Exclusif. FIFA: les confidences de Saïd Belkhayat (vidéo)
Said Belkhayat, ex-président du MAS, conseiller de Lakjaa et quatre fois membre des comités de candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde de football, revient pour Médias 24 sur les candidatures marocaines et sur le récent scandale à la Fifa.
Quatre candidatures pour l’organisation de la Coupe du monde de football soldées par quatre échecs! Retour sur ce grand défi que s’est fixé le Maroc, pas encore abouti à ce jour. Verbatim.
France 98, une candidature politique
Il était clair et net que le Maroc n’allait pas organiser la Coupe du monde 98, et pour cause, il y avait un concurrent de taille, la France. «La France avait un dossier solide et voulait à tout prix organiser cette édition de la Coupe du monde. De notre côté, je pense que notre candidature était plus une candidature politique», déclare, en toute franchise, Said Belkhayat, à Médias 24.
Mettre les bases pour une prochaine candidature était la stratégie. «À l’époque, nous n’avions pas l’infrastructure de base que nous possédons aujourd’hui. Au niveau médical, ce n’était pas assez satisfaisant non plus. L’objectif était de gagner en crédibilité, pour les candidatures suivantes.»
"On aurait pu mieux faire que l’Afrique du Sud en 2010"
Si le Maroc était proche de l’organisation d’une Coupe du monde, c’était en 2010, édition finalement organisée par l’Afrique du Sud. Selon le "Sunday Times", le Maroc s’est fait voler l'organisation de ce Mondial. M. Belkhayat rétorque: "Voler? Non je dirais détourner. Nous avions un dossier magnifique, nous aurions pu mieux faire que l’Afrique du Sud, même si elle a assuré. Mais Blatter tenait à donner la Coupe du monde à l’Afrique du Sud, car c’est elle qui devait, selon lui, organiser l’édition de 2006".
Pour M. Belkhayat, le plus gros scandale de Coupe du monde était passé lors de la désignation du pays hôte pour l’édition de 2006. «Pour faire gagner les Allemands en 2006, on fait kidnapper, voyager un membre de la CAF, Charles Dempsey, qui avait disparu la nuit du vote. Avec ce départ, l’Afrique du Sud n’a pu avoir que 11 voix contre 12 pour l’Allemagne. Si Dempsey était resté, il y aurait eu égalité, et avec Blatter qui avait donné sa voix à l’Afrique du Sud, c’est elle qui gagnait, logiquement.»
"Warner et Blazer sont des escrocs"
Pour M. Belkhayat, Jack Warner et Charles Blazer cherchent à salir l’image du Maroc. «Ce sont des escrocs qui cherchent à salir l’image du Maroc, car ils savent que le Maroc va venir pour déposer sa candidature en 2026 et qu’il aura beaucoup de chances de l’avoir»
En ce qui concerne les pots-de-vins pour décrocher l’organisation de la Coupe du monde, M. Bekhayat dément catégoriquement. «Il n'a jamais été question d’argent. Il est vrai qu’on recevait bien les gens, mais c’est la tradition et l’hospitalité marocaines. Nous donnions comme cadeaux des produits de l’artisanat, qui ne coûtaient pas plus de 1.500 DH.»
"Blatter n’a pas démissionné"
Le président de la Fifa Sepp Blatter a-t-il démissionné? «Pour moi, il n’a pas démissionné. Il a dit qu’il remettait son mandat lors d’un congrès exécutif.» Un Blatter qui, malgré ses multiples bourdes, a grandement développé le football, selon M. Belkhayat. Pour lui, c’est le système de présidence de la Fifa qui fait défaut. «Il faut reconnaître que malgré tout, Blatter est un grand président. Il a développé le football. C’est le système de présidence de la Fifa qui doit être refait. Il aurait dû le faire, il ne l’a pas fait.»
"Président de la CAF? Non, il faut être raisonnable"
Membre de la CAF, Said Belkhayat peut présenter sa candidature pour la présidence de la confédération, mais ne le fera pas. «Je ne crois pas que je suis l’idéal pour la CAF. Il y a des membres intéressants qui peuvent se présenter.» Pour lui, si un Marocain doit se réfléchir sérieusement à se présenter, c’est Fouzi Lakjaa. «Lakjaa doit s’investir pour ça. Il est jeune, brillant et visionnaire. C’est l’homme le plus désigné.»
Le football marocain est en bonne voie
Pour M. Belkhayat, il y a du progrès et une véritable envie d’aller de l’avant. «Il y a un retour massif du public. Le nombre de spectateurs se multiplie chaque année. La Botola va de mieux en mieux. La Fédération est en train de lancer un cycle de formation pour les directeurs sportifs et administratifs. Je recommande juste aux entraîneurs de penser plus à la formation.»
Ce que Belkhayat pointe du doigt dans le championnat marocain est le manque de longévité et de régularité. «Chaque année, les clubs enregistrent l’arrivée de plusieurs joueurs. Tout se chamboule d’un jour à l’autre et l’entraîneur se trouve perdu. Il faut qu'il y ait moins de turn-over. L’autre problème, c’est le manque de régularité des joueurs, un match ils sont excellents, puis le match suivant, le niveau baisse.»
(Vidéo: Lotfi Mouannis)
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