Un événement historique: « Revivre Toumliline »

Ce monastère fut un lieu de rencontres internationales rassemblant des croyants et des laïcs de toutes opinions politiques. Les Archives du Maroc et la fondation «Mémoires pour l’avenir» consacrent une rétrospective photographique et picturale à cet espace de tolérance aujourd’hui disparu. 

Un événement historique: « Revivre Toumliline »

Le 8 octobre 2015 à 15h25

Modifié 8 octobre 2015 à 15h25

Ce monastère fut un lieu de rencontres internationales rassemblant des croyants et des laïcs de toutes opinions politiques. Les Archives du Maroc et la fondation «Mémoires pour l’avenir» consacrent une rétrospective photographique et picturale à cet espace de tolérance aujourd’hui disparu. 

Dans le monde arabo musulman et au Maroc, le vivre-ensemble de personnes d’opinions et de convictions différentes est de plus en plus remis en cause. Fort heureusement, certains acteurs de la société civile se mobilisent pour défendre pluralisme religieux et démocratie.

Avec cette commémoration, la fondation «Mémoires pour l’avenir» veut contribuer de manière active à la défense d'espaces de dialogue dans un monde en plein bouillonnement.

L’objectif étant de transmettre à la jeunesse la mémoire exemplaire d’un espace d’ouverture, afin d’encourager les initiatives semblables à se multiplier au Maroc et ailleurs.

Consolider des espaces de débat et de dialogue

«Réinventer Toumliline» fait partie de ce mouvement de résistance contre la montée de l’intolérance qui veut défendre les valeurs universelles, produire des projets alternatifs et les transmettre aux nouvelles générations afin d’éviter leur embrigadement.

Face à la banalisation de l’extrémisme, cette commémoration rappellera la mémoire d’un lieu unique où toutes les croyances et cultures étaient les bienvenues.

L’ambition est de s’inspirer d’une démarche passée pour rouvrir les portes de cet endroit et engager une stratégie d’ouverture et de débat axée sur les problématiques contemporaines.

Pour rappel, le monastère chrétien d’ordre bénédictin dont le nom signifie pierres blanches en berbère fut édifié en 1952 près de la ville d’Azrou à l’époque du Protectorat français.

Au lendemain de l’Indépendance, les moines furent autorisés à continuer leurs activités grâce à leur politique d’accueil des populations locales et de dialogue avec les autorités marocaines.

Entre 1956 et 1968, ce lieu accueillit des «Rencontres Internationales» rassemblant des personnalités venues d’Afrique sub-saharienne, du Monde Arabe, d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord, de toutes confessions et des laïcs, et de toutes opinions politiques.

De grands noms de la politique, de la théologie et de la culture s’y sont succédé entre 1956 et 1968 pour exprimer dans un cadre de cohabitation des opinions diverses. Les discussions tournaient souvent autour des thématiques de l’éducation et du développement.

On peut notamment citer le Roi Mohammed V, le Prince Héritier Moulay Hassan, le créateur du syndicat UMT Mahjoub Benseddik, le peintre Jilali Gharbaoui, le théologien Mohamed Belarbi Alaoui et le grand islamologue qu’était le professeur Louis Massignon.

En août 1957, le leader de la gauche Mehdi Ben Barka y donna une conférence sur la qualité de l’enseignement qui devait être basée sur l’ouverture à l’autre. Il y présenta la langue française comme un atout pour la langue arabe et non comme une menace.

Un monastère au service des démunis

Hormis ces rencontres de haut niveau, les moines du monastère faisaient bénéficier gracieusement les populations locales de nombreux services sociaux et médicaux.

Un dispensaire qui était dirigé par un moine médecin soignait tous les demandeurs avec des consultations en pédiatrie et puériculture. Le monastère a aussi recueilli et élevé une cinquantaine d’orphelins de la région.

La culture n’était pas en reste grâce à une riche bibliothèque ramenée de France et mise à la disposition des jeunes et des lycéens d’Azrou.

Les moines bénédictins ont également dispensé des cours de langue et de formation professionnelle à de nombreux étudiants venus de tout le Maroc.

Le monastère composé de 17 chambres et de bungalows hébergeait aussi bien les visiteurs de passage qu’ils soient intellectuels ou jeunes ainsi que des pèlerins chrétiens.

Cet espace de liberté et de paix fut malheureusement fermé en 1968 sous prétexte d'une volonté cachée de prosélytisme chrétien.

Programme des festivités

Les activités commenceront avec une exposition de photographies qui se déroulera du 10 octobre au 10 décembre 2015 et la projection d’un documentaire retraçant l’histoire des Rencontres Internationales au Monastère de Toumliline  avec les témoignages d’acteurs de l’époque.

L’exposition aura lieu à la salle des archives du Maroc, sise au 5 Avenue Ibn Battouta au quartier de l’Agdal à Rabat.

Un colloque intitulé «Réinventer des espaces de débat et de dialogue» se tiendra samedi 10 octobre à 9h30 à la faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat en présence de nombreuses personnalités (Amine Sbihi, Jacques Lang, Driss Yazami, André Azoulay …).

A partir du 14 octobre et jusqu’au 29 novembre, aura lieu l’exposition picturale «Trois regards sur Jilali Gharbaoui» à la Villa des Arts de Rabat.

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