Samir: les créanciers se précipitent, au moins 20 milliards de DH de saisies
La Samir est l’objet de plusieurs saisies et d’un ATD de la part des douanes. Le montant global concerné dépasse les 20 milliards de DH. L’entreprise est dans une situation critique et l’actionnaire de référence ne répond pour le moment que par des promesses.
Plusieurs créanciers de la Samir sont passés à l’acte:
-l’administration des douanes a adressé un ATD (avis à tiers détenteur) aux clients de la Samir, une procédure proche de la saisie, par laquelle l’administration peut récupérer auprès des banques ou des fournisseurs, ce qui lui est dû;
-le montant global dépasse 13 milliards de DH dont 12,63 milliards de DH en principal (voir fac similé);
-des banques marocaines ont également adressé aux clients, des saisies pour des montants de plusieurs milliards de DH. Selon nos estimations, le montant global dépasse 5 milliards de DH;
-au moins un fournisseur étranger de premier plan, a entamé les procédures de recours judiciaire.
Pour avoir une idée de l'ampleur du bricolage, il faut savoir que les clients paient quasiment à l'enlèvement, les montants correspondants de la TIC et de la TVA, et ce, à présentation de facture, par chèque. Cela se fait généralement tous les quinze jours.

La dette globale de la Samir est estimée à plus de 25 milliards de DH (“et probablement plus de 30 MMDH“), selon des sources professionnelles, car, aux dettes à l’égard de la douane et des banques locales, il faut ajouter les dettes à l’égard des banques étrangères et des fournisseurs étrangers.
Du coup, le plan de redressement concocté par une société filiale conseil d’une grande banque, paraît dépassé par les événements. Il ne devait mobiliser que 4,5 milliards de DH au total, ce qui paraît bien dérisoire au regard des exigibilités.
Face à cette situation critique, l’actionnaire de référence ne réagit que par des communiqués qui paraissent bien mièvres au regard de la situation. Il ne semble pas avoir compris que l’Etat marocain est cette fois-ci déterminé à protéger ses intérêts.
Les syndicats qui ont reçu la presse jeudi soir, veulent protéger l’outil de la production et garantir les emplois.
Toutes les parties prenantes du marché pétrolier estiment que l’outil est viable, ainsi que l’entreprise, mais à quel prix? Il faudra que quelqu’un, in fine, paie les dégâts d’une gestion désastreuse, où tout le monde a été trompé par les fausses promesses, y compris les petits porteurs.
à lire aussi
Article : Santé numérique : ce que le projet de loi prévoit de changer dans votre parcours de soins
Le projet de loi 52.26 adopté en Conseil du gouvernement pose les bases de la santé numérique au Maroc. Dossier médical partagé, identifiant sanitaire unique, plateforme nationale et agence dédiée… Il encadre l’accès aux données, fixe les droits des patients et prévoit des sanctions. Détails.
Article : Déficit budgétaire 2026 : le Maroc peut-il tenir les 3% ?
Malgré le choc énergétique, la hausse des dépenses sociales et salariales et l’accélération de l’investissement public, le gouvernement maintient son objectif de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2026. La cible est comptablement atteignable. Reste à savoir si cet ajustement repose sur des bases solides et durables.
Article : Gazoduc Nigeria-Maroc : qui paiera et quand le gaz arrivera
De Casablanca à Abuja, la signature de l’accord intergouvernemental le 19 juillet marque un tournant pour ce projet destiné à acheminer le gaz ouest-africain jusqu’au Maroc et à l’Europe, soutenu par d’immenses réserves gazières au Nigeria, au Sénégal et en Mauritanie. Qui doit le financer, comment il sera construit au Maroc et pourquoi le premier gaz n’est attendu qu’en 2031 : tour d’horizon.
Article : Aviculture : prix toujours bas, jusqu'à 3 DH de pertes par kg pour les éleveurs
Les prix du poulet continuent de reculer au Maroc, creusant les pertes des éleveurs. Le secteur espère toutefois une remontée progressive des prix à partir de septembre, portée par une baisse attendue de l'offre et un léger rebond de la demande. Détails.
Article : Settat : l’ONEE renforce l’alimentation en eau avec un projet de 210 MDH
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable a mis en service la première tranche d’un projet de 210 millions de dirhams destiné à renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable de Settat et des localités voisines. Cette première phase permet de doubler le débit d’alimentation de la ville.
Article : La fondation CDG distingue six projets d’innovation sociale digitale
La fondation CDG a clôturé la 2e édition de DIGIT@CTION, un programme dédié à l’innovation sociale digitale. Six projets portés par des associations ont été retenus et bénéficieront d’un financement, ainsi que d’un accompagnement pour soutenir leur déploiement.