Najwa Koukouss, de Derb Soltane à la tête de la jeunesse du PAM
Après une vague féminine à la tête des ONG des droits humains, comme Amina Bouayach, Khadija Riadi, Khadija Marouazi, l’heure des femmes à la tête d’organisations partisanes est-elle venue?
En tous les cas, c’est parti. Car après Nabila Mounib à la tête du PSU, voilà Najwa Koukouss Raji, à 25 ans, à la tête de la jeunesse du PAM. Mais qui est cette jeune?
Pour ceux qui suivent les jeunesses des partis, Koukouss n’est pas née de la dernière pluie. Mais si le nom de cette native de Derb El Fokara au quartier populaire de Derb Soltane à Casa, revenait en boucle comme une sérieuse candidate à la tête de la jeunesse du PAM, il n’en demeure pas moins qu’elle vient de loin. Car contrairement à d’autres candidats qui mettaient en creux leur nom de famille afin de remporter le poste, cette fille a gravi tranquillement les échelons du parti.
L’intérêt de cette jeune pour la chose publique remonte à ses premières années où elle participe à l’âge de 8 ans lorsque ses parents l’envoient chez les scouts islamiques. Elle enchaîne ensuite par des activités dans la maison des jeunes du quartier. Mais c’est lors de son passage à une autre association locale qu’elle commence à nourrir un intérêt certain pour la politique.
Nous sommes après les élections de 2007. La création de mouvement pour tous les démocrates retient son attention, nous confie l’intéressée. Le discours du mouvement la séduit mais elle le suit de loin.
Petit à petit jusqu’en 2010 où elle obtient sa première carte d’adhérente au sein du PAM. C’est à partir de cette date qu’elle multiplie les actions. D’abord, elle rejoint le cercle des jeunes démocrates (CJDM), présidé par Mehdi Bensaid actuel président de la commission des affaires étrangères de la première chambre. Elle milite ensuite avec Khadija Rouissi à Bayt Al Hikma et ensuite au sein du mouvement de vigilance citoyenne.
L’année 2011 n’est pas une année que la jeune dirigeante veut se rappeler. Et pour cause, elle a été contre le mouvement du 20 février, et elle n’a pas manqué de le faire savoir.
Quand on lui demande si elle maintient toujours son opposition au mouvement, elle commence par nier, avant de dire que la différence est dans les revendications politiques pas les revendications économiques ou sociales. Monarchiste convaincue, elle considère que la monarchie parlementaire n’est pas une revendication d’aujourd’hui mais un horizon.
En 2012, elle fait partie de la commission préparatoire du congrès extraordinaire qui a porté Mustapha Bakoury à la tête du PAM, et se fait élire par l’occasion au conseil national du parti. A partir de cette date, elle commence à se faire remarquer au niveau national. En 2013, elle rejoint l’équipe de Khadija Rouissi en tant qu’attachée parlementaire pendant un an, la période où Rouissi était vice-présidente du parlement.
Mais si tout prédestinait cette jeune à être une candidate sérieuse pour le poste de la jeunesse, elle se contentait, à la surprise générale, de se faire élire au conseil national, fermant ainsi la porte à une éventualité de se retrouver à la tête de la Chabiba.
Il n y a pas que la décision de Koukouss de ne pas se présenter qui avait surpris. Naji Elomari, fils de Ilyasse Elomari et militant actif du PAM, ne s’est pas présenté non plus. Khalid Achibane ou Omar Alaoui qu’on présentait comme des leaders de la jeunesse du PAM n’ont même pas pu assurer leur élection au conseil national, selon nos sources. Dans une déclaration à Médias 24, Omar Alaoui affirme par contre qu'il ne s'est pas présenté à ces élections. Il ajoute qu'il a refusé d'être désigné à la faveur de la liste des "compétences" qui regroupe les membres désignés au conseil national mais non élus.
Mais comment Najwa s’est elle retrouvée à la tête de la Chabiba? D’abord par les ruses des règles du parti. Puisque le bureau politique a le pouvoir de nommer deux des vingt-sept membres de l’organe dirigeant.
Mais il faut aussi convaincre la concernée. Selon nos sources, c’est Ilyas El Omari lui-même qu’il l’appelle au téléphone lundi dernier pour lui faire changer d’avis. Chose faite, c’est ensuite Adil Atrassi, élu local du PAM et jeune fort à l’intérieur du parti, qui a fait campagne avec elle.
Maintenant élue, Najwa Koukouss Raji vise à rassembler les jeunes de son parti, attend les résultats du concours des avocats qu’elle a passé, et prépare sa candidature pour les élections communales prochaine où elle va se présenter dans sa ville natale, Casablanca.
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