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Comment sont élaborées les épreuves du baccalauréat

A quelques semaines du début des épreuves du baccalauréat, Médias 24 se penche sur l'élaboration des épreuves. Mohamed Sassi, directeur central de l'évaluation et des examens au ministère de l'Education nationale nous en dévoile le mécanisme.  

Comment sont élaborées les épreuves du baccalauréat
Amine Belghazi
Le 28 avril 2015 à 15h46 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

"L'élaboration des épreuves du baccalauréat se fait actuellement sur une base contractuelle et consensuelle, entre l'examiné, l'enseignant, l'inspecteur et les commissions en charge de l'élaboration des épreuves," nous déclare d'emblée M. Sassi. En effet, depuis 2006, un cadre référentiel est élaboré avant le début de la phase d'élaboration des épreuves.

Un cadre référentiel préalable à l'élaboration des épreuves

Le cadre référentiel précise les caractéristiques de chaque composante de chaque matière, en déterminant l'importance de chacune d'entre elles.
"En mathématiques par exemple, il existe principalement quatre modules. Il s'agit de l'analyse, des fonctions, de la probabilité et de lé géométrie. Evidemment, toutes ses composantes n'ont pas le même degré d'importance. Des commissions composées d'enseignants et d'inspecteurs expérimentés sont désignées, pour chaque branche et chaque matière, afin de hiérarchiser les composantes en fonction de leur importance dans la matière enseignée. Cette évaluation se base sur l'ensemble des références et documents qui peuvent aller des correspondances aux contenus des programmes et des manuels scolaires" nous apprend M. Sassi.

Une première mouture du cadre référentiel est élaborée pour chaque matière. Elle est ensuite présentée aux différentes académies qui expriment leurs avis ou propositions lors d'une réunion organisée au sein du centre national de l'évaluation et des examens, jusqu'à l'adoption d'un cadre référentiel satisfaisant et adéquat.

"Nous procédons ensuite à une large diffusion du cadre référentiel. Tous les enseignants en ont une copie, et les candidats aussi, via la plateforme taalim.ma. Les étudiants reçoivent également quelques modèles d'épreuves sur lesquels ils peuvent s'entraîner," nous apprend notre source.
Mais pourquoi informer les étudiants du contenu du cadre référentiel? "Il s'agit d'un moyen qui sert à canaliser les efforts de l'élève, et aussi d'éliminer une grande partie du stress lors du passage de l'examen."

Les épreuves élaborées en commissions

La deuxième phase concerne l'élaboration et le développement des examens qui se fait sur la base de l'évaluation des dernières épreuves. Ce travail qualitatif se penche essentiellement sur la performance des élèves lors des dernières épreuves. Il permet d'identifier les questions discriminantes, et d'avoir un feedback sur la qualité des anciens sujets.

En suivant le cadre référentiel préalablement établi, les enseignants proposent dans chaque délégation une version de l'épreuve de la matière qu'ils enseignent. L'inspecteur général se charge de trier ces propositions en fonction de leur conformité avec le cadre référentiel, de leur nouveauté et de leur pertinence. "Ces propositions permettent d'avoir une idée sur les modules auxquels les enseignants accordent le plus d'importance dans leurs cours."

Ces sujets sont ensuite transférés aux coordinateurs des différentes commissions régionales qui choisissent les 3 meilleures propositions pour chaque matière. Ces versions sont ensuite transférées au centre national sous pli confidentiel. "En tout, pour chaque matière, ce sont près de 48 versions qui sont envoyées au centre national de l'évaluation et des examens, où les commissions nationales étudient l'intégralité des propositions, pour retenir les propositions sérieuses et intelligentes, avant de les retravailler en changeant les données et les détails."

Ces commissions nationales travaillent bien entendu dans le secret et sous contrôle du ministère. Elles sont composées de 4 à 12 membres qui sont nommés par le ministre de l'Education nationale. 

Ces commissions doivent se réunir au minimum 6 fois, chaque rencontre dure au moins 3 jours. Tout au long de cette période, les membres des commissions sont intégralement pris en charge par le ministère. "Les réunions commencent à 8h et peuvent ne se terminer qu'à 4h du matin!" témoigne M. Sassi.

Au final, trois versions différentes sont retenues pour chaque matière: une version pour la session normale, une deuxième pour la session de rattrapage et une troisième version de réserve.

Elaboration des règles de correction et simulation

La grille de correction accompagne les épreuves retenues par les commissions nationales. Elle est d'ailleurs élaborée par la même commission en tenant compte des éléments contenus dans le cadre référentiel.

Deux autres membres de chaque commission qui ne participent pas à l'élaboration des épreuves, passent un test de simulation, dans les conditions de l'examiné. "Cette phase permet d'identifier les imperfections que peuvent contenir les épreuves. Il peut s'agir d'omissions ou d'oublis, d'ambiguïté, de manque d'informations ou d'erreurs", nous indique M. Sassi.

Par ailleurs, concernant la phase de correction, la grille de notation doit être la plus précise possible afin de limiter la marge d'appréciation de l'enseignant correcteur, et ce, pour ne pas biaiser les notations.
"Il y a environ 3,8 millions de copies qui sont notées. Et la notation peut varier d'un correcteur à l'autre. C'est pourquoi nous avons mis en place des commissions de correction composée de 3 à 6 membres, au niveau de chaque centre de correction" nous déclare notre source. Et d'ajouter: "avant d'entamer la phase des corrections, ces commissions passent par une séance d'harmonisation. Une correction expérimentale, durant laquelle ils comparent les notes attribuées par chacun à un échantillon de 10 copies, permet de réduire les écarts de notation entre les différents correcteurs."

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Amine Belghazi
Le 28 avril 2015 à 15h46

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