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ECONOMIE

La baisse des cours du pétrole affecte l’exploration au Maroc

Les recherches gazières ne sont pas impactées. En revanche, la prospection pétrolière est touchée.

La baisse des cours du pétrole affecte l’exploration au Maroc
Jamal Amiar
Le 7 janvier 2015 à 12h41 | Modifié 7 janvier 2015 à 12h41

Dans le cas du Maroc, l’exploration pour le pétrole et pour le gaz est affectée différemment par la baisse des cours du baril de pétrole qui est descendu au dessous des 50 dollars. C’est la normalité pour le gaz, mais pas pour le pétrole.

Selon un porte-parole de Circle Oil joint par Médias 24, « les forages du Sebou et de Lalla Mimouna dans le Gharb fournissent du gaz qui est vendu sur la base de contrats à prix fixes ».  Ce gaz est actuellement vendu aux entreprises de la zone industrielle de Kénitra.

Kosmos Energy doit lancer l’exploration au large de cap Boujdour ce mois-ci. Une plateforme moderne vient d’y être acheminée.  En 2014, Kosmos  s’est concentré sur ses projets du Ghana où l’exploitation commerciale a démarré.

En revanche, la propriété des permis d’exploration de l’Ultra Deep Offshore a été modifié cet automne avec l’entrée de l’Australien Woodside. Mais aucune information ne filtre pour l’instant sur l’avenir de ce permis.

Plus de 15 sociétés sont aujourd’hui engagées dans l’exploration au Maroc. Dans le monde, Total, Chevron réduisent leurs investissements et Goldman Sachs parle d’un milliard d’investissements gelés.

Un business plan perturbé

Avec le Brent à 52 dollars en ce début de semaine et le WTI, West Texas Intermediate à moins de 50 billets verts le baril, la recherche intensive de nouveaux gisements devra attendre des jours meilleurs.

L ’annonce, en décembre dernier,  de l’engagement de l’Australien Woodside sur l’exploration de la zone Rabat Ultra Deep Offshore ne doit pas faire illusion. Malgré de nombreuses tentatives  auprès de l’Onhym et du ministère de l’Energie, Médias 24 n’a pu obtenir la moindre confirmation de la concrétisation des nouveaux contrats entre l’Onhym et Woodside.

Selon les Norvégiens de Rystad Energy, plus il faut de pétrole, plus on ouvre des puits à l’exploitation coûteuse. Si le pétrole du Moyen-Orient est produit à moins de 15 dollars le baril, en revanche le pétrole de schiste américain n’est pas financièrement rentable à moins de 60-65 dollars le baril. Dans l’Arctique, le coût se monte à 75 dollars le baril.

Pour être rentable, le pétrole offshore du plateau continental a besoin d’un prix du marché supérieur à 40 dollars le baril, et l’offshore profond 52 dollars.

En rapport avec l’évolution du marché du pétrole, Rystad qui suit de près l’évolution du secteur des services pétroliers et les valeurs boursières d’entreprises telles que Vallourec ou Technip, note la baisse régulière des carnets de commande et des chiffres d’affaires depuis début 2014. Toutes les courbes en la matière sont à la baisse.

L’offshore marocain malmené

Dans le cas du Maroc où de nombreuses recherches se font offshore, les coûts sont importants. Le maintien d’une plateforme pétrolière peut atteindre les 500.000 dollars jours, en personnels, approvisionnements, énergie et coûts de location de la structure. Il ne fait aucun doute en revanche que ce coût va baisser en 2015.

Autre obstacle de taille à la poursuite de l’exploration pétrolière : la levée de fonds. Les nombreuses petites et moyennes compagnies pétrolières qui s’activent sur le Maroc depuis une dizaine d’années ne trouvent pas grand-chose. Le succès d’une levée de fonds dépend d’abord de perspectives prometteuses.

Sur plus de 300 millions d’euros engagés dans l’exploitation pétrolière et gazière au Maroc en 2014 sur un total de 450 millions pour l’énergie et les mines, l’année 2015 risque de connaitre un net ralentissement. Selon l’Usine nouvelle qui cite une source marocaine, « une centaine de millions de dollars devraient être investis dans l’exploration en 2015 ».

Politique énergétique

2015, qui s’annonce plus frugale en nouvelles explorations pétrolières, devrait être mise à profit pour réorienter les investissements vers les énergies renouvelables. Le baril de pétrole devrait reprendre sa course vers le haut dans 12 à 18 mois, mais dans le même temps rien n’est moins sûr.

Des études  tablent sur un baril moyen à 75 dollars en 2015 et à 85 dollars en 2016. Mais en la matière, force est de reconnaître que rien n’est moins hasardeux que de prévoir le prix du baril. Celui-ci dépend de l’offre et de la demande, de la politique suivie par les Saoudiens et les Américains, de la situation au Moyen-Orient (nucléaire iranien, Israël-Palestine, guerre en Irak, guerre civile libyenne, etc.) ou encore des futurs besoins de financement des Russes.

Pour un pays comme le Maroc qui ne risque pas de devenir membre de l’OPEP dans un avenir prévisible, le bon sens recommanderait de conduire une politique énergétique basé sur la maîtrise de la consommation, des prix non subventionnés et l’investissement dans le renouvelable.

Le baril de pétrole orienté à la baisse, il faudrait aujourd’hui placer ces économies exceptionnelles dans la recherche et l’investissement dans le renouvelable. Ce serait sûrement plus rentable que de vendre le litre d’essence ou de gasoil à moins de 10 DH le litre.

A chaque fois que le prix du carburant baisse, sa consommation et donc les importations et la pollution augmentent. En la matière, il est temps de faire des choix orientés vers le long terme.

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Jamal Amiar
Le 7 janvier 2015 à 12h41

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