Rencontre avec Herbie Hancock, une légende du jazz au Maroc
Le 5 mai à Rabat et le 6 mai à Marrakech, ça va jazzer ! Médias 24 à rencontré celui qui a révolutionné l’art du clavier acoustique et électrique.
Après avoir parcouru toute la planète, le mythique Herbie Hancock pose enfin ses valises au Maroc pour deux concerts exceptionnels au théâtre Mohammed V de Rabat et au palais Badii de Marrakech.
Accompagné de la chanteuse Dee Dee Bridgewater et du Thelonius Monk Institute, Herbie Hancock va faire régner le jazz sur ces scènes dans ce qui promet d’être des soirées musicales très spéciales.
Lors de la conférence de presse qu’il a donné lundi 4 mai à Rabat, Médias 24 a pu interviewer ce monstre sacré pour un entretien exclusif.
Vingt cinq ans après vous avoir vu en concert à Paris avec votre groupe, vous avez toujours un look d’adolescent malgré vos soixante quinze printemps!
Merci pour le compliment, vous n’êtes pas mal non plus après un quart de siècle (rires).
Plus sérieusement, je crois que l’esprit du jazz en particulier et celui de la musique en général n’y sont pas pour rien.
Le bouddhisme que je pratique depuis 50 ans aide aussi à conserver mon corps et mon esprit.
Est-il vrai que vous vous produirez encore au Maroc en 2016 à l’occasion de la 19e édition du festival gnaoua d’Essaouira ?
C’est la première fois que je me produis au Maroc à l’invitation de l’ambassadeur des Etats-Unis.
Il n’est cependant pas exclu que je revienne, sachant que Wayne Shorter et Marcus Miller m’ont dit beaucoup de bien de ce festival auquel participera le saxophoniste Kenny Garret cette année.
Sachant que vous êtes très attiré par la fusion, connaissez-vous la musique des gnaouas ?
Bien sûr, je pense d’ailleurs sérieusement à faire collaborer un maître gnaoua à mon dernier album. Les rythmes gnaouis sont à la fois basiques et essentiels pour tout amateur de fusion et donc de jazz.
Quel est le répertoire que vous allez jouer demain aux côtés de la chanteuse Dee Dee Bridgewater et de l’orchestre du Thelonius Monk Institute ?
Ce sera une surprise car le jazz est avant tout une question d’improvisation, nous aviserons en fonction du public et des émotions ressenties dans votre pays avant le concert.
Vous donnez une master class aujourd’hui pour 30 jeunes musiciens marocains. Il semble que produire de la musique n’est pas assez pour vous car vous êtes aussi ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco et créateur de la Journée mondiale du jazz.
En effet, j’ai créé la Journée mondiale du jazz qui a lieu chaque année au mois d’avril et je suis ravi de la célébrer aussi au Maroc car cette musique est une tête chercheuse explosant les genres musicaux.
Concernant la master class, il est essentiel de transmettre le goût de cette musique aux jeunes générations car contrairement aux idées reçues, elle n’est pas élitiste.
Malgré mon très jeune âge (rires), il est temps pour moi de passer le relais aux jeunes en leur donnant ce que d’autres comme Miles Davis m’ont prodigué comme enseignement !
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