img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Maladies rares: un Marocain sur 20 est concerné

Selon l'Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques, un médecin rencontre plus ce type de pathologies que de cas de cancer et de diabète.  

Maladies rares: un Marocain sur 20 est concerné
A-E. A.
Le 7 janvier 2016 à 12h46 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

Au Maroc, 1,5 million de personnes sont atteintes de maladies rares (neuromusculaires, métaboliques, infectieuses, immunes, cancéreuses… qui affectent la vue comme la respiration, la coagulation du sang, la croissance… et engendrent un vieillissement prématuré, une anémie, entre autres), selon des estimations d’associations. Une maladie rare a la particularité de toucher moins d’une personne sur 2.000, d’après des données collectées par l’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (Ammais).

Ces pathologies, dont près de 8.000 sont recensées à travers le monde, concernent une personne sur 20, soit 5% de la population. Souvent chroniques, évolutives et graves, elles réduisent, pour beaucoup, l’espérance de vie, entraînent des gênes et des incapacités voire, dans 9% des cas, une perte complète d’autonomie. A 80% d’origine génétique, trois sur quatre se déclenchent dès l’enfance. Toutefois, certaines ne se déclarent pas avant 30, 40 ou même 50 ans.

Pour Khadija Moussayer, présidente de l’Ammais, il est urgent pour le royaume de s’intéresser aux maladies auto-immunes et systémiques en particulier, dont "75% sont des maladies rares". Les personnes souffrant de ces pathologies ont un système immunitaire qui "commet des erreurs et s’attaque aux composants de l’organisme", explique la spécialiste en médecine interne et gériatrie à Médias24.

"Les maladies auto-immunes et systémiques ciblent 10% de la population mondiale. Elles représentent la 3e cause de mortalité après le cancer. Et pourtant, alors que des pays comme la France les incluent dans leurs politiques nationales, au Maroc, nous n’avons aucun centre dédié. Nous n’avons pas non plus de plan national."

L’information reste fragmentée

Soulignant les efforts fournis par les CHU (surtout les services de génétique, médecine interne et pédiatrie), le médecin insiste qu’il faut faire davantage à une échelle globale. Le manque d’information aussi bien pour les patients que pour les professionnels et les autorités se traduit en errances et en retards dans l’identification des pathologies. Sans compter les insuffisances dans "la prise en charge, les traitements et les structures adaptée".

Ainsi, la spécialiste affirme: "Beaucoup de patients ne sont jamais diagnostiqués et ne sont soignés que sur la base de l’expression de leurs symptômes." Concrètement, le parcours de soin est le nerf de la guerre. "Quand le patient a une douleur abdominale, il va voir le gastroentérologue. Pour une fièvre, il se rend chez le médecin généraliste, qui prescrit des médicaments. On ne recoupe pas les informations."

"Un nomadisme médical des patients parfois incontrôlé et l'absence de dossier médical unique et centralisé rendent difficile une bonne prise en charge. Indéniablement, c’est l’organisation des soins qui pêche au Maroc."

L’association plaide, d’après sa présidente, pour une véritable prise en compte de ces problèmes au niveau national. "Par ailleurs, nous essayons de générer une mobilisation à partir de la base. Pour ce faire, l’Ammais aide à la création d’associations de malades, qui organisent des ateliers et des manifestations. L’une d’elles compte déjà 400 adhérents en 2 ans. A ce jour, une association a été fondée en rapport avec la fièvre méditerranéenne, une autre liée à la sclérodermie, une troisième encore à la sarcoïdose. Et de nouveaux organismes devraient également faire leur apparition prochainement."

En moyenne, d'après Khadija Moussayer, établir le diagnostic d’une maladie rare prend "entre 2 et 10 ans". 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
A-E. A.
Le 7 janvier 2016 à 12h46

à lire aussi

Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ECONOMIE

Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords

ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.

Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Mines

Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne

Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.

Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
TECH & MEDIAS

Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV

Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.

Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Quoi de neuf

Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH

Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.

Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Football

Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas

Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.

Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
SOCIETE

Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments

Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité