S&P confirme la note BB-/A-3, perspectives stables pour le Maroc
Dans sa revue semestrielle de la notation financière des finances publiques marocaines et de la solvabilité, l’agence Standard & Poor’s confirme ce vendredi 9 octobre la notation du Maroc accordée au printemps dernier avec des perspectives stables.
S&P projette un taux de croissance de l’économie marocaine de 4,6% en 2015, «cohérent avec une production agricole robuste qui tend vers les 5% à l’année 2018, soutenue par la production manufacturière et de services».
S&P note que l’activité restera soumise à la volatilité du secteur agricole et de la demande extérieure, notamment le tourisme.
"Popularité continue du Roi Mohammed VI"
Sur les déficits extérieurs et fiscaux, S&P se montre optimiste, «continuant à se réduire» indique l’agence, «notamment en raison des réformes des finances publiques et les améliorations dans les comptes extérieurs». Dettes extérieure et intérieure devraient continuer de baisser.
Sur ces bases, S&P «confirme sa notation à moyen et long termes des dettes souveraines en monnaie locale et en devises étrangères à BBB-/A-3».
Les perspectives stables découlent de «l’attente que la réforme des finances publiques se poursuivra pendant que les déficits budgétaires et des comptes courants continueront de baisser durant les prochaines années alors que la croissance économique s’améliore».
S&P s’attend à un taux de déficit budgétaire de 4,3% en 2015 contre 4,9% en 2014.
L’agence de notation souligne que sa notation est «supportée par la stabilité politique et sociale, les perspectives de croissance économique et un fardeau de la dette modéré». S&P souligne que «la notation reste contrainte par des niveaux de revenus bas et des besoins sociaux élevés».
«La victoire du PJD aux élections de septembre 2015 a renforcé sa capacité à mener à terme des réformes sensibles.»
S&P rappelle la résilience du Maroc aux mouvements politiques et sociaux qui ont eu pour cadre le contexte régional du Printemps arabe. «Contrairement à d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, l’agitation politique a été contenue notamment en raison de l’adoption de la révision constitutionnelle de 2011 (…) et de la popularité continue du Roi Mohammed VI».
S&P note que «le gouvernement de coalition dirigée par le PJD a largement démontré sa volonté et sa capacité à réformer des programmes substantiellement lourds sur le plan fiscal, particulièrement le système de subventions, le système des retraites et la masse salariale publique».
«De notre point de vue, ajoute S&P, la victoire du PJD aux élections de septembre 2015 a renforcé sa capacité à mener à terme des réformes sensibles, notamment la réduction des subventions et la réforme des retraites à venir».
Un comparatif honorable
L’agence S&P souligne que le Maroc performe assez bien en termes comparatifs internationaux sur les chapitres de la gouvernance et du niveau de ses institutions.
S&P cite la 53è place du Maroc pour l’efficacité gouvernementale, sa 49è place pour l’Etat de droit, sa 50è place pour la qualité de son cadre réglementaire et normatif et son 32è rang mondial pour sa stabilité politique et l’absence de violence.
S&P rappelle que le taux de croissance économique moyen sur la période 2011-2014 a été de 3,6% avec un taux de 2,6% en 2014 et un taux attendu de 4,6% en 2015. Pour l’agence, la faiblesse de la demande extérieure et la baisse des prix des phosphates constituent aujourd’hui des contraintes pour un taux de croissance économique plus élevé.
Une ligne de précaution du FMI non utilisée et des dons des pays du Golfe
L’attrait du Maroc pour les investissements industriels est souligné avec les cas de Renault dès 2007 et Peugeot cette année, S&P considérant que "le pays continuera d’être attractif pour les investissements directs étrangers notamment dans l’aéronautique et l’électronique". Le Maroc est classé 71è sur 189 pays dans le rapport annuel Doing Business de la Banque mondiale.
Dans sa note de ce 9 octobre S&P anticipe par ailleurs une croissance soutenue des exportations automobiles et une reprise de l’activité touristique.
Enfin, S&P note que la ligne de précaution et de crédit accordée par le FMI une première fois en août 2012 et renouvelée une nouvelle fois en juillet 2014 pour une durée de 24 mois n’aura pas besoin d’être utilisée. Dernier rappel: de 2013 à 2017, le Maroc touche l’équivalent d’un milliard de dollars/an en dons financiers en provenance des pays du Golfe, «ce qui améliore la confiance en période stress financier».
Conclusion de S&P: «Nous pourrions abaisser notre notation si la croissance n’accélère pas comme nous l’attendons et si le gouvernement dévie du chemin de la consolidation budgétaire ou si les comptes courants ne s’améliorent pas comme prévu. Nous pourrions élever notre notation si la croissance dépasse de manière significative nos attentes et si la politique monétaire et la flexibilité du régime des changes évoluent notablement.»
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