Saidia, bien loin des espoirs placés en elle
A quelques jours du Ramadan, les deux hôtels de Saidia, Be Live et Iberostar, affichent presque complet. La station revient de loin, après de bien mauvais moments. Retour sur un projet du plan Azur sur lequel on continue encore de miser.
«Le taux de remplissage dépasse 80 % et, d’après les réservations reçues, nous serons à 100 % en août», nous confie une source autorisée. Les marchés émetteurs: le Portugal, l’Espagne, la France et la Pologne.
Il faut dire que les hôteliers n’hésitent plus à brader les prix, tout en généralisant la formule All inclusive, pour ne pas perdre les cinq tour-opérateurs qui leur restent encore fidèles.
Les Marocains, qui composent eux-mêmes leur voyage, sont hélas les parents pauvres de la politique des prix. «Vu le prix de la nuitée et celui du billet d’avion, un voyage à Madrid me reviendrait moins cher», sourit un touriste marocain. Mais cela ne semble décourager notre ministre de la Justice, Mustapha Ramid, qui y a passé le week-end dernier en famille.
Côté animation, bien que les composantes laissent encore à désirer, on ne sent pas l’ennui des touristes, qui ont le choix entre quelques discothèques, les restaurants de la marina ou encore le golf et son house club, inauguré en 2013. «Nous essayons d’offrir aux touristes un produit qui répond à leurs exigences en attendant que d’autres composantes soient réalisées», nous dit un responsable de la CDG.
Mais cette embellie est passagère. Dès le mois d’octobre, les hôtels fermeront leurs portes et la station retrouvera son marasme habituel.
«On essaie chaque année de prolonger d’un mois ou deux l’activité. Cette année, les hôtels ont rouvert, pour la première fois, en avril», explique notre source. Mais il n’est pas question de revivre l’expérience de l’Oriental Bay Beach, dont le gestionnaire, Atlas Hospitality, a jeté l’éponge à cause du manque de rentabilité de l’établissement.
«Nous les avons convaincus de revenir, mais, cette fois-ci, l’hôtel ne restera pas ouvert toute l’année», nous explique un responsable de la CDG, qui détient Iberostar et Be Live. «Nous ne sommes plus dans une logique de concurrence, le but étant de sauver Saidia», ajoute notre source.
Retour sur le bilan d’une station censée servir de modèle
Sur les 12.500 lits hôteliers prévus au lancement du plan Azur, en 2004, seuls 3.000 ont été réalisés, dont le tiers attend un gestionnaire depuis huit mois. Sur les trois golfs annoncés en grande pompe, on n’a pu réaliser qu’un seul 18 trous, arrosé aujourd’hui à partir de l’Oued Moulouya et de l’eau potable. L’aquaparc, le palais des congrès et les composantes d’animations attendent toujours leur réalisation.
Ces projets, faut-il le rappeler, avaient été lancés dans le cadre de la vision 2010. «On avait vu grand», reconnaissent mezza voce ceux-là mêmes qui étaient à l’origine du plan Azur. Les objectifs étaient certes ambitieux, mais l’échec de Saidia, censée pourtant servir de fer de lance à la stratégie 2020, a d’autres raisons.
Confiée au couple Fadesa -Addoha, la station a été très mal gérée à tous points de vue. Le fiasco était tel que certains acquéreurs, lassés par les retards, les mauvaises odeurs et la défaillance des infrastructures, ont fini par vendre leurs biens, souvent à perte.
Mais à quelque chose malheur est bon. Le ministère a retenu la leçon de cet échec: l’aménagement et le développement de la station doivent être l’apanage de l’Etat. La CDG a pris alors les rênes des différents projets pour embellir, tant que faire se peut, l’image de la station, quitte à revoir les ambitions du plan Azur en renonçant par exemple, momentanément, aux deux autres golfs. «On va étape par étape, en optimisant le coût et le temps», nous confie un responsable de la station.
Objectif en partie atteint. Trois nouveaux hôtels, dont la gestion a été confiée à Melia Hotels International, sont d’ores et déjà en construction. Ils porteront, à leur livraison en 2017, la capacité litière à 8.000 lits. Quant à l’aquaparc, il ouvrira ses portes en 2016.
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