Un jeune Marocain à l’origine des toiles de rêve
Le projet « toile de rêve » initié par Baba Louay réconcilie les Marocains avec leurs aspirations profondes. Son succès est tel que l’action s’est exportée aux quatre coins du globe. Une action comme on aimerait en voir plus souvent.
Née d’une idée que Baba Louay a longuement murie, l’action « toile de rêve » n’obéit pas à la rigueur caractéristique des montages de projets. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont été séduits par le concept.
Concrètement, Baba Louay, 26 ans, a commencé par interpeller la curiosité du public. « Il existe en chacun de nous un enfant curieux à qui il faut redonner vie » nous confie Baba Louay, qui a commencé par placer une grande toile, place la renaissance à Rabat, avec une question au milieu « quel est votre rêve ? » Après quelques minutes d’attentes, un groupe de passants, intrigués, se sont arrêtés pour lui demander en quoi consistait son installation. La foule n’a pas tardé à se regrouper autour de la toile, et à se servir du feutre pour écrire ses rêves.
« En elle-même, la toile n’est que symbolique. Ce qui importe le plus, c’est le processus de questionnement sur l’essence de ce que chacun estime être un rêve » explique Baba Louay. Ainsi, plusieurs « rêves » se rapportaient à des emplois à occuper, « certains avaient écrit qu’ils voulaient devenir profs ou instituteurs, sans pour autant se demander pourquoi. Un autre à par exemple souhaité se rendre aux Etats-Unis. Mais au moment où je lui ai posé la question (pourquoi ?), il a marqué une pause, visiblement troublé » témoigne notre interlocuteur.
Baba Louay analyse cette attitude comme étant typique de la pensée dominante. « Il y a trois questions auxquelles il faut répondre pour entamer toute chose. Le quoi, le comment, et le pourquoi. Souvent, on occulte la dernière question, ou on la relègue en dernière position » déclare Louay qui prône la démarche « inside out », partant de la raison essentielle (le pourquoi), passant par le moyen, pour finir par la réalisation.
En d’autres termes, « lier son rêve au fait d’occuper un poste d’enseignant, peut occulter la volonté profonde qui est de transmettre le savoir. Ne pas atteindre le poste, donne l’impression d’être passé à côté de sa vocation. Rêve qui peut être vécu autrement » analyse Baba Louay.
Au-delà des frontières, l’action « toile de rêve » a séduit. Reprise au Japon, au Canada, aux Etats-Unis et ailleurs, mais aussi dans de nombreuses villes au Maroc, l’action dépend de l’implication et de la sensibilité des individus. « J’ai été contacté par plusieurs personnes issues de plusieurs ville dans de nombreux pays qui ont dit être prêtes à dresser des toiles de rêves. J’invite tout ceux que l’action à touchés à faire de même » lance Baba Louay.
Pour l’heure, rien n’a encore été prévu concernant les toiles. Seront-elles exposées ? « Si on atteint un nombre important, peut être. Mais là n’est pas le plus important. En revanche, le fait que les gens lisent les rêves des autres, peut leur ouvrir les yeux sur la manière d’approcher leurs propres rêves. » Et vous, quel est le votre ?
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