Benkirane: “Je suis prêt à rester à Tanger pendant un mois s’il le faut”
Benkirane est monté en première ligne dimanche 1er novembre pour expliciter la politique du gouvernement sur le dossier Amendis. Un message adressé à la rue d’abord, aux élus ensuite, puis à Amendis et aux walis.
S’exprimant pendant près de 20 minutes dimanche soir à la wilaya de Tanger, le chef du gouvernement a insisté sur quatre points:
1. La nécessité de cesser les manifestations.
2. Son entière disponibilité à traiter le dossier.
3. La reconnaissance des erreurs d’Amendis à Tanger.
4. La reconnaissance par le ministère de l’Intérieur de la légitimité des plaintes des ménages.
"Nous sommes venus de toute urgence de Rabat car nous sommes d’accord pour dire qu’il y a des erreurs qui ont été commises par la société", a indiqué le chef du Gouvernement dès le début de son intervention sans citer le nom d’Amendis ou de Véolia.
"Nous aurions aimé que ces erreurs ne viennent pas de la société mais ce qui est fait est fait", a-t-il expliqué. "Maintenant nous allons trouver une solution au niveau de chaque agence avec une amélioration du service à la clientèle, l’accueil pour l’enregistrement des réclamations et une solution aux problèmes des compteurs collectifs."
Benkirane, gendarme et pompier
"Personne ne nie que ces problèmes existent, une commission de l’Intérieur est venue la semaine passée, et aujourd’hui je suis là avec le ministre de l’Intérieur. La question est de savoir pourquoi les manifestations perdurent", s’est interrogé le chef du gouvernement faisant allusion à d’éventuelles manipulations et à ses craintes de débordements.
Pour Benkirane, "maintenant que nous avons constaté les erreurs et que nous travaillons à les résoudre, les protestations n’ont plus lieu d’être". Plus tard dans la soirée, Benkirane indiquera que plus de 8.900 factures ont été révisées et corrigées. Benkirane, dimanche soir à Tanger, a assimilé toute manifestation à venir à de la fitna, la discorde.
"Maintenant nous sommes venus pour trouver une solution à ce problème des mois de juillet et d’août, pas pour autre chose", a-t-il précisé en allusion à la revendication de la résiliation et/ou rupture du contrat de gestion déléguée entré en vigueur le 1e janvier 2002 pour une durée de 25 ans.
Cette position est en opposition avec celle de politiques et d’associatifs proches du PJD, mais aussi du PAM ou RNI à Tanger.
Mobilisation crescendo
Après les manifestations des 17, 24 et 31 octobre, Rabat semble avoir pris la mesure de la colère populaire qui s'est accompagnée d'une mobilisation allant crescendo.
Dès le lendemain des manifestations du 24 octobre, des élus avaient averti que les protestations anti-Amendis risquaient "de poser un problème de sécurité publique si une réponse adéquate n’était pas fournie".
Benkirane n’a pas hésité à admonester les élus de son parti et du PAM pour clamer haut et fort qu’ils étaient "solidaires de la population". "Un élu responsable ne dit pas qu’il ne va pas payer sa facture à Amendis", une allusion directe et publique à une déclaration faite par des leaders du PAM.
Benkirane a également indiqué qu’il était prêt à rester le temps qu’il faut à Tanger pour trouver une solution. "La liberté, la démocratie et la paix sociale, ça se mérite et nous les avons", a affirmé Benkirane qui a appelé à la retenue, excluant toute révision du contrat de gestion déléguée pour l’instant. "Ce n’est pas aujourd’hui que nous allons reculer; nous voulons avancer", a-t-il souligné. Un discours qui illustre de la fermeté politique, mais aussi des craintes politiques.
Des protestations ont été signalées à Tétouan et Asilah la semaine passée. A Fnideq, un appel a été lancé pour une extinction des lumières continue pendant plusieurs jours à compter du 2 novembre.
La position affirmée par Benkirane à Tanger dimanche illustre aussi une certaine forme d’impatience vis-à-vis de la rue tangéroise et une impuissance à aborder le fond du problème du contrat de gestion déléguée d’Amendis à Tanger et celui de la gestion déléguée plus généralement au Maroc. Pour Benkirane, "les protestations affectent le tourisme, l’investissement et l’état de l’opinion publique nationale", a expliqué le numéro 1 du gouvernement et du PJD.
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