χ

Imouzzer Marmoucha, un no man’s land marocain

Les habitants d’Imouzzer Marmoucha s’indignent. Ils dénoncent l’exclusion et les mauvaises conditions de vie auxquelles ils sont confrontés. Ils réclament une série de réformes urgentes, et appellent à une grande marche allant d’Imouzzer à Ifrane.  

Imouzzer Marmoucha, un no man’s land marocain

Le 22 avril 2014 à 11h49

Modifié 22 avril 2014 à 11h49

Les habitants d’Imouzzer Marmoucha s’indignent. Ils dénoncent l’exclusion et les mauvaises conditions de vie auxquelles ils sont confrontés. Ils réclament une série de réformes urgentes, et appellent à une grande marche allant d’Imouzzer à Ifrane.  

Loin des panoramas de tapis de neige blancs, la petite ville d’Imouzzer Marmoucha est laissée à l’abandon. Sa population souffre d’un manque flagrant en infrastructures de base. C’est en partie la raison qui a motivé le mouvement de grève, et la sortie organisée le jeudi 17 avril 2014.

La population ressent manque criant en structures sanitaires de base. En effet, il existe un seul centre de santé pour une population estimée à 35.000 habitants, vivant dans plusieurs villages situés aux alentours de la ville d’Imouzzer Marmoucha, sur la route de Boulmane, perchés sur des montagnes bordées, en période de pluie, par quatre fleuves qui rendent impossible l’accès à la ville et favorisent l’isolement des habitants. La population touchée par l’isolement en période de pluie est estimée à 800 individus.

En hiver, la population souffre de la cherté de la facture énergétique, condamnée et recourir au bois de forêt pour se chauffer, ils encourent de lourdes sanctions de la part des autorités locales. Voilà pourquoi les manifestants réclament une nouvelle grille de tarification pendant les 6 longs mois d’hiver. Il est aussi à noter que d’autres villages avoisinants n’ont pas accès à l’électricité.

Coté communications, la principale voie terrestre reliant Boulmane à Imouzzer n’a pas changé depuis 40 ans : un étroit tronçon goudronné les sépare, rendant l’accès difficile et renforçant l’enclavement de la ville. Même constat en ce qui concerne la route reliant Imouzzer à Missour.

A cet isolement s’ajoute l’inexistence de services administratifs de base : le centre agricole qui apportait conseil et orientait les agriculteurs de la région a fermé ses portes depuis 4 ans. De plus, l’absence d’un juge résident et d’un procureur rend difficile l’accès à la Justice, et les quelques adouls ont quitté les lieux depuis un moment.

Un autre problème vient s’ajouter au climat délétère. Il s’agit du dossier des résistants qui sont aujourd’hui une centaine à attendre leur carte de résistant et leurs indemnités individuelles et collectives.

Concernant les terres collectives dont bénéficie la population locale, elles naviguent dans un flou administratif qui rend opaque toute opération d’investissement. « Inutile d’espérer une attestation administrative de propriété, ou obtenir un droit de jouissance sur ces terres » estime, désespéré, un habitant de la région. Les seuls actes auxquels ils peuvent souscrire sont les actes adoulaires qui n’ont aucune valeur probatoire à l’égard de l’administration.

Cette situation contribue à l’exclusion de la population qui aimerait, après la reconnaissance de la légitimité de l’usufruit de ces terres, investir dans des projets agricoles, contribuer à l’essor de la région et créer des emplois.

Au final, et face au mutisme des autorités locales, les habitants prévoient l’organisation d’une grande marche vers Ifrane dans le cas où leur revendications ne sont pas prises en compte. A ce jour, aucune date n’est fixée, mais notre interlocuteur nous confie qu’elle aura lieu durant l'été.

 

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

Microdata indicateurs financiers T1 2020

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Conférence de presse sur le Salon international de l’édition et du livre