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Immigration clandestine: les passeurs recrutent sur Facebook

Au départ du Maroc, de nombreux candidats sont contactés via les réseaux sociaux.

Immigration clandestine: les passeurs recrutent sur Facebook
B.B.
Le 11 décembre 2014 à 16h51 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Une organisation nouvelle qui signe un tournant dans le développement de cette pratique illégale.

 

Organisations criminelles, mafia qui s’implante sur la toile… C’est en ces termes que de nombreux spécialistes de la migration clandestine sur le pourtour méditerranéen désignent désormais les nouveaux passeurs. Cette pratique illégale gagne en sophistication et en fluidité grâce aux technologies et des réseaux sociaux, selon une enquête du quotidien britannique le Telegraph, qui fait le point sur ces passeurs du 2.0.

Business lucratif

Ces trafiquants nouvelle-génération opèrent sur les réseaux sociaux dont Facebook, en proposant des solutions de traversée aux réfugiés syriens ou déshérités d’Afrique subsaharienne en quête d’un avenir plus radieux en Europe voisine. Celles-ci sont risquées, souvent mortelles.

Selon des experts de Frontex, agence européenne de surveillance des frontières, ces trafiquants ont en effet récolté plus de 150.000 candidatures à l’immigration au cours de l’année 2014. Un chiffre amené à augmenter, voire à exploser au cours de l’année à venir, selon les analystes.

Une fois le candidat recruté, c’est alors au tour d’une milice libyenne – entre autre -, agissant en Afrique subsaharienne, de prendre le relais, explique la même source. Sur le terrain, ces hommes armés se chargent du «volet économique» de la transaction: se faire payer la prestation. Du taylorisme au service de la criminalité… « [Les passseurs, ndrl] deviennent très organisés et s’adaptent », explique Ewa Moncure, porte-parole de l’agence Frontex, citée par le Telegraph.

«Des pages Facebook présentent leurs services. Ces derniers recourent à quantité de moyens numériques pour étendre leurs activités», ajoute-t-elle. La spécialiste détaille par ailleurs que les passeurs suivent assidument les sites assurant le suivi maritime afin d’identifier les navires civils et militaires en mer méditerranéenne.

Et si le service s’organise, la prestation se paye elle rubis sur ongle! Selon les experts, ce trafic adopte progressivement les allures d’un business lucratif… Et pour cause, il faut compter pas moins de 630 euros pour un voyage à fond de cale, et près de 1.800 euros pour être sur le pont, détaillent les spécialistes interrogés.

«La route la plus mortelle du monde»

«Moins fortunés», les migrants d’Afrique subsaharienne devront se contenter de la cale, sans distinction d’âge ou de sexe. Femmes, enfants, jeunes et moins jeunes, ces aventuriers du désespoir sont les premières victimes de la moindre avarie en mer. Si le navire chavire, personne n’est épargné… Et les chances de survies restent infimes.

Selon les dernières estimations du HCR, plus de 3.400 migrants ont péri en Méditerranée, «la route la plus mortelle du monde». Car si les techniques de recrutements évoluent et surfent sur le net, la réalité de ces traversées évoque les pires heures de la traite négrière. Lorsque les migrants ne sont pas ballotés dans des navires à coques dures vétustes, ils sont jetés sur des embarcations de fortune, radeaux de survie ou autres pateras.

Les autorités aux frontières et associations d’aides aux migrants craignent de plus en plus de manquer de moyens pour lutter contre ce phénomène galopant et (trop) meurtrier. La nouvelle organisation de cette mafia du trafic humain soulève par ailleurs des interrogations quant à l’usage des réseaux sociaux, otages involontaires (?), de ces malveillances. Des réseaux tels Facebook disposent de modérateurs actifs… Les passeurs semblent toutefois parvenir à se glisser entre les mailles des filets.

 

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B.B.
Le 11 décembre 2014 à 16h51

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