Pétrole: les distributeurs prennent le relais en attendant que Samir se ressaisisse
L’approvisionnement du Royaume en produits pétroliers sera assuré à 100% par les distributeurs. C’est ce qui a été décidé à l’issue d'une réunion tenue mercredi 5 août, au siège du ministère de l’Energie à Rabat.
L’annonce de l’arrêt des activités de la société Samir, l’unique raffineur du pays, a soulevé des interrogations quant à la sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers. Le raffineur a expliqué, dans un communiqué publié mercredi dans la soirée, que sa décision était dictée par une situation financière critique.
Les représentants du Groupement des pétroliers au Maroc, ont été conviés à une réunion d’urgence au ministère de tutelle pour discuter des conséquences de cette décision. Selon une source informée, la réunion a été centrée sur l’élaboration d’un schéma d’approvisionnement pour les quatre produits du marché: gasoil, fuel, kérosène et essence.
«Les distributeurs ont pris les dispositions nécessaires pour assurer l’approvisionnement des quatre produits pour éviter toute rupture sur le marché», confirme t-on auprès du Groupement des pétroliers au Maroc. Ce que la source officielle ne révèle pas, c’est que de telles dispositions ne peuvent être prises du jour au lendemain.
En effet, le marché pétrolier a connu, depuis les trois dernières années, des tensions suite aux difficultés du raffineur national. Les arrêts répétés de Samir, notamment deux mois en 2015 sans comptabiliser l’arrêt actuel, ont obligé les distributeurs à augmenter leur capacité de stockage et à prendre des options de trading sur le marché international du pétrole raffiné.
Mieux encore, pour assurer son approvisionnement en fuel, l’Office National de l’Electricité et de l’Eau (ONEE), le plus grand client du marché pétrolier, a déjà pris ses dispositions. L’établissement public a conclu des contrats auprès des distributeurs, dont Afriquia SMDC (groupe Akwa), pour disposer de son combustible sans rupture de flux.
Afriquia SMDC, pour ne citer que cet exemple, a renforcé sa capacité de stockage à Tanger Med pour atteindre les 500.000 tonnes. Elle assure l’approvisionnement de l’ONEE via sa plateforme à Tanger et par bateau via Mohammédia.
Qu’en est-il de l’avenir de Samir?
Le raffineur national perd ainsi ses marchés les plus juteux au niveau national et peine à honorer les options prises au niveau international. Ce qui soulève des interrogations quant à son avenir et par ricochet l’avenir des 1.500 personnes qui dépendent directement de son activité au Maroc.
Rien ne filtre pour l’instant. Samir s’est contenté d’un communiqué laconique pour annoncer l’arrêt de son activité. Suite à cela, le gendarme du marché financier a suspendu, ce jeudi 6 août, la cotation du titre du raffineur dans l’attente, dit-il, d’une annonce importante.
Le marché financier, banques comprises, attendent en effet une annonce, mais personne ne sait de quelle nature. Pour certains, la Samir cherche à tordre le bras du gouvernement pour que ce dernier cède sur sa dette douanière, chiffrée à plus de 10 milliards de DH. Des sources gouvernementales ont assuré à Médias 24 qu'«aucune concession ne sera faite sur les derniers de l’Etat».
L’autre possibilité qui alimente les discussions de salon, attribue au groupe Corral, actionnaire de référence de Samir, la volonté de vendre la raffinerie. Impossible de vérifier ce genre d’information étant le retranchement du management de Samir derrière les murs d’un silence opaque et accablant. Et si offre d’achat il y aura, elle sera étrangère puisque des sources proches du dossier soutiennent qu’aucune offre émanant de capitaines d’industries nationaux n’a été formulée jusqu’à maintenant et que ce n'est pas prévu. Affaire à suivre.
À découvrir
à lire aussi
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque mondiale (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.
Article : Carreaux céramiques : ouverture d'une enquête antidumping sur les importations indiennes
Le Maroc ouvre une enquête antidumping sur les importations de carreaux céramiques en provenance d’Inde. À l’origine de cette procédure, les industriels marocains du secteur dénoncent des pratiques de dumping et une hausse soutenue des importations indiennes, jugées menaçantes pour la production nationale.
Article : African Lion 2026 : une édition placée sous le signe de l’innovation technologique et de la maturité stratégique
L’édition 2026 de l’exercice militaire African Lion, le plus grand rassemblement de forces armées sur le continent, se déroule du 20 avril au 8 mai. Entre l’utilisation de nouvelles technologies de pointe et une intégration accrue entre les forces marocaines et américaines, cette cuvée marque un tournant qualitatif, malgré une certaine discrétion médiatique dictée par le contexte international.
Article : Quartier Océan à Rabat: démolitions en chaîne et incertitudes sur l’avenir du quartier
Les opérations de démolition se poursuivent dans le quartier de l’Océan à Rabat, où le paysage urbain évolue rapidement sous l’effet d’un chantier de requalification d’ampleur. Entre annonces jugées tardives, incertitudes sur le périmètre concerné et contestation des indemnisations, les témoignages recueillis sur place reflètent une situation confuse.
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.