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Maroc. L’activité bancaire de 2013 en six points

Bank Al-Maghrib (BAM) a présenté jeudi les grandes lignes de son 10e rapport annuel sur le contrôle, l'activité et les résultats des établissements de crédit au titre de l'année 2013. Globalement, le rapport fait état d’une décélération du crédit au Maroc, d’une diversification du paysage bancaire marocain et d’une supervision bancaire axée davantage sur les risques de crédit.  

Maroc. L’activité bancaire de 2013 en six points

Le 25 juillet 2014 à 15h44

Modifié 25 juillet 2014 à 15h44

Bank Al-Maghrib (BAM) a présenté jeudi les grandes lignes de son 10e rapport annuel sur le contrôle, l'activité et les résultats des établissements de crédit au titre de l'année 2013. Globalement, le rapport fait état d’une décélération du crédit au Maroc, d’une diversification du paysage bancaire marocain et d’une supervision bancaire axée davantage sur les risques de crédit.  

Il s’agit d’un rapport complet de 172 pages sur le paysage bancaire marocain. Structuré en 6 parties, il a subi plusieurs changements par rapport aux précédentes éditions et tient compte de la nouvelle organisation de la Direction de la supervision bancaire adoptée en 2013. Médias 24 vous livre une synthèse d ses principaux points.

1.  Pénétration accrue du réseau et offre plus diversifiée

Bien que l’année 2013 fut été marquée par une conjoncture économique moins favorable, les banques ont poursuivi le développement de leur réseau tant au Maroc qu’à l’échelle internationale, et notamment sur le continent africain. Le paysage bancaire marocain continue d’être marqué par le poids prépondérant des banques privées à capital majoritairement marocain.

Pour ce qui de la structure du système bancaire, le nombre d’établissements assujettis au contrôle de la Banque Centrale est de 84 établissements, répartis entre 19 banques, 35 sociétés de financement, 6 banques offshore, 13 associations de micro-crédit, 9 sociétés intermédiaires en matière de transfert de fonds ainsi que la Caisse Centrale de Garantie et la Caisse de Dépôt et de Gestion.

En 2013, le nombre de guichets bancaires a atteint 5.711, soit 264 agences additionnelles, contre 334 en 2012. Parallèlement, le parc des guichets automatiques bancaires s’est renforcé de 417 nouvelles installations portant l’ensemble à 5.893 unités. La majorité des guichets demeure concentrée dans des agglomérations urbaines.

Parallèlement à l’extension de leur réseau, les banques ont continué à mettre à la disposition des clients des offres plus adaptées à leurs besoins, en recourant à de nouveaux canaux de distribution, à faibles coûts et s’appuyant sur des solutions technologiques innovantes. A ce propos, les banques ont renforcé leur recours au dispositif des agences mobiles.

Concernant l’implantation bancaire à l’étranger, BAM rappelle qu’à fin 2013, les 3 groupes bancaires présents à l’étranger (Attijariwafa Bank, BMCE et la Banque centrale populaire) sont implantés dans 22 pays africains et une dizaine de pays européens.

2.  Les banques rentables malgré la conjoncture

Subissant les impacts d’une conjoncture économique difficile, l’activité bancaire s’est caractérisée en 2013 par une nette décélération du crédit conjuguée à une montée plus marquée des créances en souffrance, en lien avec le ralentissement des activités non agricoles et les difficultés de certains secteurs économiques. Néanmoins, les banques ont globalement pu préserver leurs résultats grâce aux revenus des activités de marché.

3.  Renforcement de la supervision des risques

Au cours de 2013, la décélération de l’activité bancaire s’est accompagnée d’une montée du risque de défaut aussi bien des ménages que des entreprises non financières. Dans ce contexte, BAM a renforcé ses dispositifs de surveillance des risques liés au crédit et à la liquidité ainsi qu’à l’adéquation de la couverture des portefeuilles de créances en souffrances par des provisions. Elle a en outre consolidé sa surveillance transfrontalière, en collaboration avec les autorités de supervision des pays d’accueil.  

