Cinq projets innovants pour démarrer le Cluster solaire
Masen (Morrocan Agency for Solar Energy), inaugure ce jeudi 9 juillet, non pas un champ solaire, mais un espace d’incubation et de développement de projets touchant à l’énergie solaire.
Sis au Zénith à Sidi Maârouf, au sud de Casablanca, cet espace sera à la fois le siège du Cluster solaire et un incubateur de projets industriels.
D’ailleurs son inauguration, par Mustapha Bakkoury, président du cluster, a été l’occasion de présenter les projets sélectionnés dans le cadre du programme Fast Track to Market (FT2M), lui même une composante de Green Business Booster.
Pour faire simple, Masen a créé un cluster dédié au développement d’une industrie locale dans l’énergie solaire. Le cluster offre des services aux entreprises, dont des mécanismes d’encouragement ou de propulsion.
C’est ce que coiffe le service Green Business Booster. Le FT2M en fait partie. Ce dernier est un plan d’action mis en place en partenariat avec le Centre marocain d’innovation climatique (CMIC) et la Coopération technique allemande (GIZ).
Comme son nom l’indique, c’est un programme qui accélère l’entrée sur le marché d’une entreprise innovante.
Dans sa première édition, le FT2M a retenu 5 projets sur une trentaine de candidatures. Ils ont tous la particularité d’associer deux éléments clés: l’innovation et la réponse à une attente du marché. Ci-dessous, voici les fiches de chacun des projets.
1- Onduleur Bevar
L’idée de créer cet onduleur vient de l’expérience de l’irrigation par pompage solaire. En effet, l’utilisation de l’énergie solaire n’est pas linéaire. Elle subit des fluctuations en fonction de la force des rayons.
Plus ces derniers sont forts, mieux se comportent les installations et moins coûteuse est la facture énergétique.
Sauf que la faiblesse des rayons solaires, surtout le matin et en fin de journée, oblige les exploitants agricoles à faire appel à l’électricité produite par le réseau public ou par un générateur.
La fiche du projet explique l'intérêt du projet de la manière suivante:
"Le pompage solaire nécessite l’utilisation d’équipements appelés «onduleurs», qui convertissent l’énergie fournie par les panneaux solaires (électricité continue «DC») en énergie compatible avec les moteurs électriques utilisés par les pompes (électricité alternative « AC » à fréquence variable).
"Ces onduleurs doivent exploiter au mieux l’énergie fournie par les panneaux solaires pour alimenter les moteurs des pompes, mais celle‐ci ne peut pas être utilisée lorsque le niveau d’ensoleillement est insuffisant: début et fin de journée, passages nuageux. Les onduleurs actuellement sur le marché utilisent alors l’énergie provenant du réseau public, lorsqu’il est disponible, ou l’énergie provenant d’un groupe électrogène par conséquent l’énergie qui provient des panneaux solaire est totalement perdue.
"Le projet BeVar a pour objet de développer un onduleur innovant qui permet, dans cette situation de sous ‐ensoleillement, de récupérer l’énergie des panneaux solaires et de l’additionner à l’énergie électrique provenant du réseau ou du groupe électrogène.
"Ainsi, la consommation d’énergie provenant du réseau public ou du groupe électrogène est réduite au maximum, permettant ainsi des économies significatives et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La puissance maximum de l’onduleur BeVar sera de 45kW, ce qui correspond à la majorité des demandes du marché visé."
Le projet est porté par Lexis Engineering Systems et NRJ International. Il nécessite une enveloppe de 988.000 DH, dont une contribution de FT2M à hauteur de 494.000 DH. Le projet cible l’industrialisation avec l’installation d’une fabrique d’onduleurs à grande échelle, puisque le marché africain est dans la ligne de mire.
2- Eco Lux ou hamman écologique
Un hammam a besoin de deux choses: l’eau chaude et un environnement chaud. La société ERDK présente un projet dans ce sens. Son idée est de développer des applications qui servent à capter la chaleur pour en faire un «combustible». Plus précisément, l’eau chaude sanitaire utilisée est récupérée pour préchauffer l’eau neuve.
Sa deuxième idée est de fabriquer des variantes d’isolation thermique destinées aux hammams et aux cabines individuelles à usage domestique.
La combinaison des deux idées favorise le développement du hammam écologique, avec une facture énergétique quasi-nulle. Les porteurs du projet, qui doivent mobiliser 993.000 DH de capitaux, dont un apport de 496.500 DH de FT2M, tablent sur la rénovation de 50 hammams publics par an, à un prix moyen de 150.000 DH chacun. Ils comptent aussi capter le marché domestique avec l’installation de 75 cabines par an, à un prix moyen de 20.000 DH.
3- Les déchets par le solaire
L’idée est innovante, mais pas nouvelle. En décembre 2014, PEPS & NST ont présenté leur concept de Four-SMO (Four solaire-micro-onde).
Déjà exploitable, ce procédé permettra, selon ses promoteurs, de traiter jusqu’à 27 tonnes/jour de produits carbonés hydratés et produira jusqu’à 18 tonnes de charbon synthétique ainsi que 376 kWh d’électricité de cogénération.
La nouveauté, en revanche, réside dans l’installation d’un complément, appelé SMO-Thermo, pour transformer le charbon en électricité par cycle de turbinage thermodynamique.
Le projet mobilisera 1,3 million de DH, dont 500.000 DH apportés par FT2M.
4- Biofertilisant
Biodôme compost, c’est son nom, est un projet qui consiste à collecter et à composter des déchets ménagers collectés à la source.
L’ossature du projet repose donc sur le développement d’un composteur made in Morocco. L'objectif du projet est justement le développement d'une filière industrielle autour de la production de compost.
Selon les estimations des porteurs du projet, l’utilisation de ce procédé réduira une fraction des déchets managers, dont le traitement coûte 400 DH la tonne entre frais de collecte et d’enfouissement.
L’investissement dans ce compost est estimé à 1,07 million de DH, dont un apport de 500.000 de FT2M.
5- Chauffe-eau made in Morocco
Vous l’avez compris, il s’agit de la fabrication d’un chauffe-eau solaire marocain fonctionnant à la pression atmosphérique. Le projet est mené par Kauser Eco et l’Université Internationale de Rabat. Les deux partenaires associent Ergon Energy Solutions, une entreprise spécialisée dans les solutions pour les énergies renouvelables, pour développer un concept innovant.
Sans verser dans le technique, le concept parie sur un procédé de fabrication qui diminue les pertes thermiques et réduit le coût de revient.
Le chauffe-eau solaire marocain mobilisera un million de DH de capitaux, dont le quart émane de FT2M.
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