Santé. Les services mobiles d’urgence se déploient au Maroc
Samu, Smur et HéliSmur permettent de sauver des vies avec le déplacement d’équipes médicales au chevet des patients. Mais les effectifs médicaux sont insuffisants.
Le plan d'action des urgences médicales 2012-2016 tient ses promesses. Sur le plan logistique, le ministère a déployé des moyens sophistiqués d'intervention :
- les services d'aide médicale urgente (Samu),
-les services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur),
-les HéliSmur, les hélicoptères équipés pour intervenir au chevet des patients ou les transférer vers l’hôpital le plus adapté.
Médias 24 a rencontré le Docteur Ikram Afifi, spécialiste en santé publique et Chef de la division des urgences et secours auprès de la direction des hôpitaux et des soins ambulatoires du ministère de la Santé. Il nous explique tout sur le fonctionnement de ces nouvelles unités.
Le Samu permet la prise en charge immédiate du patient
La particularité du Samu réside dans le fait que la prise en charge intervient à partir du moment de l'arrivée des secours. Les engins terrestres ou aériens sont équipés du matériel nécessaire à la prise en charge urgente des patients secourus.
Un numéro de téléphone, le 141, opérationnel depuis 2012 dans la région de Marrakech, permet de lancer l'alerte dès la constatation de l'urgence hospitalière. Un centre de régulation des appels médicaux est dédié à cette tâche, et est autonome tant sur le plan du diagnostic des cas, que sur les interventions.
"Au moment de la réception de la demande de soin, un médecin présent ou relié à la plate-forme fait une évaluation de la gravité du cas et dresse un diagnostic rapide du besoin de la personne à secourir, explique le Dr Afifi. Ce diagnostic permet de mobiliser des spécialistes dans le cas où l'urgence l'impose. Il coordonne également avec les autorités sur place pour s'informer du meilleur vecteur (Smur terrestre ou HéliSmur aérien) à mobiliser, en prenant en compte l'éloignement, l'urgence, les conditions météorologiques et les d'accès terrestres possibles."
Les autorités, dont la gendarmerie royale, délivrent les indications GPS nécessaires pour l'atterrissage de l'hélicoptère, tout en sécurisant le périmètre. "Cette phase de coordination entre les différents services ne dépasse pas généralement 15 minutes" selon le Dr Afifi.
A l'arrivée des unités mobiles, les interventions peuvent êtresoit effectuées sur place, soit après acheminement de la personne vers le Centre hospitalier régional (CHR) ou universitaire (CHU) dans lequel se trouve la/les spécialités les plus appropriées au cas secouru.
Les inondations dans le sud ont prouvé l'efficacité du dispositif
Mis à l'épreuve lors des récentes inondations qui ont touché le Sud du royaume, et de la vague de froid qui a atteint plusieurs régions enclavée en janvier dernier, les HéliSmur se sont imposés comme moyens efficaces d'atteindre les populations sinistrées.
Depuis 2012, l'HéliSmur de Marrakech a réalisé pas moins de 68 opérations dans plusieurs régions avoisinantes. A Oujda, le même vecteur a enregistré 8 opérations depuis son lancement le 12 janvier dernier. "Nous disposons à Marrakech et à Oujda d'hélicoptère capables d'intervenir dans un rayon de 300 kilomètres" nous explique le Dr Afifi, avant d'ajouter: "en janvier dernier, l'héliSmur de Marrakech a réalisé une performance de deux rotations par jour."
Si l'héliSMUR tourne à pleine capacité, il pourrait atteindre en moyenne jusqu'à 3 rotations quotidiennement. "Cela dépend du trajet à parcourir, de la durée de l'intervention et de la visibilité. Les hélicoptères dont nous disposons actuellement ne peuvent se déplacer que le jour" explique notre source.
Pour l'heure, le Chef de division des urgences et secours nous confie que l'héliSmur de Laayoune est disponible, et que son coup d'envoi sera donné incessamment : "nous disposons à Laayoune d'un hélicoptère capable d'assurer une couverture sur un rayon de 600 kilomètres. Car, même si la densité de la population n'est pas aussi importante que dans le nord, les distances à parcourir sont plus importantes."
"Un quatrième service d'urgence du même type sera lancé durant l'année 2015 à Tanger", nous apprend la même source.
Les services souffrent d'un manque en ressources humaines
Si les nouveaux services d'urgence fonctionnement apparemment sans ennuis, un obstacle de taille se dresse devant l'expansion de la couverture des Smur et des HéliSmur. Questionné par nos soins sur les contraintes rencontrées lors de l'exercice de leurs missions, le Dr Afifi insiste en affirmant que le seul frein est celui des ressources humaines: "de par la nature du service et de la rotation, il faut compter cinq équipes par véhicule. A ce stade, nous n'avons pas assez de médecins pour assurer la réserve en cas d'absence d'un des membres."
Selon lui, la principale cause est que la spécialité en médecine urgentiste n'est pas suffisamment mise en avant, et souffre d'un sérieux problème d'accompagnement, et ce malgré l'ouverture de la filière urgentologie dans le programme de formation de faculté de médecine au Maroc.
"Actuellement, dans la fonction publique, les urgentistes perçoivent le même salaire que les autres spécialistes, pour une charge de stress et de travail beaucoup plus importante. C'est la raison principale qui pousse les étudiants à déserter cette voie" estime Dr Afifi, avant de conclure: "il faudrait mettre en place un système basé sur la motivation, pécuniaire entre autres, afin d'inciter les médecins à emprunter cette voie."
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