Premiers détails sur le partenariat FinanceCom et Saham
Les deux géants panafricains de la banque et de l’assurance s’associent pour profiter de complémentarité de métiers et développer leur réseau d’agences en Afrique hors Maroc.
Les deux groupes ont ainsi décidé de sceller ce partenariat par la création d’une structure juridique détenue à parts égales par l’un et l’autre, et dont l’objet sera de «se consacrer principalement au développement commun et à la coordination de plates-formes métiers présentant les synergies les plus fortes» annonce le communiqué conjoint.
Une mutualisation de services portant sur la bancassurance
Le projet de ce partenariat est de développer une gamme de produits financiers sur des métiers complémentaires aux groupe Saham et Bank Of Africa.
Les produits porteront essentiellement sur les métiers de la bancassurance - assurance-vie, complémentaires, garanties etc - et également de l’asset management. Les produits seront destinés à une clientèle corporate car c’est le segment le plus développé en Afrique.
Ce partenariat permettra à Saham d’adosser ses produits d’assurance à une banque, en les commercialisant en exclusivité dans le réseau d’agences BOA. De son côté, BOA pourra offrir une panoplie d’assurance avec des conditions préférentielles.
Les deux groupes pourront ainsi bénéficier du réseau d’agences en Afrique de chacun et faire valoir des économies d’échelle. Dans un premier temps, le partenariat s’étendra sur les 11 pays africains où sont présents en commun Saham et BOA, essentiellement en Afrique de l’Ouest. A terme, il pourrait permettre à Saham d’aller sur les marchés où BOA est seul présent, et inversement.
Aujourd’hui, le Groupe BOA est implanté dans 17 pays et Saham dans 19 pays africains (hors Maroc).
«Nous avons des stratégies similaires en terme d’expansion régionale en Afrique dans les services financiers et croyons au potentiel de ces service», résume Nadia Fettah, directrice générale déléguée de Saham Finances. «Nous envisageons d’accélérer notre présence dans les pays où BOA est déjà présent».
Un statut Casa Finance City est envisagé
La structure juridique aurait tout lieu d’être hébergée au Maroc à Casa Finance City. Pour Nadia Fettah, le choix de CFC comporte des chances, mais le sujet est encore à l’étude. Le souhait est en tout cas d’initier ce partenariat stratégique au Maroc puis installer une succursale en Afrique - éventuellement la Côte d’Ivoire - pour en faire un hub qui anime la région.
Dans le cas où l’installation se ferait au Maroc, le choix porterait sur CFC. D’ailleurs, Saham Corporate y est déjà domicilié.
Quelle place pour RMA Watanya?
Quant au rôle que pourrait jouer RMA Watanya - actionnaire de BMCE à hauteur de 30% - au sein du partenariat, les réponses côté Saham et Financecom sont mitigées.
Côté Saham, on fait valoir que le partenariat est avant tout entre Bank Of Africa et Saham, structuré autour d’un comité de pilotage opérationnel où les deux entités seront représentées. Ce partenariat permettra de travailler en dehors du Maroc.
Or RMA Watanya est surtout présent sur le marché national, et ne développe que nouvellement son activité en Afrique Subsaharienne. La directrice de communication de Saham ajoute que probablement, RMA pourrait être partenaire du projet si Financecom décidait de s’appuyer sur cette structure. Mais pour le moment, RMA n’a pas été invité à la table des négociations.
Côté BMCE-BOA, le DGA du pôle communication précise que la participation de RMA est une implication stratégique du partenariat qui est pour le moment à l’étude.
En tout état de cause, la participation de l’assurance conforterait son ambition d’expansion africaine. Pour rappel, elle avait pris en 2014 le contrôle de compagnies opérant en Côte d’Ivoire, au Togo et au Cameroun et à cette occasion avait annoncé sa volonté de s’implanter dans 10 pays africains d’ici 2020.
Un partenariat historique
Saham et BOA sont déjà des partenaires proches en Afrique. Lorsque Saham a entrepris sa conquête africaine en rachetant le groupe d’assurances Colina, il est devenu co-actionnaire avec Bank Of Africa. BOA et Colina ont depuis cédé leurs participations croisées. «Ces participations historiques ont permis de construire une collaboration entre les deux groupes», explique Nadia Fettah. Toutefois, il ne s’agit pas aujourd’hui de revenir sur ces vestiges historiques, et la nature du partenariat ne sera pas d’ordre capitalistique.
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