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La RAM refuse d’acheminer des aides humanitaires

Deux associations marocaine et française ont souhaité acheminer une aide humanitaire d’urgence au Maroc et ne comprennent pas que Royal Air Maroc leur oppose un refus, alors qu’une compagnie aérienne belge leur a donné son accord en imposant moins de conditions. Récit.  

La RAM refuse d’acheminer des aides humanitaires
Amine Belghazi
Le 5 décembre 2014 à 12h14 | Modifié 5 décembre 2014 à 12h14

A l’heure où les intempéries ont fait naître un élan de solidarité sans précédent avec les habitants du Sud, la compagnie nationale a refusé d’acheminer des aides en provenance de Paris, récoltées par des journalistes et membres de l’association «Comme chiens et chats» en collaboration avec l’association marocaine «Arssoumou Bassma.»

Le récit des faits nous a été rapporté par Aziza Nait Sibaha, journaliste marocaine connue de France 24 et présidente de l’association française “Comme chiens et chats“. «L’action a été préparée plusieurs semaines avant les intempéries» nous déclare notre source, «nous avons reçu le soutien de la ministre de la Solidarité Bassima Hakkaoui qui nous accueillis le 17 novembre. Nous avons également été soutenus pas le ministère de l’Education nationale qui nous a donné la permission de rénover les salles de cours d’une école dans la vallée de l’Ourika.»

Les aides en question concernent des vêtements et des cartables destinés aux enfants de la région dans les semaines à venir. Toutefois, devant l’urgence provoquée par les dernières pluies, l’association a tenté de trouver le moyen d’acheminer les aides dans les plus brefs délais. C’est ainsi que Aziza Nait Sibaha a tenté de contacter la compagnie aérienne nationale via Twitter, après plusieurs tentatives de prise de contact direct.

Un premier mail a été adressé à la compagnie, dans lequel l’association demande un transport gratuit des aides depuis Paris, à destination de Marrakech, pour le 20 décembre, soit 3 semaines à partir de la date d’envoi du mail. Ce transport prendrait alors la forme d’un excédent de bagages, que la compagnie marocaine se chargerait gracieusement de transporter. D’ailleurs, « une action similaire a été faite auprès de l’opérateur tunisien Tunisair en 2011 », nous rapporte Aziza.

Suite à cela, la RAM a répondu en renvoyant, par mail, un formulaire de demande de sponsoring à remplir. C’est une démarche classique de la part de la RAM, très sollicitée pour ce genre d’opérations, de par son statut de compagnie aérienne nationale.

On ignore si la seule forme de transport gratuit de biens humanitaires consiste à passer par les formalités du dossier de sponsoring. La communication de la RAM ne nous en dira pas plus. Mais une chose est sûre, la compagnie devrait définir une procédure ainsi que des critères plus ou moins objectifs, que l’on pourrait appliquer de la même manière à toutes les demandes urgentes de ce type. Et améliorer l’accueil aux demandeurs de transport humanitaire gratuit.

Dans cette correspondance, la compagnie a indiqué qu’il fallait nécessairement compter un délai minimal de 6 semaines avant la prise en charge du fret. Une échéance trop éloignée eu égard à l’urgence de la situation humanitaire dans la région.

Mais revenons un instant sur le document à remplir et à retourner. Dans l’avant-dernière case du formulaire, la compagnie interroge l’association sur la contrepartie que la RAM peut gagner: «Comment voyez-vous la mise en valeur de la marque RAM dans le cadre de ce projet et sa valorisation?».

Qu’à cela ne tienne, l’association a, comme convenu, rempli le formulaire qu’elle a retourné à la compagnie le 27 novembre, en réitérant sa demande de réduire le délai pour l’acheminement des aides, en insistant sur la date du 20 décembre. La RAM n’a pas répondu au message.

Quelques jours plus tard, soit le 2 décembre, un mail de relance a été adressé par l’association, ce à quoi la compagnie a répondu par un refus du dossier.

Médias 24 a contacté le chargé de communication de la compagnie nationale. Hakim Chalot nous a répondu: «s’intéresser à un truc aussi petit que cela, je trouve que ça n’a aucun sens!» Nous avons pourtant insisté. Réponse finale: «Comment voulez-vous qu’on coopère avec cette association qui n’est même pas marocaine… elle est française!» A partir de ce moment là, il n’a plus souhaité répondre à aucune de nos questions. «Notez la position officielle de la RAM: nous refusons de communiquer sur ce sujet.» L’affaire est close.

L’association a fini par trouver un autre transporteur, Jetairfly. La compagnie belge a donné son accord, le jour même où elle a été sollicitée, pour assurer le transport de 500 kg de vêtements et de cartables à destination des enfants de la vallée de l’Ourika.

Les statuts de la RAM en font une compagnie commerciale qui n’est pas censée faire du transport gratuit. Les sollicitations sont nombreuses, voire innombrables. Mais Royal Air Maroc ferait bien de mettre en place une meilleure communication en direction de ces nombreuses associations, marocaines ou non marocaines, dont l’objectif est désintéressé et noble.


 

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Amine Belghazi
Le 5 décembre 2014 à 12h14

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