Le pétrole poursuit sa déroute
Les cours du pétrole sont tombés lundi pour la première fois depuis presque six ans sous les 50 dollars le baril à New York.
Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février a finalement cédé 2,65 dollars à 50,04 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit un plus bas en clôture depuis le 28 avril 2009. En milieu de séance, le prix du baril est passé sous la barre symbolique des 50 dollars, pour la première fois depuis près de six ans, mais il s'est ensuite un peu redressé pour finir juste au-dessus de ce seuil. "Maintenant que le marché est de retour après la période des fêtes, les investisseurs assimilent plusieurs éléments", après des échanges très réduits pendant deux semaines, souligne Bart Melek, de Commodity Strategy TD Services.
Le principal facteur de baisse restela production surabondante dans le monde. Outre l'essor de l'offre américaine, elle est "à son plus haut niveau depuis plusieurs décennies en Russie et en Irak" en décembre, note Phil Flynn de Price Futures Group, soulignant que la production russe avait atteint son plus haut niveau depuis la fin de l'URSS.
C'est notamment après la décision en novembre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir inchangé son niveau de production, à 30 millions de barils par jour (mbj), que la chute des prix s'est accentuée, même si elle avait commencé en juin dernier, après un pic à 106 dollars le baril.
Dans ce contexte, le ministère du Pétrole d'Irak, l'un des principaux membres de l'Opep, a annoncé lundi que les exportations de pétrole du pays avaient atteint en décembre leur plus haut niveau depuis 1980, même si la chute des cours du brut avait fait baisser ses recettes par rapport aux mois les plus récents.
Jusqu'à 40 dollars?
"Non seulement le marché du pétrole doit composer avec une offre surabondante, mais il doit aussi subir une chute de l'euro", remarque Phil Flynn. "Les inquiétudes sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro (...) font tomber l'euro à son plus bas niveau" depuis mars 2006.
La baisse de la monnaie européenne renforce le dollar, ce qui rend le marché du pétrole moins intéressant pour les investisseurs car les échanges y sont libellés en monnaie américaine. Les marchés craignent l'issue d'un scrutin législatif anticipé le 25 janvier en Grèce. Favorite, la gauche radicale "a prévenu qu'elle mettrait fin à l'austérité défendue par l'Allemagne, en cas de victoire", rappelle Phil Flynn.
Enfin, "sur le plan de la demande, on n'attend pas vraiment d'amélioration" au niveau mondial, commente Bart Melek. Déjà peu optimiste, le marché a été refroidi "pendant les fêtes (par) des chiffres peu encourageants venus d'Europe et de Chine, notamment de très médiocres indicateurs manufacturiers", renchérit John Kilduff, d'Again Capital.
Selon un indicateur officiel publié le jour de l'An, l'activité manufacturière en Chine, deuxième consommateur mondial de pétrole, a ralenti le mois dernier, à son plus faible rythme de croissance de 2014, en raison de la faiblesse de la demande.
Pour la même période, la zone euro n'a elle enregistré qu'une faible croissance de son activité, et la situation est notamment préoccupante en Allemagne, dont l'économie est à la peine, et en France, où l'activité continue de se contracter.
Pour les experts, cette conjonction d'éléments permet difficilement de prévoir à quel niveau les prix du pétrole arrêteront leur chute, et beaucoup d'entre eux jugent que le marché est en quête d'un plancher.
Les opérateurs ont pour le moment une seule borne explicitement en tête, à savoir "la zone basse des 40 dollars le baril qui a été délimitée par l'Opep il y a plusieurs semaines", juge Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.
(Avec AFP)
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