Pour la 1ère fois, Bank Al-Maghrib évalue la stabilité financière du Maroc
Le 1er rapport annuel qui évalue la situation du système financier du pays pour l’année 2013 fait partie d’un groupe de mesures prises par les autorités de régulation financières du Maroc pour promouvoir la stabilité financière dans le cadre de la convention sur l’échange d’informations signée début 2014.
L’endettement des ménages et des entreprises marque le pas
Au cours de l’année 2013, le crédit bancaire a décéléré de 3,9%, ce qui selon BAM, traduit «un attentisme des opérateurs économiques et une plus grande sensibilité des banques au risque de défaut».
Du côté des ménages, le niveau d’endettement en 2013 s’est stabilisé à 31% du PIB. Mais on constate un allongement de la maturité des emprunts aussi bien immobiliers que de consommation. Les tendances de long terme font apparaître à la fois une hausse du taux d’endettement des ménages et une hausse de la proportion de ménages endettés à plus de 40% de leur revenu.
Du côté des entreprises, le taux d’endettement s’est tassé pour se stabiliser à hauteur de 59% du PIB. Les tendances de long terme font apparaître une diminution de l’endettement de long terme des entreprises dans la plupart des secteurs, contrairement à la dette de trésorerie qui s’alourdit. Ce constat de BAM vient donc confirmer le manque d’investissements des entreprises marocaines, source d’une grande partie de leur perte de compétitivité.
Des marchés de capitaux attentistes face à l’incertitude sur la conjoncture économique
La situation des marchés des capitaux en 2013 a marqué un nouveau repli du fait :
- du ralentissement de la croissance des secteurs non agricoles au niveau national ;
- de l’incertitude concernant le contexte économique international qui a dicté un comportement de prudence aux investisseurs ;
Les indices boursiers MASI et MADEX ont donc accusé un nouveau repli de respectivement 2,6% et 2,57% par rapport à 2012, affectant ainsi la rentabilité des compagnies d’assurance, des caisses de retraites et des OPCVM.
Par ailleurs, les marchés des capitaux marocains sont caractérisés par un manque de profondeur financière qui a valu à la Bourse de Casablanca son déclassement au sein de l’indice Morgan Stanley Capital International (MSCI) de «marchés émergents» à «marchés frontières». Les réformes engagées pour remédier à ce problème devraient être accélérées.
Le système bancaire marocain demeure cependant solide et rentable
Selon BAM, le système bancaire marocain a su faire face à la dégradation de la solvabilité des emprunteurs et à la hausse des créances en souffrance en constituant des provisions spécifiques qui viennent renforcer leurs fonds propres pour faire face à d’éventuels chocs.
En 2013, le Maroc a adopté le dispositif de normes prudentielles de Bâle III et son application permettrait de renforcer la résilience du système bancaire. Mais cette application doit se faire en prenant garde à ne pas entraver le financement de l’économie.
Le secteur des assurances parvient lui aussi à tirer son épingle du jeu malgré le repli de la Bourse de Casablanca. Mais la situation pourrait devenir plus délicate si les contreperformances du marché boursier persistaient.
Enfin, la Caisse Marocaine des Retraites nécessite, selon BAM, des réformes plus globales et profondes que les amendements paramétriques prévus par la Loi de finances 2014 pour que le financement de son déficit cesse de constituer une source de risque, via le déficit de l’Etat.
Les principaux risques auxquels le système financier marocain a du faire face en 2013 concernent les déséquilibres macroéconomiques et l’incertitude concernant les perspectives économiques. Les efforts des autorités pour réduire les déficits jumeaux participent donc à la réduction du risque. Mais des réformes structurelles plus profondes sont nécessaires pour réduire la vulnérabilité du tissu productif marocain aux chocs extérieurs.
Le texte intégral est consultable sur le site de Bank Al-Maghrib.
À découvrir
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.