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SOCIETE

Des écoles low cost au Maroc? une très mauvaise idée selon les ONG

L'école à bas prix risque-t-elle de perturber l'équilibre fragile du système éducatif marocain? A l'heure où beaucoup parlent des écoles "low cost", les ONG internationales s'inquiètent des disparités sociales que ce modèle risque de produire.

Des écoles low cost au Maroc? une très mauvaise idée selon les ONG
Amine Belghazi
Le 3 octobre 2015 à 13h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37
Sylvain Aubry, chercheur et membre de l'ONG Global intiative for economic, social and cultural rights, a collaboré pour l'élaboration de plusieurs rapports en 2013 et 2014 concernant l'impact de la privatisation sur la qualité de l'enseignement au Maroc.
Il dresse pour Médias 24 un aperçu des risques et des exemples concrets d'échecs de l'école à bas coût.
Et pour cause, loin de démocratiser une éducation de qualité, l'école privée "low cost", un modèle qui prend de l'amleur dans les pays en développement, aggrave les disparités entre les couches sociales.
"Nous avons constaté, dans les nombreux pays où ces écoles existent, que les écoles à bas coût ne permettent pas l'intégration des plus pauvres dans le système éducatif, mais créent une discrimination entre les populations pauvres et les populations plus pauvres", constate Sylvain Aubry.
"En effet, le système chilien est considéré comme le système éducatif le plus ségrégatif au monde. Etre éduqué à l'intérieur de réseaux différents n'offre pas les mêmes opportunités à tous. Ceci a donné lieu à plusieurs révoltes estudiantines entre 2006 et 2011. C'est d'ailleurs la réforme du système éducatif, insérée dans le programme électoral de Michelle Bachelet, qui a permis à la candidate de remporter les dernières élections présidentielles,"ajoute-t-il.
Quand on analyse de près la structure des partisans de l'école low cost, on trouve un grand nombre d'articles publiés sur les colonnes du journal britannique The Economist (The Economist Group), détenu majoritairement par Pearson, une multinationale spécialisée dans les services éducatifs.
"Dans cette situation, il s'agit d'entreprises commerciales destinées à faire avant tout du profit. Sachant que 80% des dépenses dans le secteur éducatif servent à payer les salaires des enseignants, l'école à bas coût cherchera à le minimiser, et fera appel à des enseignants très jeunes et peu qualifiés, après une formation préalable de 5 semaines seulement. Ces enseignants se contentent seulement de lire des cours sur leurs tablettes. Dans l'usage, ces écoles portent le nom d'écoles "robotisées"", analyse S. Aubry.
Au Maroc, le manque de régulation du secteur éducatif privé présente un risque réel d'implantation des écoles low cost.
De plus, avec la recommandation du Conseil supérieur de l'éducation de la formation et de la recherche scientifique visant à intégrer davantage le secteur privé dans l'essor du système éducatif, l'école marocaine risque de devenir un foyer de ségrégation entre les couches de la société.
Toutefois, "le cas du Maroc est différents des pays africains où les écoles low cost sont implantées. Car il existe une forte demande pour l'offre éducative au Maroc", nuance S. Aubry. Ce qui n'exonère par l'Etat de jouer son rôle de régulateur, et de mettre à jour le cadre légal régissant le secteur éducatif privé. Le caractère urgent de la réforme est indéniable.


 

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Amine Belghazi
Le 3 octobre 2015 à 13h56

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