Le plaidoyer de Charles Fries pour relancer la relation Maroc-France
A l’occasion de la fête nationale française du 14-Juillet, l’ambassadeur Charles Fries a prononcé à Rabat un discours pour relancer les relations entre les deux pays mises à mal par les récents événements. Verbatim.
La célébration du 14-Juillet à la résidence de l’ambassadeur à Rabat a été l’occasion pour Charles Fries de prononcer un discours en forme de plaidoyer pour relancer la relation franco-marocaine abîmée par les récents événements : la convocation d’Abdellatif Hammouchi par la justice française, la fouille de Salaheddine Mezouar à l’aéroport de Roissy et les menaces du capitaine Adib contre le général Bennani hospitalisé à Paris.
Au sujet du coup de froid entre les deux pays, « une période de turbulences », le discours était dans la ligne des précédentes déclarations. Les événements à l’origine de la brouille, qui n’ont pas été détaillés par l’ambassadeur, sont qualifiés « d’incidents regrettables. » L’ambassadeur n’a pas rappelé que la coopération judiciaire entre les deux pays est suspendue depuis plusieurs mois, à l’initiative du Maroc.
M. Fries n’a pas abordé non plus la polémique actuelle née de la position française au sujet du conflit israélo-palestinien, et qui a suscité un mouvement international de protestation, notamment dans le monde arabe.
En revanche, l’ambassadeur a tenté de relativiser le refroidissement - « ce n’est pas la première fois que nos deux pays ont à faire face à des épisodes difficiles » - et a mis l’accent sur les points positifs de la relation franco-marocaine.
-« l’amitié a toujours été plus forte et a permis de dépasser les problèmes du moment »
-« notre relation est unique et singulière »
-« une même vision du monde »
-« un partenariat d’avenir »
-« des liens humains exceptionnels »
-il faut « préserver le partenariat d’exception »
Et de rappeler que la France n’oubliera jamais que « des dizaines de milliers de soldats marocains sont venus combattre » en France. Le 14-Juillet coïncide cette année avec la commémoration du centenaire du la Première Guerre mondiale. Le Maroc était représenté à Paris par son ministre délégué à l’administration de la Défense Abdellatif Loudiyi.
Au sujet du royaume, l’ambassadeur n’a pas hésité à multiplier louanges et compliments :
-« un modèle sur la rive sud de la Méditerranée »
-« un pays respecté pour sa tradition d’ouverture et de tolérance »
-doté d’une « véritable ambition africaine »
-« qui prend ses responsabilités comme en témoigne son engagement au Mali et en Centrafrique »
Le discours a aussi rappelé ce qui marche entre les deux pays : la coopération culturelle avec deux grandes expositions consacrées au Maroc prévues à la rentrée à Paris, au Louvre et à l’Institut du monde arabe, et la coopération dans l’éducation et la formation.
Revenant sur la relation franco-marocaine, l’ambassadeur a aussi rappelé que la France était un partenaire incontournable d’un point de vue politique, « pour l’aider à défendre ses intérêts à New York ou à Bruxelles », mais aussi économique avec « la moitié des investissements directs étrangers » et 750 entreprises employant 120.000 personnes.
On était donc loin du discours convenu s’adressant à la seule communauté française du Maroc. Il s’agissait bien plus d’un appel aux autorités marocaines. On ignore s’il sera entendu.
Autant que nous avons pu le constater jusqu’à 23 heures, la présence de responsables politiques marocains de premier rang était plutôt limitée. Le même soir avait lieu à Rabat le ftour officiel donné par le Roi Mohammed VI à l’occasion du séjour au Maroc du nouveau Roi d’Espagne Felipe VI.
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