Dans le cadre de l’évaluation de l’endettement, BAM procède au suivi régulier, à périodicité mensuelle, de l’évolution des crédits à la consommation et à l’habitat et effectue annuellement une enquête auprès des banques et des sociétés de crédit à la consommation pour collecter les informations sur l’endettement des ménages ainsi que sur le profil des personnes bénéficiaires. De même, le financement des entreprises non financières fait constamment l’objet d’études et d’analyses par la Banque.

4.  Réforme de la loi bancaire

Le projet de loi bancaire a été approuvé par le Conseil du Gouvernement le 16 janvier 2014 et est en cours d’examen par le Parlement. Ce projet de loi étend la compétence de BAM à l’octroi et au retrait d’agrément aux associations de micro-crédit et aux banques offshore, à l’élaboration de la réglementation les régissant ainsi qu’au traitement de leurs difficultés.

En vue d’encourager davantage le développement des paiements électroniques (cartes prépayées, mobile banking, paiement par internet, etc.), le projet institue le statut d’établissement de paiement pour les entités non bancaires qui seraient habilitées, après agrément, à fournir des services de paiement.

Il introduit également le statut de conglomérat financier pour les groupes financiers relevant eux-mêmes de groupes industriels et/ou commerciaux, à l’effet d’encadrer et surveiller les risques spécifiques susceptibles d’être encourus par les institutions financières du fait de leur appartenance à ces conglomérats.

Dans ce cadre, BAM s’est penchée sur la préparation des textes d’application, notamment ceux devant accompagner l’introduction des banques participatives.

5.  BAM renforce son contrôle

Dans un environnement porteur de risques pour le secteur bancaire, Bank Al-Maghrib a renforcé davantage son contrôle, tout en l’orientant vers les risques les plus saillants, notamment ceux de crédit et de liquidité.

La supervision transfrontalière et la coopération avec les homologues étrangers ont également mobilisé des efforts importants afin d’accompagner le développement des groupes bancaires à l’étranger.

Sur le plan de la surveillance macro-prudentielle, BAM a œuvré au renforcement du dispositif analytique et opérationnel initié depuis deux ans pour évaluer les risques systémiques susceptibles d’affecter le secteur financier, en coordination avec les autres régulateurs du secteur financier.

Pour mener à bien les nouvelles missions qui lui sont dévolues, l’organisation de la Direction de la supervision bancaire a été adaptée début 2013.

6.  Promotion de l’inclusion financière et aide aux TMPE

L’année 2013 a également été marquée par une promotion accrue de l’inclusion financière, qui figure parmi les axes prioritaires du plan stratégique 2013-2015 de la BAM. Dans ce cadre, la banque centrale a arrêté une stratégie nationale d’éducation financière dont la réalisation a été confiée à la fondation créée à cet effet.

Aussi, les banques ont mis en place des stratégies visant la bancarisation des populations à bas revenus à travers notamment le renforcement de leurs implantations au niveau national et le développement de l’offre de produits et services adaptés à chaque type de clientèle.

Les résultats n’ont pas tardé puisque l’accès de la population aux services financiers s’est amélioré, le taux de bancarisation ayant atteint plus de 60% à fin 2013.

Afin d’améliorer l’accès des TPME au financement bancaire, BAM a coordonné le projet de création d’un observatoire de la TPME et d’un fonds de soutien destiné à cofinancer avec les banques des TPME viables.

Cet Observatoire, qui est constitué sous la forme d’une association à but non lucratif, a pour missions de   mettre à la disposition du secteur public et privé des statistiques sur la TPME, de réaliser des études généralistes et thématiques en relation avec la TPME et de proposer des offres de service

Le renforcement du cadre incitatif de financement de la TPME a été réalisé en partenariat avec la profession bancaire, la Caisse Centrale de Garantie et la CGEM.

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