Caravanes humanitaires, les autorisations sont indispensables
L’humanitaire n’est pas uniquement affaire de générosité. Il est également question d’organisation, y compris administrative.
Nombreux sont les Marocains qui, chaque année, s’investissent dans des actions de collecte de dons et d’aides humanitaires au profit de personnes dans le besoin. Mais nombre d’entre eux ignorent que l’acheminement des aides est soumis à des règles de forme. Médias 24 a contacté Sanae Bennesser Alaoui, directrice générale de la Banque alimentaire.
N’est pas bienfaiteur qui veut. «La solidarité doit essentiellement être assortie d’un minimum d’organisation,» lance d’emblée Sanae Alaoui.
En effet, les distributions des vivres et des aides doivent être soumises à un contrôle en deux temps. «Il est possible, dans certains cas, que les organisateurs des campagnes de solidarités ne soient pas très regardants sur la qualité des produits à distribuer aux populations sinistrées ou vulnérables. Il peut s’agir de vêtements ou de couvertures dont l’usage serait inapproprié. Le risque est d’autant plus grave lorsque les aides concernent des produits alimentaires qui ont dépassé leurs dates de péremption. C’est un grand risque de santé publique,» explique notre source.
L’autre raison pour laquelle il est important de faire une demande d’autorisation concerne la protection du convoi et des participants (bénévoles, médecins, mécènes…etc.).
«Dans plusieurs cas, et particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes victimes de catastrophe ou de sinistre, on assiste à des mouvements de foule qui peuvent présenter des risques sur la sécurité des participants,» fait savoir la directrice de la Banque alimentaire. Et d’ajouter: «alerter les autorités locales permet de mettre en place un mécanisme qui protège contre les éventuels débordements, et permet également que les vivres et les aides arrivent entre les mains des bonnes personnes.»
Concrètement, et afin de faciliter les démarches, plusieurs associations ont recours à des collaborations avec des associations locales qui s’occupent, principalement, des formalités liées à l’obtention des autorisations auprès des autorités locales.
«Une mesure supplémentaire qui permet de renforcer la sécurité consiste à demander l’autorisation auprès du Secrétariat général du gouvernement avant l’organisation de l’action, surtout lorsqu’il s’agit de venir en aide aux victimes de sinistres ou de catastrophes naturelles,» nous confie Sanae Alaoui.
D’ailleurs, une récente caravane humanitaire a été organisée par la Banque alimentaire dans le village de Timgissint dans la province de Tata. Cette action a mobilisé 60 bénévoles, parmi lesquels on retrouve des médecins, des personnes sans emplois, des pharmaciens…etc. Deux camions ont acheminé les vivres à bon port. Cette initiative s’est articulée autour de trois volets :
-Le volet «santé», chapeauté par un groupe de médecins et de pharmaciens, a permis d’ausculter la population de la région, a qui ont été distribué des médicaments récoltés gratuitement auprès de laboratoire.
-Le volet «aides alimentaire» qui a consisté à distribuer 250 paniers pour des familles de 5 membres, contenant farine, conserves, huile, légumes…etc. Des couvertures, matelas et oreillers ont également été distribués.
-Le troisième volet concerne l’animation. Une série de spectacles ont été programmés au profit des enfants de la région, par les bénévoles qui ont accompagnés le convoi.
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