Tanger: Sumilon lance le recyclage des bouteilles en plastique
L’industriel indien commence en juin sa production de bouteilles à partir de matériau recyclé et visera ensuite le secteur automobile. L’investissement est de 23 millions d’euros dans une première phase, puis 10 millions en 2016.
Après 12 mois de démarches et de travaux, l’indien Sumilon Industries s’apprête à faire tourner ses machines dans sa nouvelle usine de Tanger Automotive City (TAC).
Les machines, « 100% neuves, principalement allemandes et italiennes », seront là fin mi-mai. souligne Rajneesh Mittal, le PDG de l’usine Sumilon du Tanger. Notre production démarre avant fin juin.
L’industriel indien investit 23 millions d’euros dans une première phase, puis 10 autres millions en 2016.
« Nous allons recycler les bouteilles en plastique PET des eaux minérales et des sodas dans un premier temps. De cette matière première nous faisons de nouvelles bouteilles. C’est la première usine du genre du Maroc » explique le PDG de l’usine Sumilon.
L’unité industrielle compte 15.000 m² dans un premier temps avec un investissement de 23 millions d’euros. Un lot supplémentaire de 8.400 m² déjà acquis abritera l’extension prévue pour 2016. Selon Rajneesh Mittal, « 100 personnes doivent être embauchées au cours des 12 à 18 prochains mois ».
Sumilon Industries sera la deuxième unité active sur la nouvelle zone industrielle TAC en juin prochain. Une demi-douzaine d’autres chantiers sont en cours. Deux à trois nouvelles annonces d’investissement sont attendues pour la fin de la semaine actuelle.
Recyclage intégral
M. Mittal explique son travail, entre dans les détails. « Ce que nous faisons, ce n’est pas de la collecte mais du recyclage. Nous nettoyons les bouteilles, les trions par couleurs, usage et matériau de fabrication. Nous faisons un traitement anti-microbes et décontamination et nous lavons de nouveau ». Après cela les bouteilles sont à nouveau lavées. Mais nous ne sommes encore qu’à la première petite moitié du processus.
M. Mittal explique : « Nous faisons un processus de dépolymérisation et faisons des bouteilles en plastique PET de Sidi Ali ou de Coca de la pâte assez liquide - free flowing paste- et nous polymérisons de nouveau. C’est la manière correcte de faire des emballages plastiques pour l’industrie alimentaire » précise Rajneesh Mittal.
Après avoir fondé des unités en Inde dans l’Etat du Gujrat, en Turquie, en Thaïlande et aux Etats-Unis avec ses associés, M. Mittal se tourne donc vers le Maroc. « Nous allons exporter la totalité de notre production les premières années. Dès la fin de cette année nous commençons à démarcher les professionnels de l’automobile pour leur proposer nos services ». Cela constituera une nouvelle activité pour l’industriel indien.
Jusqu’à présent, Sumilon Industries recycle le PET et fabrique notamment des fils polyester, en nylon et en coton pour le textile, divers types de films d’emballage et recycle le métal.
Faire du business avec du sens
Mittal est désormais tout concentré sur ses futures bouteilles en plastique. Celles qu’il fabrique aux Etats-Unis ou en Turquie sont approuvées par la Food and Drug Administration (FDA) américaine et les services de l’Union européenne.
Interrogé sur son intérêt pour le Maroc, Mittal l’explique par la responsabilité du chef d’entreprise. « Celui-ci a deux responsabilités indique-t-il. Développer son affaire et en faire une entreprise rentable et pérenne, et une responsabilité sociale : avoir une activité avec un impact social positif ».
« Le Maroc représente pour nous une porte d’entrée vers de nouveaux marchés. Nous sentons qu’il existe ici une vision pour les affaires, une vision pour le développement du pays. Nous y avons trouvé une écoute ».
Au cours de son parcours d’investisseur, M. Mittal est notamment passé par le ministère du Commerce et de l’Industrie, l’Agence marocaine de promotion des investissements (AMDI) et la Tanger Free Zone (TFZ) qui dispose d’un guichet unique et de ressources humaines qualifiées.
Rajneesh Mittal a étudié le commerce et la gestion à Mumbaï et travaillé chez le pétrochimiste indien Reliances Industries avant de développer ses propres affaires. Il a vécu avec sa famille à Istanbul et devrait faire venir son épouse et ses filles à Tanger avec des inscriptions prévues à l’Ecole américaine.
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