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Parité, égalité: “le monde avance, le Maroc régresse”

Un an après l'entrée en vigueur de la convention d'Istanbul sur la violence à l'égard des femmes, adoptée par plusieurs pays, la situation au Maroc n'a pas progressé sur le sujet.  

Parité, égalité: “le monde avance, le Maroc régresse”
Amine Belghazi
Le 5 août 2015 à 10h32 | Modifié 5 août 2015 à 10h32

"La déclaration d'Istanbul est devenue une référence en matière de protection contre la violence basée sur le genre. Mais le Maroc s'obstine à ne pas reconnaître la définition de violence telle qu'elle est adoptée à l'international. A ce propos, le gouvernement marocain ne reconnaît pas la violence ou le viol conjugal", nous confie Amina Bouayach, secrétaire générale de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme.

De son côté, la militante et députée PAM, Khadija Rouissi estime que le Maroc "a fait un grand pas en arrière en matière de parité et de prévention de la violence faite aux femmes". A ce propos, le Maroc occupe le 133e rang sur 143 pays en matière d'écart hommes/femmes, selon un rapport publié par le Forum économique mondial, fin 2014, perdant ainsi plus de 20 places dans ce classement en l'espace d'un an.

Ce repli est du au manque d'engagement du gouvernement. "Une loi-cadre sur la lutte contre la violence faite aux femmes a été présentée par le Parlement, elle prend en compte tous les aspects de la question: accueil, protection, sensibilisation, prise en charge...etc. A ce stade, rien n'a été fait, ce dossier croupit dans les tiroirs du gouvernement!", s'insurge Khadija Rouissi qui s'étonne, également, de la non-publication au Bulletin Officiel du protocole additionnel sur la violence faite aux femmes, pourtant voté par le Parlement.

Parallèlement, la ministre chargée de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et des Affaires sociales, Bassima Hakkaoui a annoncé le lancement, en mai dernier, de l'Observatoire national de la violence faite aux femmes. Une coquille vide, selon Rouissi qui explique: "l'Observatoire ne peut mener efficacement ses missions en l'absence d'une Haute autorité à laquelle il sera rattaché. C'était d'ailleurs la proposition que le groupe parlementaire du PAM avait formulée; une proposition de loi qui régit sa création, son fonctionnement et ses attributions. L'idée de l'observatoire de la violence faite aux femmes est née bien avant l'adoption de la Constitution 2011, et beaucoup de membres s'en sont retirés, estimant que la création de la Haute autorité était prioritaire."

Au delà des tractations internes au sujet de la parité et de la lutte contre toutes les formes de discriminations, le Maroc figure parmi les principaux pays visés par la convention d'Istanbul, de par son statut avancé avec l'U.E.

Pour rappel, la convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique a été ratifiée par 18 pays, et signée par 18 autres. La convention, qui est entrée en vigueur le 1er août 2014 après sa ratification par Malte le 29 juillet de la même année, a pour but d'assurer un minimum de protection aux victimes. Les Etats, qui ont ratifié cette convention, s'engagent, en plus, à adapter la législation nationale afin de criminaliser toutes formes de violence basée sur le genre: mariage forcé, harcèlement, avortement forcé, stérilisation forcée... etc.

Ce texte, élaboré par le Conseil de l'Europe et à destination des pays membres de l'Union européenne et des pays de la région Mena et du Moyen-Orient, n'a à ce stade été ni signé ni ratifié par le Maroc, même si, dans sa phase d'élaboration, les émissaires européens se sont entretenus avec les responsables du gouvernement marocain.

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Amine Belghazi
Le 5 août 2015 à 10h32

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