Driss Benhima: “RAM veut devenir la meilleure compagnie d’Afrique”
Le PDG de la compagnie nationale s’est félicité ce mardi 22 décembre des progrès de Royal Air Maroc, en se livrant à un «discours de preuves», tout en répondant aux critiques émises par certains passagers et opérateurs touristiques
Lors de la conférence de presse de ce mardi 22 décembre à Casablanca, Driss Benhima a fait le point sur les chantiers d'amélioration de la compagnie qu'il préside depuis bientôt 10 ans.
Pour le président, les chantiers en cours d'exécution vont faire à terme de la RAM la meilleure compagnie aérienne d’Afrique car depuis 2013, la nouvelle stratégie de qualité engagée commence à porter ses fruits.
«En seulement deux ans, nous sommes passés de deux à quatre étoiles au classement Skytrax qui est la référence internationale en termes de classement qualitatif des compagnies internationales. Cette reconnaissance n'est pas arrivée par hasard».
Le président a affirmé que le pari d’offrir à ses clients les meilleurs standards internationaux en matière de qualité de service est en passe d’être gagné. Il cite à cet égard les nouvelles offres de services de la RAM:
-Enregistrement rapide en ligne,
-multiplication des dessertes en été,
-nouveau cumul des points fidélité,
-nouveau terminal dédié à ses vols internationaux au départ de Casablanca,
-formation du personnel,
-acquisition de nouveaux avions,
-réaménagement des espaces,
-nouveaux menus,
-offre étoffée de divertissement à bord,
-construction de nouveaux Lounge VIP …
Il a aussi mis l’accent sur la stratégie de développement ayant permis d’ouvrir de nouvelles lignes directes vers l’Europe ou l’Afrique ainsi que vers l’Asie (Shangai, Pékin, Bangkok, Canton, Hong Kong...) grâce à un partenariat avec Qatar Airways.
Interrogé par Médias 24, le PDG a répondu point par point aux reproches des passagers et des opérateurs touristiques dénonçant la logique de rentabilité de la RAM.
Sur les exigences des professionnels qui se sentent lésés par la fermeture de lignes aériennes ou par leur nombre réduit, Benhima précise que sa compagnie est liée par un contrat-programme avec l’Etat.
«C’est l’Etat qui nous impose de fermer les lignes aériennes structurellement déficitaires. La nouvelle ligne vers Sao Paolo au Brésil peut être déficitaire à condition que son déficit se résorbe d’année en année. Dans ce cas de figure, nous sommes dans une logique de développement futur».
Il poursuit que malgré les péréquations, la compagnie ne peut pas se permettre de perdre de l’argent pendant dix ans car l’Etat marocain, propriétaire de la RAM, est le vrai maître à bord.
Driss Benhima affirme cependant que les exigences de rentabilité n’ont pas empêché l’ouverture de nouvelles lignes moyen-courrier à Rabat (Bruxelles, Londres, Marseille, Madrid) et à Casablanca (Nairobi, Turin, Venise, Montpellier).
Selon lui, la ligne structurellement déficitaire d’Essaouira a été fermée car les impératifs financiers de l’Etat dictent certains choix qui peuvent être douloureux pour les professionnels locaux du tourisme.
«Pour les vols intérieurs, nous travaillons avec notre ministère de tutelle (transports) pour développer un programme de lignes régionales mais je n’en dirai pas plus car c’est une prérogative gouvernementale».
Concernant les critiques récurrentes des passagers sur certaines défaillances qualitatives de la compagnie, le président les explique par le fait que la vraie priorité est la sécurité des vols de la RAM.
«Il est vrai que nous dépensons beaucoup plus d’argent que nos confrères sur la sécurité que sur les services. Nos avions full-option disposent des meilleurs équipements de sécurité au monde. Cela se retrouve sur les prix mais la sécurité est un élément essentiel de notre service et nos passagers le savent».
A la question de savoir si l’ouverture du capital de la compagnie n’était pas le meilleur moyen de développer l’offre aérienne et sa qualité, il déclare que cette question est du seul ressort de l’Etat.
«Même si elle peut être bénéfique, l’ouverture de notre capital n’est pas pour l’instant d’actualité. La recherche de partenaires est par contre une priorité car elle permettra à nos clients marocains et étrangers d’avoir accès à un réseau global sur nos avions et ceux de nos partenaires (Asie …).
«Nous ne pourrons atteindre une vraie qualité qu’en nous adossant à de grandes compagnies aériennes, car notre taille actuelle ne nous permet pas d’acquérir certains services», a-t-il conclu.
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