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ECONOMIE

Maisons d’hôtes à Marrakech: “trop de concurrence déloyale”

L’Association des maisons d’hôtes de Marrakech et du sud, commence sérieusement à s’impatienter. Cela fait des mois que les pouvoirs publics ont promis de régler le problème des établissements non déclarés, de plus en plus nombreux, mais il ne se passe pas grand-chose. 

Maisons d’hôtes à Marrakech: “trop de concurrence déloyale”
Patrick Marescaux
Le 30 octobre 2015 à 12h19 | Modifié 30 octobre 2015 à 12h19

Le président de l’AMHMS a donc décidé de porter le débat sur la place publique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: Marrakech compte 1.200 maisons d’hôtes déclarées et classées. Mais également au moins 400 dites "informelles" qui n’ont aucune existence légale, dont les propriétaires ne payent donc pas de TVA, pas de charges sociales, pas de taxes de séjour, pas d’impôts sur le revenu…

Facile alors d’être moins cher que les autres. "C’est une concurrence totalement déloyale", s’insurge Christian Le Bour. "Depuis notre arrivée à la tête de l’Association des maisons d’hôte, en avril 2014, nous nous battons pour que ce problème soit réglé. Mais les choses n’avancent pas assez vite. Certes depuis janvier dernier, une commission a été mise en place, sous l’égide de la Direction régionale du tourisme."

"Les établissements non classés mais qui, a priori, recevaient des touristes ont été contrôlés dans la médina, rue par rue, ruelle par ruelle. Et ces contrôles de terrain se sont accompagnés de contrôles sur internet. Cela a permis d’accélérer les dossiers de ceux qui, en toute bonne foi, avaient fait des demandes de classement et qui attendaient une réponse. Mais il y a aussi tous ceux qui expliquent toujours qu’ils ne sont pas des maisons d’hôtes, qu’ils reçoivent simplement leur famille ou des amis. Alors qu’ils font des offres commerciales sur internet!"

Quelle est la solution? Christian Le Bour ne croit pas trop aux fermetures administratives, sans doute longues à mettre en place et à appliquer. "Et puis", ajoute-t-il, "rien ne nous dit qu’il n’y aura pas de petits arrangements entre amis qui permettront à certains, au final, de ne pas fermer!".

Sa solution est donc toute autre: couper le robinet à la source, c’est-à-dire empêcher toute publicité sur internet pour ces établissements non déclarés. Ce qui veut dire de facto leur fermeture, car aujourd’hui, sans être présent sur un site internet, impossible d’exister.

Comment faire? "Il y aura bientôt un an, les pouvoirs publics nous ont affirmé avoir envoyé une notification à Booking pour qu’ils ne mettent plus en ligne que des établissements classés. On a contacté Booking: curieusement, ils n’ont jamais reçu ce courrier! On a donc relancé l’administration et en juillet dernier, le représentant de notre ministère de tutelle nous a assuré qu’il était en train de préparer une lettre pour Booking, qu’il nous l’enverrait pour avoir nos remarques. On attend toujours ce projet de lettre!"

D’où la décision de l’association de mettre le problème sur la place publique. Car Christian Le Bour en est persuadé, des organismes comme Booking ou Expedia sont aujourd’hui très réceptifs à ce que peuvent dire les gouvernements et très soucieux de respecter les lois de chaque pays. Mais encore faut-il le leur demander clairement.

N’y a-t-il pas un peu de corporatisme dans la démarche de l’association? Christian Le Bour s’en défend: "Absolument pas! On accepte totalement la concurrence, dès lors que les règles du jeu sont bien les mêmes pour tous. Je ne suis pas du tout gêné par une multiplication des établissements. Simplement, on doit tous agir dans les mêmes conditions. Et alors que le meilleur gagne!"

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Patrick Marescaux
Le 30 octobre 2015 à 12h19

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