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ECONOMIE

Les intempéries suscitent des interrogations sur la qualité des travaux publics

Au lendemain des intempéries exceptionnelles qui ont touché le sud du Maroc, de nombreuses images montrent des infrastructures en piteux état: routes abimées, ponts fragilisés, réseau électrique mis à mal… Les dégâts sont-ils dus à la faiblesse des infrastructures? Ya-t-il un problème dans les normes, le suivi, les cahiers des charges ou la réception des travaux?  

Les intempéries suscitent des interrogations sur la qualité des travaux publics
Hamza Mekouar
Le 27 novembre 2014 à 16h55 | Modifié 27 novembre 2014 à 16h55

«On sait tous qu’il y a des problèmes de mise en œuvre au Maroc, et il n’est pas rare que des nids-de-poule se forment sur une route fraichement construite après une journée de pluie. Cela est évidemment dû à des vices de construction», lance d’emblée cet ingénieur des travaux publics interrogé par Médias 24.

Toutefois, «les appels d’offres des marchés publics se font avec des cahiers charges très précis, généralement plus exigeants que les marchés privés. La question est de savoir si les travaux se font dans le respect des normes les plus poussées», nuance-t-il. Et qui dit déroulement des travaux et respect des normes, dit réception des travaux et contrôle de conformité aux cahiers des charges.  

«Dans le cas d’intempéries aussi violentes que celles qui ont touché le sud du pays le week-end dernier, difficile de dire si les dégâts sont dus à des vices de construction. Il faut mener une expertise pour chaque pont ou route abîmés afin d’en déterminer les causes, sinon on ne peut que spéculer», souligne-t-il.

Près d’un pont sur 7 dans un mauvais état

«Outre les éventuels vices de construction, d’autres paramètres entrent en jeu. Il faut savoir que les ponts nécessitent un entretien et des contrôles tous les deux ou trois ans. Les routes et les ponts sont-ils entretenus?» Une question à laquelle Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et des transports, a justement répondu mardi, à la chambre des conseillers: «Le ministère de l’Equipement et des Transports effectue des contrôles de tous les projets ayant mobilisé au moins 5 MDH».  

D’ailleurs, le ministre a fait savoir que sur les 7.500 ponts que compte le Maroc, près de 1.000 sont dans un mauvais état. Najib Boulif, ministre délégué chargé des Transports, donne plus de précisions: «200 ponts menacent de s’effondrer, 800 doivent être rénovés au plus vite et 200 ne peuvent supporter qu’une charge limitée».

La mise à niveau des ponts nécessite une enveloppe de 6 MMDH, selon Aziz Rabbah, qui précise qu’«en 2012, 230 MDH ont été mobilisés dans le cadre de ce chantier, 470 MDH en 2013, 400 MDH en 2014. Chaque année, nous établissons un plan et essayons de donner la priorité aux chantiers les plus urgents».

 «L’important, c’est de tirer des enseignements»

«Une catastrophe naturelle peut arriver. L’important, c’est d’en tirer des enseignements en termes de normes de contrôle, d’entretien et de prévention. Prenons l’exemple des Etats-Unis. En 2005, l'ouragan Katrina a ravagé la Louisiane. En réaction, les autorités ont reconfiguré l’infrastructure, ils ont installé des digues, des barrages, des systèmes de protection, et ont revu leurs systèmes d’alerte. Bref, ils ont tiré les bonnes leçons», souligne notre source.

Et d’ajouter: «Au Maroc aussi, nous devons tirer des enseignements, car 32 morts, c’est énorme. Dans un cadre plus large, nous devons repenser la politique d’aménagement du territoire en prenant en compte les risques. C’est déjà le cas, certes, mais il faut le faire avec une meilleure coordination entre les services  de la protection civile, la gendarmerie, la direction de l’équipement ou encore les agences des bassins hydrauliques».

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Hamza Mekouar
Le 27 novembre 2014 à 16h55

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