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Samir: les résultats intermédiaires périclitent, son sort demeure en suspens

Sans surprise, les résultats de la Samir affichent une santé financière déplorable à fin Juin 2015. Le marché reste dans l'expectative, en attendant l'AGE du 16 octobre. Fin octobre au plus tard, on saura si l'augmentation de capital annoncée pour 10 milliards de DH est bien en bonne voie.

Samir: les résultats intermédiaires périclitent, son sort demeure en suspens
Ariane Salem
Le 30 septembre 2015 à 14h47 | Modifié 30 septembre 2015 à 14h47
Le résultat net attribuable aux actionnaires dégringole de 1279% en un an, et est déficitaire de 3,45 MMDH. Le chiffre d’affaires consolidé s’effondre de 49% à 12,48 MMDH. Ces résultats sont arrêtés à fin juin 2015. 
 
Le 6 août, la société annonçait dans un communiqué l’arrêt provisoire de la production, en raison de ses difficultés financières. La SAMIR n’a plus la trésorerie nécessaire pour payer ses créanciers et ses fournisseurs.  
Le montant de sa dette financière s’élève à près de 22 milliards de dirhams à fin juin, et l’ensemble de sa dette à près de 38 MMDH. Depuis l'annonce de l'arrêt de production, on évalue la dette de la Samir à plus de 43 MMDH, selon des sources sûres à Rabat. L’administration des douanes a déjà saisi les comptes de la compagnie pour une dette fiscale s'élevant à 13 MMDH, mais la dette envers l’Etat pourrait s’élever jusqu’à 15 MMDH. 
 
Toujours d’après les résultats intermédiaires, la Samir est assise sur un stock estimé à 4,6 MMDH,  et des immobilisations corporelles de 25 MMDH. 
Une AGE très attendue
 
Le 16 octobre, le conseil d’administration proposera en assemblée générale extraordinaire une augmentation de capital pouvant aller jusqu’à 10 milliards de dirhams, ce qui conduira à multiplier par plus de 5 le capital social (1,189 MMDH actuellement).
La souscription est réservée aux actionnaires, au prorata de leur participation actuelle. Le vote en AGE est déjà sécurisé puisque l’actionnaire Corral Petroleum détient une majorité de contrôle (2/3 des voix). 
 
La proposition sera accompagnée d’un plan de restructuration, mis au point par le conseil d’administration avec des experts et des banques. Le montant de la nouvelle souscription dépendra aussi de la crédibilité de ce plan. 
 
Celle-ci repose sur trois critères, celui de la gouvernance, du package financier et du prix de souscription de la nouvelle action.
Pour la gouvernance, les banques peuvent obtenir de choisir elles-mêmes un nouveau directeur général, et gagner la maîtrise du conseil d’administration. Cela s'est déjà vu dans des affaires très endettées.
Le volet financier pourrait comporter le plan de sauvetage avec la restructuration de l’activité, la cession de filiales, voire des abandons de créances.
Enfin le choix de souscrire dépendra du prix d’acquisition de la nouvelle action. Un prix trop élevé pourrait dissuader les petits porteurs, qui seraient alors de facto dilués.
D'ici fin octobre, on saura donc quelle sera l'étendue de la souscription à l'augmentation du capital et on pourra mesurer de visu, si l'actionaire de référence compte réellement s'impliquer ou apporter de l'argent frais dans la société.
 
A compter du vote de l’assemblée générale, les souscripteurs devront verser leur premier quart de la souscription puis disposeront légalement d'une période de trois ans pour réaliser l’augmentation de capital. 
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Ariane Salem
Le 30 septembre 2015 à 14h47

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