Les PME marocaines exigent plus d’accessibilité aux appuis publics et privés
Démarches lourdes et complexes, faible communication, mais amélioration notable du conseil et de l’accompagnement.
Les PME attendent davantage des acteurs publics et privés.
La plupart des PME marocaines n’ont jamais bénéficié des offres d’appui publiques et privées présentes sur le marché. La raison: elles ne connaissent pas les offres, ou sont dissuadées par des démarches longues et complexes.
En effet, selon les résultats de l’enquête menée par le cabinet spécialisé Epitaphe en collaboration avec le Centre régional d’investissement de Casablanca, si la grande majorité des PME déclarent avoir besoin du financement public pour investir, exporter ou s’équiper en matériel, elles jugent les offres d’appui moyennement ou pas du tout accessibles.
Celles-ci préfèreraient des procédures simplifiées et une meilleure communication, surtout à travers les évènements et le bouche-à-oreille. Cela met les dirigeants d’entreprises plus à l’aise.
D’après la même enquête, les PME marocaines souffrent également de l’exigence croissante des banques en matière de garanties et de données financières, ainsi que du coût des crédits, qui constitue un lourd fardeau pour leur trésorerie.
Elles aimeraient dans ce sens, pour une meilleure accessibilité à l’appui bancaire, que les dossiers de crédits soient simplifiés, et que les garanties exigées ainsi que les taux soient revus à la baisse.
Enfin, 70% des chefs d’entreprises n’envisagent de développer leur entreprise que modérément, voire pas du tout, compte tenu de la conjoncture économique difficile les impactant directement au niveau de l’embauche, des délais de paiement, des charges, et des coûts de la main d’œuvre.
Néanmoins, les chefs d’entreprises louent l’amélioration des services de conseil et d’accompagnement publics comme privés, dans le quotidien, en matière de technologie, d’optimisation des achats, de politiques des ressources humaines, et de fiscalité.
Le portrait-robot du chef d'entreprise marocain
Toujours selon la même étude:
- 93,3% des chefs d’entreprise sont des hommes;
- 46% emploient moins de 5 femmes dans leur entreprise;
- 63% d’entre eux ont entre 30 et 50 ans;
- Plus de 90% ont fondé leur entreprise, ou sont descendants ou membres de la famille du fondateur;
- Plus de 70% ont un bac +5;
- Plus de 80% travaillent entre 45 et 60 heures par semaine (5 à 6 jours);
- La majorité prend des décisions en concertation avec les cadres et les salariés;
- La majorité n’a aucune activité professionnelle en dehors de l’entreprise.
Afin d'accompagner le développement des PME marocaines et répondre à leurs attentes et exigences, Epitaphe, en partenariat avec le CRI de Casablanca, organise la 2e édition du "Forum de la PME et de ses partenaires".
Le but de ce forum, selon Abdallah Chater, directeur du CRI, est d’inscrire la chose économique au cœur des priorités de la région. M. Chater s'exprimait au cours d'une conférence de presse donnée ce mercredi 25 novembre. Il en va de la volonté des pouvoirs publics d’entreprendre les démarches nécessaires pour la pérennité des entreprises existantes et pour ancrer la ville de Casablanca dans le développement régional et national.
Il s'agit également de la volonté de participation des acteurs publics et privés à l’écosystème émergent et effervescent des PME.
Le CRI de Casablanca veut être un acteur public au service du privé pour assurer la compétitivité des entreprises et l’amélioration du climat des affaires, comme le démontre son plan d’action 2015-2020. Il s’agit aussi de communiquer aux entreprises les services, instruments et outils mis à leur disposition pour se développer, et de s’ouvrir à l’international.
Au programme cette édition, des ateliers répondant, entre autres, aux problématiques suivantes:
- Comment réussir une PME au Maroc?
- Comment accéder au marché européen? Quelles sont les opportunités offertes par les accords de libre-échange et comment en profiter?
- Comment les PME peuvent accéder au financement européen?
- Quelle assistance et accompagnement technique pour les PME?
Seront présents, hormis les dirigeants d’entreprises, une délégation de l’Union européenne, la CGEM, le Comité national du climat des affaires, et certaines banques institutionnelles et privées européennes.
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