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ECONOMIE

La libéralisation des hydrocarbures le 1er décembre sera inaugurée par des hausses

Les prix des produits pétroliers liquides ne seront plus administrés par l’Etat à partir du 1er décembre. 

La libéralisation des hydrocarbures le 1er décembre sera inaugurée par des hausses
Ariane Salem
Le 24 novembre 2015 à 18h07 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

La libéralisation s’ouvrira sur une tendance haussière, en répercussion de la hausse des cours et des charges de transport. 

La libéralisation des prix du secteur est également l’occasion d’une révision de la loi sur l'importation, l'exportation, le raffinage, la reprise en raffinerie et en centre emplisseur, le stockage et la distribution des hydrocarbures.

Le projet de loi 67-15 portant cette révision est présenté ce mardi 24 novembre par le ministre Abdelkader Amara à la commission des secteurs productifs de la première Chambre. La nouvelle législation pose un cadre juridique strict du secteur pétrolier et gazier d’amont en aval et se propose de renforcer le contrôle de la qualité des hydrocarbures et d’en assurer la disponibilité. 

Certaines questions n’ont pourtant pas fait l’objet d’une clarification de la part du gouvernement. Dans quel sens les prix vont-ils évoluer? Quel sera le surcoût pour le raffineur et les consommateurs d’une qualité renforcée? Quelles seront les conséquences sur les capacités de stockage? 

Impact sur les prix: incertitude sur la volatilité du marché


La libéralisation des prix pétroliers signifie que l’Etat n’interviendra plus sur les prix. La structure de prix sera bouleversée, explique Adil Zyadi, Président du GPM (groupement des pétroliers du Maroc). Les déterminants seront désormais les prix du marché - qui dépendent des cours pétroliers et du dollar - et le coût de revient des importateurs, producteur, distributeurs et stations-service. 

Les opérateurs de marché ne s’attendent pas à ce que les prix baissent à l’ouverture du marché. Au contraire, les tendances haussières des cours mondiaux depuis le 15 novembre laissent présager le contraire.

De surcroît, la libéralisation devrait entraîner une remontée mécanique du prix à la pompe en répercussion d’une augmentation des frais de fret laquelle n’avait pas été intégrée dans la fixation administrative des prix. 



Entre chaque station, le prix ne devrait pas varier énormément, car les marges de distribution sont faibles. C’est plutôt par l’offre globale de services que les enseignes vont se démarquer explique, A. Zyadi. 


La question du maintien d’un plafond de prix a pu faire l’objet d’une hésitation auprès des opérateurs, même si la nouvelle loi ne le prévoit pas.

Pour le Président du GPM, cette hypothèse est inconcevable. Il ne peut y avoir de plafond imposé par l’Etat sur un marché libre. Par ailleurs, la taxe sur les produits pétroliers ne pourra faire office de supplétif pour réguler le marché, cette dernière étant un élément incompressible et essentiel des recettes de l’Etat. 

En revanche, ce qui devrait changer pour le consommateur, c’est la plus grande volatilité des prix. A l’heure actuelle, il n’est pas possible de dire si les gérants de station-services vont adopter la même périodicité des prix qu’aujourd’hui. Ces dernières pourront faire le choix de s’aligner sur une périodicité de 15 jours, comme c’est le cas actuellement avec l’administration des prix, ou adopter une stratégie de prix quotidien, ou hebdomadaire.

Les importateurs ont prévu de conseiller les prix aux distributeurs, lesquels vendent ensuite aux stations-service, ces dernières étant libres de déterminer leur propre stratégie de prix, en fonction de la concurrence, de leur localisation et de leurs services. Mais toute stratégie sera sous-tendue par une logique de maintien des parts de marché, explique A. Zyadi. 

Norme de qualité: une exigence démesurée?

La nouvelle loi vient renforcer les normes de qualité des produits pétroliers liquides. Concrètement, elle pose une interdiction sur le diesel à 50 PPM (particules par millions). Seul le diesel de 10 PPM à plus faible teneur en souffre sera autorisé.

Pour A. Zyadi, cette qualité supérieure de diesel répond aux demandes des constructeurs automobiles européens, et est bénéfique à la fois pour la protection des moteurs et les émissions de souffre dans l’atmosphère. 

Un son de cloche différend nous est exprimé par Mehdi Daoudi, expert énergie, pour qui le renforcement de la norme est un contresens à la fois technique et environnemental. Le diesel 50 PPM représente déjà une avancée par rapport au diesel 10.000 PPM précédemment en vigueur il y a quelques années.

Les moteurs sont tout à fait adaptés au diesel 50 PPM. D’un point de vue environnemental, la consommation de diesel au Maroc est 10 fois inférieure à celle de la France, ne justifie pas qu’on passe à des normes européennes drastiques.

Pour ce dernier, cette mesure prise à la légère par le gouvernement semble répondre aux pressions des importateurs. Car en effet, il s’agit pour lui d’une manière d’alourdir un peu plus les coûts de revient du raffineur, la Samir, en lui imposant une qualité supérieure. Cet expert appelle au contraire à aligner la taxation du gasoil sur celle de l’essence, pour rééquilibrer le parc automobile, lequel roule entre 80 et 85% au gasoil et émet donc à forte dose des micro-particules très dangereuses pour la santé. 

Renforcement des capacités de stockage

La nouvelle loi vient renforcer les exigences de stockage des distributeurs. En prévision, certaines entreprises comme Afriquia, Total, Vivo ont déjà investi dans un renforcement de capacité, à Tanger Med ou Jorf Lasfar, explique A. Zyadi.

D’autres vont lancer des projets de stockage, poursuit-il. Ces exigences d’investissement vont-elles entraîner la disparition par absorption des plus petits distributeurs, qui ne peuvent suivre? Ce n’est pas ce que pense Zyadi, car les distributeurs ont un système d’entraide pour les entreprises en sous-capacité. Pour ce dernier, le Maroc dispose déjà de réserves de stockage confortables, de l’ordre d’un million de tonnes. Mais l’effort est à poursuivre, pour assurer une surcapacité de sécurité.

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Ariane Salem
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