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Inondations, séismes, tsunami… ces catastrophes naturelles qui menacent le Maroc

Sécheresse intense, inondations, intempéries exceptionnelles, mouvements de terrain, Tsunami, réchauffement climatique et élévation du niveau de la mer… Alors que les fortes précipitations qui se sont abattues sur le Maroc ont fait d'importants dégâts, Médias 24 revient sur les risques de catastrophes naturelles auxquels le Maroc est exposé.  

Inondations, séismes, tsunami… ces catastrophes naturelles qui menacent le Maroc
Hamza Mekouar
Le 24 novembre 2014 à 17h16 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

-Intempéries et inondations: Au moins 32 personnes sont mortes (dont 24 dans la seule région de Guelmim) dans les intempéries exceptionnelles, qui ont touché depuis ce week-end le sud du Maroc, selon le dernier bilan provisoire publié par les autorités ce lundi en milieu de journée.

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un tel événement se produit. Chaque année, les intempéries entrainent d'importantes inondations et la crue de plusieurs oueds dans une large partie du pays, faisant plusieurs morts et causant d’importants dégâts matériels. En 1995, la vallée de l’Ourika avait été endeuillée par des crues ayant fait des centaines de victimes. Les inondations l’Oued Maleh en 2002, celles de Tanger, Nador et Boulmane en octobre 2008 et les crues de l’Oued Baht début 2009 restent elles-aussi gravées dans les mémoires des Marocains.

En novembre 2010, quelque 32 personnes ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessées dans différentes régions du Maroc, alors qu’en septembre 2014, quatre enfants sont morts noyés, emportés par un oued près de Ouarzazate, en raison des  crues. Outre les pertes humaines, les dégâts matériels sont souvent importants. Les crues des oueds détruisent souvent plusieurs ponts et routes.

Selon une étude menée durant 4 ans par le ministère des Affaires générales et de la gouvernance en collaboration avec la Banque mondiale et publiée en juin 2013, les dommages causés par les inondations peuvent atteindre 2,7 milliards de DH par an.

-Séismes: Plusieurs tremblements de terre continentaux ont frappé le Maroc durant le siècle dernier. Mais le séisme le plus destructeur et le plus meurtrier de l'histoire du Maroc reste celui d’Agadir de 1960 (malgré une amplitude modérée).

Les séismes d’Erfoud, de Rissani (1992) et d’Al Hoceïma (1994 et 2004) ont enregistré de fortes magnitudes et causé eux-aussi de nombreux dégâts.

Et pour cause, la position géographique du Maroc, à l’extrême nord-ouest du continent africain, fait qu’il se trouve au carrefour de deux failles majeures.

Selon le site Notre Planète, «la zone la plus exposée reste incontestablement la façade méditerranéenne allant de Tétouan à Al-Hoceima, sachant que toute la chaîne rifaine est une région à haut risque. Aujourd'hui, rien ne permet de dire que le Maroc est à l'abri d'une nouvelle catastrophe comme celle d'Al-Hoceima».

Même son de cloche dans le document du ministère des Affaires générales, qui souligne que les villes de Nador et d’Al Hoceima sont les plus menacées, et que la probabilité d’un tremblement de terre dépasse 95% sur une période de 30 ans. Selon la même source, le coût moyen annuel des risques est estimé à 5,6 milliards de DH.

-Tsunami: Janvier 2014, une forte houle a secoué le littoral atlantique marocain provoquant de nombreux dégâts sur les côtes du royaume. Elle a également éveillé les craintes de voir surgir une vague géante, balayant tout sur son passage, comme ce fut le cas en 1755. A l’époque, le violent séisme d’une magnitude proche de 9 sur l’échelle de Richter à Lisbonne avait secoué toute la région, jusqu’au Maroc, entraînant une terrible vague destructrice (jusqu’à 15 mètres de haut).

Des extraits d’ouvrages historiques décrivant les sinistres de cette catastrophe naturelle sont repris dans les colonnes du Courrier de l’Atlas. Selon les spécialistes Steven Ward et Simon Day, cités par le sismologue marocain Taj-Eddine Cherkaoui, les mêmes scènes seraient susceptibles de se reproduire.

En 2001, les deux experts avaient en effet défendu la thèse d’un plausible méga-tsunami s’abattant sur les côtes marocaines. Et pour cause, le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja, sur l’île de Palma (dans les Canaries) est jugé instable. «Son activité pourrait générer une éruption qui entraînerait l’éboulement de près de 500 km3 de terres et de roches dans l’océan, déplaçant des montagnes d’eau pouvant atteindre les tailles critiques de 50 mètres de hauteur sur les côtes du royaume», avancent Steven Ward et Simon Day.

