img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Comment la Banque Mondiale voit le capital immatériel au Maroc

Le Maroc pourra réaliser d'importants gains de productivité et accélérer son rattrapage économique par rapport aux pays les plus avancés, grâce au renforcement de son capital humain et institutionnel, selon le directeur du département Maghreb de la Banque mondiale, Simon Gray.  

Comment la Banque Mondiale voit le capital immatériel au Maroc
Par
Le 18 août 2014 à 11h45 | Modifié 18 août 2014 à 11h45

Dans le cadre de l'appel lancé par le Roi Mohammed VI pour entreprendre une étude permettant de mesurer la valeur globale du Maroc de 1999 à fin 2013, M. Gray a indiqué que la Banque mondiale partage pleinement ce souci, en raison que l'évaluation de la valeur globale d'un pays "va bien au-delà de la production annuelle de biens et services marchands pour intégrer d'autres éléments immatériels tels que la qualité des institutions, la protection, le niveau d'éducation de la population, l'accès à des services publics de qualité et la bonne gouvernance.

"Le Maroc devrait mettre encore plus au centre de ses politiques publiques le renforcement des capacités humaines, sociales et institutionnelles du pays", a préconisé M. Gray dans un entretien accordé à la MAP, citant l'exemple de la stratégie suivie par les pays à croissance rapide d'Asie du sud-Est.

M. Gray a souligné que l'enjeu primordial pour l'Etat porte désormais sur l'investissement dans le capital humain, plutôt que l'investissement productif qui relève principalement de la responsabilité du secteur privé.

Dans ce sens, l'enjeu ultime du développement d'un pays réside dans l'amélioration de ses institutions et de leur gouvernance, a-t-il ajouté, notant que les études de la Banque mondiale font ressortir que le développement durable, soutenable et équitable repose essentiellement sur l'accumulation d'actifs immatériels, qui n'ont autre que le capital humain, social et institutionnel.

Rappelant que les évaluations de la Banque mondiale indiquent que la richesse totale par habitant du pays plaçait le Maroc en 2005 au-dessus de la moyenne des pays de la région MENA et dans la moyenne de l'ensemble des pays à revenu intermédiaire, le responsable de la Banque mondiale a précisé que ces chiffres correspondent à la richesse moyenne par habitant accumulée au cours du temps et non pas au revenu annuel par habitant qui reste beaucoup plus faible.

La partie immatérielle de la richesse du Maroc oscille entre 70% et 75% de la richesse totale, dont presque la moitié revient au capital humain, a fait savoir M. Gray, estimant que le "principal" défi à relever pour promouvoir la richesse du Royaume est l'application des principes de la bonne gouvernance par les institutions marocaines, notamment le respect des règles de droit, la transparence et la reddition des comptes.

"A la différence de nombreux pays de la région MENA, une opportunité existe au Maroc. Elle consiste à renforcer le capital institutionnel et la gouvernance économique du pays et à créer les conditions d'une société ouverte pour une économie plus prospère, inclusive et résiliente", a-t-il insisté.

Le Maroc et la Banque mondiale viennent de renouveler leur Cadre de partenariat stratégique (CPS) pour la période 2014-2017. Dans ce nouveau cadre, la Banque s'est engagée à accompagner le Royaume sur la voie des réformes institutionnelles et à amplifier son soutien financier, technique et analytique autant que nécessaire autour de trois domaines clés, a rappelé l'expert.

Il s'agit de promouvoir une croissance concurrentielle et inclusive, notamment pour la jeunesse et les femmes, de construire un avenir vert et résilient et de renforcer la gouvernance et les institutions pour une meilleure prestation de services à tous les citoyens. "A travers ces actions, le Maroc pourrait certainement atteindre une meilleure répartition de sa richesse nationale et améliorer la prospérité des Marocains".

La Banque mondiale a développé une méthodologie pour appréhender le capital immatériel des nations et publié en 2006 et 2011 deux rapports visant à calculer la richesse de 120 pays au tournant du millénaire.

Ces deux rapports font ressortir que le capital immatériel constitue la plus grande part de la richesse nationale dans la grande majorité des pays. Pour les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le capital immatériel représente plus de 80% de la richesse nationale, alors que pour les pays les moins avancés et ceux à revenu intermédiaire comme le Maroc, la part du capital immatériel dans la richesse nationale se situe entre 50% et 70%.

(Avec MAP)

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 18 août 2014 à 11h45

à lire aussi

Le projet de loi sur la réorganisation du Conseil National de la Presse adopté en commission parlementaire
Quoi de neuf

Article : Le projet de loi sur la réorganisation du Conseil National de la Presse adopté en commission parlementaire

La Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants a adopté, ce mardi 28 avril, à la majorité, le projet de loi relatif à la réorganisation du Conseil National de la Presse (CNP).

La COPAG au SIAM 2026 : la durabilité comme moteur de souveraineté
SIAM 2026

Article : La COPAG au SIAM 2026 : la durabilité comme moteur de souveraineté

La Coopérative agricole COPAG met en lumière une organisation collective pensée pour répondre aux mutations du secteur. Au cœur de son approche, un modèle axé sur l’accompagnent des producteurs et la création de valeur.

Au Congrès américain, le front anti-polisario s’élargit avec le ralliement de Tim Moore
DIPLOMATIE

Article : Au Congrès américain, le front anti-polisario s’élargit avec le ralliement de Tim Moore

Son adhésion, enregistrée le 27 avril 2026, porte à douze le nombre de cosponsors du texte H.R.4119, qui prévoit notamment d’examiner une désignation du mouvement comme organisation terroriste étrangère et d’éventuelles sanctions.

Prévisions météo pour le mercredi 29 avril
Quoi de neuf

Article : Prévisions météo pour le mercredi 29 avril

Voici les prévisions pour le mercredi 29 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Nuages instables sur le Rif, […]

L'UE renouvelle pour 10 ans le système de préférences commerciales en faveur des pays en développement
Quoi de neuf

Article : L'UE renouvelle pour 10 ans le système de préférences commerciales en faveur des pays en développement

Le système de préférences généralisées (SPG) de l'Union européenne permet aux pays en développement vulnérables d'exporter vers ses États membres avec des droits de douane réduits ou nuls, pour une nouvelle période de dix ans.

Séisme sur le marché pétrolier : les Émirats arabes unis annoncent leur retrait de l’OPEP
Energie

Article : Séisme sur le marché pétrolier : les Émirats arabes unis annoncent leur retrait de l’OPEP

C’est une décision historique qui vient bousculer l’équilibre énergétique mondial. Les Émirats arabes unis ont officiellement annoncé ce mardi 28 avril leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de l’alliance élargie OPEP+. Le départ sera effectif à compter du 1er mai 2026.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité