Nouvelle stratégie d’industrialisation: pourquoi c’est indispensable
Les Assises de l’industrie auront lieu mercredi 2 avril à Casablanca. A cette occasion, le ministre de l’Industrie et du Commerce Moulay Hafid Elalamy présentera la nouvelle stratégie industrielle du Maroc dans ses aspects transversaux et sectoriels.
Pourquoi une stratégie industrielle est-elle si importante pour le pays? Quels sont les défis à relever et en quoi ça consiste une stratégie d’industrialisation ?
Une nouvelle stratégie d’industrialisation, pourquoi faire ?
Le Maroc s’est doté du Pacte National pour l’Emergence Industrielle 2009-2015, mais cette stratégie, aussi méritoire soit-elle, ne concerne que les nouveaux métiers mondiaux du Maroc (NMMM), qui ne représentent encore qu’une petite part du secteur industriel marocain. Or, c’est d’une stratégie globale dont le secteur a besoin.
De même, beaucoup a été fait ces dernières années pour attirer les entreprises étrangères. Si ces stratégies ont porté leurs fruits, comme le montre la hausse des IDE, il n’en reste pas moins que pour tirer pleinement partie de ces IDE, le pays doit pouvoir capter le transfert de technologies.
De plus, le développement de ces NMMM fait apparaître la dépendance croissante du pays aux intrants importés. Il est donc important pour ces filières, comme pour le reste du secteur industriel de mettre en place une stratégie de remontée de filières.
Les pays qui ont décollé au cours des 30 dernières années et tiennent aujourd’hui le haut du pavé en matière de croissance ont tous misés sur le développement de leur secteur industriel. Le Maroc, lui, n’a jamais atteint un niveau d’industrialisation suffisant, comme le confiait récemment à Médias 24 Jean-Pierre Chauffour, Economiste principal de la Banque mondiale. Faute d’une stratégie industrielle volontariste, le pays est incapable de réaliser les gains de productivité nécessaire à une croissance forte porteuse d’emplois qui permette un rattrapage économique.
Les défis à relever
L’élaboration de la stratégie d’industrialisation doit se fonder sur un diagnostic du secteur industriel marocain qui identifie les secteurs clés et les secteurs à promouvoir, c’est-à-dire ceux dans lesquels le Maroc a un avantage comparatif, sans perdre de vue les contraintes suivantes :
-Concilier industrie et développement durable pour que le développement du secteur industriel ne se fasse pas au prix d’un épuisement des ressources naturelles ;
-Privilégier les secteurs créateurs d’emplois, et notamment d’emplois qualifiés, pour que la croissance économique soit aussi porteuse d’emplois et de développement social ;
-Favoriser un développement territorial équitable du royaume, pour éviter la cohabitation entre des pôles surchargés et des déserts industriels, comme c’est le cas aujourd’hui.
Les plus grands défis qui se posent en matière de stratégie d’industrialisation sont le manque de compétitivité des entreprises marocaines, l’érosion de leurs parts de marché aussi bien sur le marché national qu’international en atteste, et la faible capacité du système éducatif marocain à fournir une main d’œuvre bien formée et rapidement opérationnelle.
Mais, dans tous les cas, la stratégie d’industrialisation devra se faire dans le cadre d’un étroit partenariat entre les secteurs public et privé.
Quelle stratégie d’industrialisation pour le Maroc ?
Ce qui a déjà été fait dans le cadre du Pacte Emergence peut servir de base et être élargi à l’échelle d’une stratégie nationale d’industrialisation. Mais il ne s’agit pas uniquement d’attirer les entreprises étrangères, c’est aussi et surtout de favoriser l’entreprenariat local, et en particulier le tissu industriel des PME.
L’objectif de cette stratégie est d’améliorer la compétitivité des industries marocaines. La première phase de la stratégie doit donc viser la mise à niveau des entreprises et la recherche des gains de productivité, c’est-à-dire revoir les processus productifs pour faire mieux et moins cher. La stratégie doit également avoir pour ambition de positionner le Maroc sur des créneaux de production de plus en plus intensifs en valeur ajoutée par une politique de remontée de filière.
Il s’agit, ensuite, de mettre en place un environnement favorable au développement des industries identifiées et cela passe par:
- L’amélioration du cadre règlementaire (code des investissements, normes d’accès au marché marocain, etc.) ;
- Un cadre fiscal plus favorable aux entreprises nationales;
- L’amélioration des conditions et des possibilités de financement, y compris pour les PME ;
-Une politique de formation adaptée qui revalorise les filières de formations professionnelles ;
-La rationalisation et la redéfinition du rôle des institutions chargées de la promotion des produits marocains à l’étranger, pour tirer pleinement avantage des accords de libre-échange conclus par le pays ;
- Le développement des partenariats publics/privés.
Sans oublier que rien n’est figé dans le temps et que pour rester compétitif il faut sans cesse évoluer vers de nouveaux procédés et donc favoriser l’innovation.
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