Selon l’étude du ministère des Affaires générales, un nouveau tsunami de 8 mètres pourrait se produire au cours des 30 prochaines années sur Casablanca.

-Sécheresse: Le phénomène de la sécheresse au Maroc est de plus en plus fréquent et aucune région du pays n’y échappe. Au cours des deux dernières décennies, une année sur deux en moyenne a été marquée par la sécheresse, ce qui a lourdement affecté l’économie nationale, largement dépendante de l’agriculture, secteur sinistré par cette sécheresse récurrente.

Conjuguée à une désertification et à une déforestation de plus en plus accentuées, ainsi qu'à la déplétion de la couche d'ozone et à la pollution des nappes, cette sécheresse, devenue structurelle, constitue un lourd fardeau qui tend à freiner le développement du pays. 

Pour ce qui est des prochaines années, le document du ministère des Affaires générales annonce que d’importantes zones du pays connaîtront au moins un épisode de sécheresse tous les 3 ans. C’est le cas des villes d’Erfoud, Ouarzazate et Merzouga. L’étude ajoute que les dommages peuvent atteindre 4,6 milliards de DH par an.

Selon un rapport présenté fin 2012 par le Haut-commissariat marocain aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, la part d’eau du citoyen marocain sera réduite de 49% à l’horizon 2020.

-Mouvements de terrain: Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou moins brutaux, du sol ou du sous-sol, d’origine naturelle ou anthropique.

Ce phénomène endommage régulièrement l'habitat, le réseau routier et les infrastructures. Ces mouvements étant souvent peu rapides, les victimes sont heureusement peu nombreuses. Dans le nord du Maroc et dans une moindre mesure dans le Moyen Atlas, les versants naturels ainsi que les talus routiers sont souvent affectés par différents mouvements de terrain, en raison de l’existence de reliefs très contrastés, de terrains géologiques friables et de conditions climatiques rigoureuses. Une réalisation cartographique prévisionnelle des risques a été établie pour la région de BabTaza, dans le Rif marocain, près de Chefchaouen.

-Réchauffement climatique : Comme le montre le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les désastres climatiques sont devenus à la fois plus fréquents et plus intenses sous l'effet du réchauffement provoqué par les activités humaines. Selon le nouvel état des lieux scientifique sur le changement climatique, la température moyenne de la Terre devrait encore grimper de 0,3 à 4,8°C d’ici 2100, alors que le niveau de la mer devrait être de 26 à 82 cm d’ici 2100.
Au Maroc, tout changement climatique important aurait des effets très néfastes sur le pays, entre autres sur le littoral, le tourisme, l'agriculture, l'eau...mais les données manquent pour une évaluation correcte des risques.

Ainsi, une étude menée par Abdellah Laouina, titulaire de la chaire UNESCO-GN en gestion de l’environnement et du développement durable et professeur à l’Université Mohammed V, Rabat-Agdal, nous apprend qu’«au Maroc, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de prise en compte réellement efficiente de ces problématiques (déséquilibre et dégradation du littoral, NDLR), la gestion du littoral restant plus du domaine du discours que de celui de l’action». Et d’ajouter: «des données cruciales manquent pour une évaluation correcte. L’estimation des effets ne peut donc être que descriptive et approximative. Alors qu’il faudrait disposer de cartes à haute résolution et de données marégraphiques, chimiques et biologiques couvrant toute la côte et à un pas de temps de répétition suffisant ».

Malgré le manque de données, on peut avancer que l’avantage que tire le Maroc de sa position privilégiée et de son littoral de 3.500 km, sur lequel sont installées 80% de ses infrastructures industrielles et énergétiques, peut devenir un grave handicap du fait des risques de remontée du niveau marin et de la raréfaction des ressources en eau.

Pour mémoire, le Maroc a mis en place depuis quelques années un fonds de lutte contre les catastrophes naturelles doté de 2,5 milliards de DH. Ce fonds a profité aux sinistrés pendant les dernières années de forte pluviométrie et inondations. Les communes en profitent en fonction de leur demande ou de la déclaration qu'une zone est sinistrée.

Le fonds couvre les communes et les agriculteurs à titre de couverture assurance. Le Maroc est également impliqué dans des programmes d’accords régionaux dans la zone Méditerranée, la zone Afrique et la zone pays arabes. Il abrite le bureau arabe de la protection civile et des secours qui assure la coopération entre les pays arabes dans le domaine de la prévention des catastrophes. 

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Hamza Mekouar
Le 24 novembre 2014 à 17h16

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