2017.

Main à la pâte et poulet bio

En attendant, au CIAT, les premiers travailleurs mettent d'emblée la main à la pâte. Et ce n'est pas qu'une métaphore. Les services de boulangerie-pâtisserie figurent parmi les six unités de travail mises en place. D’autres branches existent: restauration, agriculture bio, élevage de poulet bio, production horticole, montage et réparation de chaises roulantes destinées aux personnes atteintes de handicap…

Les salariés sont affectés à l'une de ces unités en fonction de leur qualification et de leurs propres centres d'intérêt.  Ils sont encadrés et accompagnés par quatre éducateurs spécialisés, dix techniciens, une assistante sociale et deux infirmiers.

A la pâtisserie comme à la chocolaterie, les salariés évoluent dans un cadre de travail adapté à leur handicap. "Les personnes atteintes de trisomie ne disposent que de 40% à 60% des capacités intellectuelles d'une personne non handicapée. C'est la raison pour laquelle nous avons installé des machines spéciales, lesquelles ont vocation à combler ce déficit", explique Hassan El Hilafi, l'un des superviseurs du projet.

Le restaurant est ouvert au public. On y est accueilli par de jeunes serveurs souriants, disponibles et professionnels. Salades de fruits et de crudités, soupes, sandwichs ou "rfissa" au poulet, tout ce que l'on vous sert est produit dans la ferme du Centre.

Le CIAT, qui se situe à la forêt de la Maâmora, tout près de Dar As-sikkah (Hôtel des monnaies), s'étale sur 7 hectares. Plus de la moitié de cette superficie est affectée à la ferme, répartie entre les plantations fruitières (vignes, figuiers, grenadiers et avocatiers), les cultures maraîchères, les cultures sous serre et l'élevage de poulets "beldi"(de grain).

"La terre est cultivée sans engrais chimiques, ni pesticides, ni herbicides. Tout est certifié bio", se félicite Hassan El Hilafi.

La ferme dessert le restaurant. Mais pas uniquement. Les produits cultivés sont surtout destinés à la vente dans des plateformes commerciales." Nous avons un point de vente à Marjane, par exemple. Nous disposons également d'une ferme à Bouknadel et sommes en contact avec des acheteurs individuels pour écouler nos produits", ajoute le superviseur.

Le CIAT dispose d’une autre annexe à Guich Loudaya, spécialisée en blanchisserie, mais qui propose aussi les produits du CIAT à la vente.

Contrat, retraite et bancarisation pour tous

Les salariés sont liés au Centre par un contrat de travail. En dehors d'un salaire mensuel correspondant au Smig, les travailleurs jouissent également de la couverture médicale et d'une retraite. L'âge de départ à la retraite est fixé à 45 ans.

Pour rejoindre le CIAT, il faut, notamment avoir plus de 18 ans et avoir reçu une formation qualifiante.

L'obtention d'un jugement de tutelle prononcé par le tribunal est également requise. Ce préalable fait office de protection juridique, et qui plus est, octroie au jeune en situation de handicap mental le droit d'ouvrir un compte bancaire. "Une première au Maroc", selon le directeur du CNMH.

Le CIAT, un modèle pour faire des émules

Piloté par le CNMH, filiale de la Fondation Mohamed V pour la Solidarité, le CIAT est un modèle inédit au Maroc, dont l'investissement s'élève 36,5 MDH,  provenant de dons et de subventions.

Des extensions à l'échelle nationale ne sont pas à l'ordre du jour. "C'est un projet pilote à petite échelle", tempère El Hilafi, avant de rappeler que le CNMH est "une association qui n'a pas assez de ressources pour une extension, ajoutant que l'objectif "est de montrer l'exemple, pour d’autres acteurs".

Appliqués à la tâche, pointilleux à l'excès, les jeunes du CIAT présentent les symptômes du travailleur dévoué, le rêve de tout employeur.

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Abdelali El Hourri
Le 19 février 2016 à 15h56

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