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ECONOMIE

Ouzzine. Encore un rendez-vous manqué avec la reddition des comptes

Le limogeage d’Ouzzine sans publication des résultats de l’enquête sur le stade Moulay Abdallah montre, encore une fois, à quel point l’Etat est fâché avec le principe de redevabilité et méprise le droit d’accès à l’information.  

Ouzzine. Encore un rendez-vous manqué avec la reddition des comptes
Omar Radi
Le 8 janvier 2015 à 17h35 | Modifié 8 janvier 2015 à 17h35

Ceux qui espéraient que l’enquête sur le stade Moulay Abdallah -impraticable lors de la dernière Coupe du monde des clubs, malgré un investissement de réhabilitation très élevé - allait constituer un tournant en matière de redevabilité, peuvent aller se rhabiller.

L’enquête qui devait n’être que le début d’un processus de reddition des comptes et d’explications de la part de l’ex-ministre de la Jeunesse et des sports, Mohamed Ouzzine, a été bouclée par le limogeage de ce dernier, une décision proposée par le Chef du gouvernement et avalisée par le Roi Mohammed VI.

Ni les détails de l’enquête, ni ses conclusions complètes n’ont été rendus publics. C’est dire toute l’attention portée par l’Etat au droit du citoyen de s’informer de la chose publique.

"Et pourtant, à en croire ce qui a été publié ça et là, comme des contrats de publicité aux soupçons de conflits d’intérêts, cette affaire devait normalement aboutir dans une juridiction," affirme Azeddine Akesbi, ancien secrétaire général de l’Association marocaine de lutte contre la corruption, Transparency Maroc.

Ceux qui s’interrogeaient donc quant au détail des 222 millions de DH investis dans le stade, au niveau de transparence des marchés attribués, et de la réalisation des travaux… resteront sur leur soif. Comme d’habitude.

C’est que le Maroc est fâché avec la culture de la transparence et de la redevabilité. Selon Akesbi, il y a un double déficit, et culturel et juridique.

La reddition des comptes est, selon Azeddine Akesbi, un principe selon lequel toute personne ou institution ayant une mission publique se doivent de donner des explications concernant leur mode de gestion, afin de permettre au contribuable d’émettre un jugement. Sur le plan technique, il s’agit de la possibilité de mener des audits, y compris indépendants, et pouvoir donner des informations avérées sur les dysfonctionnements éventuels, afférents à la gestion de la chose publique, et rendre compte de ces anomalies.
Aujourd’hui, le public reste exclu du droit d’accès à l’information quant aux grandes préoccupations publiques.

"La charte de l’éducation date de 15 ans, elle a été suivie d’un programme d’urgence, et personne n’a donné les résultats de la première réforme avant de passer à la seconde, et personne n’assume ses responsabilités,” affirme Akesbi qui déplore un "flagrant cas d’absence de responsabilité politique et le mépris d’un droit démocratique fondamental".

L’éducation n’est pas le seul exemple. L’Initiative nationale de développement humain (INDH), dont l’Union européenne a refusé de financer la deuxième tranche car la transparence manquait dans la réalisation de la première, est une politique transversale menée depuis 2005, et sur laquelle aucun débat public n’a lieu.

Plus récemment, les inondations dans le sud du Maroc ayant causé la mort de plus d’une quarantaine de personnes en plus d’avoir révélé la vétusté des équipements routiers n’ont pas permis de dégager des responsabilités claires.

Ceci sans oublier toutes les commissions d’enquêtes, gouvernementales, parlementaires et judiciaires qui n’ont jamais rendu leur rapport: la commission d’enquête sur le projet Anfa place, dont les travaux ont été suspendus en 2009, puis redémarrés sans que personne n’ait pu donner d’explications, l’enquête sur les nourrissons vaccinés au DTC-Hib en 2008, l’enquête sur les violences policières à l’encontre des manifestants de l’affaire #Danielgate à Rabat, promise par les ministres de la Justice et de l’Intérieur et dont le rapport n’a jamais vu le jour, ou alors n’a jamais été rendu public...etc.

Aujourd’hui, il est nécessaire que le rapport sur le stade de Rabat soit publié.

Ne pas publier le rapport, c'est laisser la porte ouverte aux rumeurs, jeter la suspicion sur tous y compris ceux qui sont intègres. C'est donner raison au "tous-pourris". Il faut bien sûr accorder la présomption d'innocence à Ouzzine. Publier le rapport est aussi un moyen de l'innocenter.

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Omar Radi
Le 8 janvier 2015 à 17h35

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