Secret et Whisper, les réseaux sociaux anti-Facebook
Populaires aux USA, ces nouveaux réseaux sociaux garantissent l’anonymat de leurs utilisateurs et se targuent d’offrir des espaces des libertés aux internautes. Un sentiment entraînant toutefois des dérives sur la Toile, qui parvient à conserver des traces numériques.
Facebook, c’est «sooo début 2000»! L’âge de pierre en somme pour les plus jeunes internautes qui renâclent à l’idée d’y croiser leurs pires ennemis sur le net: les parents!
Pour tous ces jeunes, mais également pour les férus de réseaux sociaux - tendance parano - qui ne supportent plus de renseigner quantités d’information personnelles pour s’y inscrire existent désormais deux alternatives qui ont récemment fait leur apparition. Elles portent les doux noms de Secret et Whisper(chuchotement, ndlr).
Les - bien nommés - réseaux sociaux new wave défendent un principe simple: n’importe qui peut écrire à peu près n’importe quoi sans être identifiable ni «traçable». «Cela permet d’être soi-même, de pouvoir s’exprimer sans limites» déclare Chrys Bader, fondateur de Secret, cité par le quotidien Le Monde.
Les photos ou messages drôles, honteux, tristes, intimes, informatifs, délateurs, inavouables etc. s’enchaînent ainsi sur ces fils et sont classés par popularité, thématiques abordées ou en fonction de la localisation géographique de leurs provenances. Ils font également l’objet de réactions d’autres utilisateurs qui disposent de la liberté d’aimer, critiquer, partager, commenter etc. toutes ces informations sans jamais avoir à fournir son identité véritable.
Des millions de chuchoteurs et de secrets
Cet argument semble convaincre des millions d’utilisateurs -notamment auprès de la jeunesse américaine-, séduits par ses réseaux initialement destinés aux smartphones.
Les créateurs de Whisper mentionnent en effet pas moins de 1,5 milliards de pages vues au mois de mai 2013, et évoquent le chiffre – enviable mais non confirmé – de 3 milliards actuellement. Même succès pour Secret qui ravit entre autre des «millions d’internautes à San Francisco et New York» deux mégalopoles renfermant des «communautés très actives», annonce Chrys Bader.
Pour les fondateurs, l’engouement trouve aussi son explication dans la facilité d’accès à ses réseaux qui ne requièrent aucun mot de passe, contrairement à leurs homologues traditionnels, Facebook ou Twitter.
Sur Whisper, l’utilisateur poste son message qui alimentera un flot continu d’informations échangées, tandis que le réseau lui génère une photo associée et des mots-clés permettant de répertorier le message. Sur Secret en revanche, l’application propose un flux unique des «derniers secrets» à découvrir, qui se crée grâce à la géo-localisation d’une part et aux données du cercle d’amis que Secret – décidemment bien indiscret – récolte sur le répertoire téléphonique (si vous le permettez) d’autre part.
Si un «ami» aime votre indiscrétion, alors «ses amis» pourront la voir aussi, et ainsi de suite. (Vous savez ce que l’on dit : un secret est une révélation que l’on ne souffle qu’à une seule personne à la fois…) Pour Chrys Bader, il est indubitable que «savoir que ce qu’on poste anonymement sera lu par des personnes de son entourage change la donne».
Incognito, tu parles…
Face au succès grandissant de ces messages brefs, potentiellement percutants et drolatiques, les fondateurs respectifs envisagent une mise en avant plus prononcée. Whisper a signé en mars dernier un partenariat avec le site BuzzFeed, qui a dépêché une équipe pour repérer les perles en ligne; certains pourront même être exploités par des publicitaires. Secret, lui, publie régulièrement sur son fil Twitter (!) les messages les plus plébiscités. Première brèche à l’anonymat tant vanté ? peut être…
Le fondateur de Secret le reconnaît dans les colonnes du quotidien français. «Ne pas avoir de nom, ne signifie pas être totalement anonyme» car l’ensemble des «post» diffusés sont scrupuleusement conservés dans les serveurs de l’entreprise.
Bien que chiffrées et sécurisées, elles ne sont pas exemptes du piratage ou de leur exploitation par les responsables des réseaux sociaux. Sans surprises, ni secrets, lorsque les autorités demandent des informations dans le cadre d’une enquête sur la base d’une publication au contenu suspect, les deux réseaux les fournissent sans délais.
Réseaux de mauvaises langues ?
Si l’exploitation des données supposées méconnues constitue un premier pavé dans cette mare virtuelle, le fonctionnement même de ces réseaux engendrent également ces dérives peu appréciables.
Sous couvert «d’anonymat» et d’une fausse liberté de ton, les utilisateurs déversent, en effet à loisir, un flot de messages haineux, méprisables, à la lisière du harcèlement virtuel.
Dans certains établissements scolaires aux Etats-Unis, ces réseaux sociaux ont été interdits en raison de la violence des messages et rumeurs véhiculés à l’encontre des camarades. Et pour cause… malgré les promesses des fondateurs, lorsqu’on chuchote un secret à propos d’une connaissance sur la toile, vos « amis » et « amis » de vos « amis » savent souvent de qui il s’agit… Les responsables promettent alors, selon la presse américaine, de mettre rapidement en place un réseau de modérateurs chargés de surveiller le contenu des sites pour préserver l’esprit initial d’un réseau social : à savoir créer du lien et non une chaîne d’hypocrites…
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