Maghreb Steel: Bras de fer entre les employés et le management
Une grande majorité des 1.466 employés sont en grève, selon la version du syndicat marocain de la sidérurgie, affilié à l’UMT. Le dialogue est rompu, c'est l’escalade selon les sources syndicales.
Après le front du sauvetage financier, Maghreb Steel se retrouve au milieu d’une nouvelle bataille. Ses employés ont entamé une grève à durée indéterminée «jusqu’à ce que le management accepte et concrétise» les revendications sociales présentées au cours de la dernière semaine de juillet.
Tout a commencé par un cahier revendicatif qui a été mal accueilli. Encadrés par la section sidérurgiste de l’Union Marocaine du Travail (UMT), les employés de Maghreb Steel ont revendiqué l’amélioration de leur situation sociale. La réponse du management n’a pas été à leur goût. Selon les représentants syndicaux, «le management a laissé courir sans donner de suite notable».
Pour faire pression, le port du brassard a été le premier avertissement concocté par les représentants syndicaux. Le 5 août, le ton monte d’un cran. Une grève de 24 heures a été décrétée par les employés. La riposte du management de Maghreb Steel, selon les déclarations syndicales, a été brutale.
Sur la page Facebook du syndicat des sidérurgistes, 40 employés ont été licenciés abusivement pour avoir participé à la grève. Contacté par Médias24, le syndicat tempère: 13 employés ont subi la foudre de la direction générale, et non pas 40, et il s’agit d’une mise à pied et non pas d’un licenciement abusif.
Réponse du berger à la bergère, les employés chauffés à blanc par la mise à pieds des collègues, se disent désormais en grève à durée indéterminée. Et à en croire la version syndicale, le management de Maghreb Steel, n’a pas capitulé. Au contraire, il a condamné la porte de l’usine, empêchant l’accès à l’outil de travail, et ce faisant, empêchant de sortir les employés qui sont restés à l’intérieur. Le syndicat parle de 300 personnes retenues à l’intérieur de l’usine alors que 900 sont à l’extérieur, soutenant le mouvement de grève.
Toute la sidérurgie est concernée
Le blocage de la production de Maghreb Steel pénalise toute la filière aval et donc une grande partie de l'industrie marocaine. En effet, Maghreb Steel a un monopole de fait, constitué par la protection qu'il est arrivé à obtenir.
De son côté, la Sonasid a publié un profit warning et prévoit une baisse significative de ses résultats. Une protection pour certaines catégories de produits a été demandée.
La vaie question est la suivante: la sidérurgie est-elle viable au Maroc? La réponse est évidente: les deux principaux intrants qui font une sidérurgie sont l'énergie et le fer, deux produits dont le Maroc ne dispose pas. A partir de là, le différentiel de compétitivité doit être supporté soit par les actionnaires, soit par le consommateur final ou le client (c'est le cas aujourd'hui, à cause de la protection), soit par l'Etat. La solution la moins injuste, celle qui permettrait de ne pas pénaliser une filière entière, consisterait peut-être à accorder une subvention étatique aux entreprises concernées. C'est en tous les cas ce qui se murmure avec insistance au sein de la profession.
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