Pour expliquer ses propres retards, l'ONCF accuse ses usagers
L’ONCF présente, dans un communiqué, sa propre version des retards du 7 décembre dans le sens Kénitra-Rabat-Casablanca.
Il … accuse ses usagers.
C’est une première. Elle est signée ONCF!
Le vaillant Office national des chemins de fer avait suscité la grogne des usagers, excédés par les retards, les incidents à répétition et la mauvaise qualité du service.
Mi-avril, un train a même roulé pendant 1,5 km sans conducteur. Le 30 avril, des voyageurs excédés avaient bloqué les voies à Rabat.
Le 12 mai, le ministre délégué aux Transports, Najib Boulif, désavoua le DG de l’ONCF, à la Chambre des représentants et reconnut les défaillances du service.
Rabie El Khlie, DG de l’Office était alors sur la sellette. Médias24 est en mesure d’affirmer que sa mise à l’écart fut à ce moment là envisagée.
Le 16 mai, près avoir reconnu ses torts et présenté des excuses aux usagers, l’ONCF ouvre une nouvelle page dans sa communication, devenue interactive et souvent sincère. L’entreprise explique la situation par la multiplication des chantiers ouverts, ainsi que par la hausse exponentielle du nombre d’usagers.
Ce lundi 7 décembre, c’est le retour en arrière, comme nous allons le voir. Non seulement l'ONCF est dans le déni, mais il n’hésite pas à accuser ses usagers. Voici le texte intégral du communiqué diffusé lundi en fin de journée:
“Le 7 Décembre 2015, vers 7h20, le train n° 2 reliant Kénitra à Casablanca s’est arrêté à la gare de Rabat-Agdal, suite à une avarie machine.
“Suite à cet incident, un groupe de voyageurs s'est mis au travers de la voie pour bloquer toutes les circulations refusant d’être transbordé dans un autre train en transformant ainsi la situation en un sit-in revendicatif.
“Malgré l’intervention des responsables de l’ONCF et des autorités locales, le sit-in a perduré et a transformé le retard de 30 mn à des retards importants, causant la suppression de plusieurs trains.
“Le trafic a repris normalement vers 9h30 du matin.
“L’ONCF dénonce ce blocage des voies ferrées et présente ses excuses à son aimable clientèle pour les désagréments subis.“
Sur son compte Twitter, on voit bien que la communication a commencé par un déni, puisqu’elle évoque d’abord un petit retard de 30 minutes. Et on voit bien que l’idée lumineuse d’accuser les usagers est venue après. Dès lors que l’on a pu accuser les usagers, on a reconnu un retard de trois heures.

La réalité est autre, comme le montre la photo de Médias 24.
C’est le train de 6H20 qui était en retard (photo ci-dessus: au second plan, l’horloge de la ONCF affiche 9H06 tandis que le panneau lumineux d’affichage annonce bien le train de 6H20).
L’occupation de la voie n’était pas la cause du retard, mais bien sa conséquence. Et d’ailleurs, elle a commencé aux alentours de 8H00 comme l’ont constaté plusieurs de nos journalistes présents sur les lieux.
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